Alice la merveilleuse

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Il faudrait inventer une fonction «pause» qui, lors d'un spectacle, permettrait de figer une scène, la beauté explosant de partout, notre regard médusé cherchant désespérément à ne rien rater.

Présenté jusqu'à dimanche au Centre national des arts, Alice's Adventures in Wonderland du Ballet national du Canada est une véritable orgie de créativité, éblouissant nos deux pauvres yeux d'infinies couches de somptuosité.

Dès la première scène, la fête en plein air, la magie opère, danseurs, musique, costumes et décors faisant écho et hommage à l'oeuvre de Lewis Carroll et à nos plus beaux souvenirs d'enfance. Malgré toutes les vidéos et photos de la production que le spectateur aura pu visionner au préalable, jamais - ô grand jamais - il ne pourra deviner toute la démesure, sans cesse grandissante, qui le frappera de plein fouet tout au long du ballet.

Du majestueux Chat du Cheshire à la scintillante Chenille, en passant par un immense château de cartes et une cuisine pharaonique, les costumes et les décors de Bob Crowley font entrer de plain-pied le public dans l'univers fantastique de l'écrivain britannique.

Rires, applaudissements et interjections fusent de toutes parts devant un défilé interminable de couleurs - le nuancier Pantone se déployant en entier -, de tissus luxueux, d'accessoires astucieux et de prouesses technologiques «robert-lepagesques».

La vidéo - cocasse, ingénieuse et poétique - joue ici un rôle déterminant dans la transition entre certaines scènes ou tout simplement pour rendre crédible le voyage onirique de l'intrépide Alice. De superbes illustrations donnent envie de feuilleter à nouveau ce classique qui continue de séduire toutes les générations, comme en témoignait la diversité de l'assistance jeudi, le soir de la première.

Composée par Joby Talbot, la musique symphonique - parfois ludique, tantôt grandiose, souvent envoûtante - accompagne chaque rebondissement, colorant les moindres gestes des personnages, le tout dans un concert de notes d'un pur ravissement interprété par l'Orchestre du CNA.

Chorégraphie magique

Mais le génie derrière ce ballet, dont on peut déjà prédire une longue vie, demeure le chorégraphe Christopher Wheeldon. Il a su donner à chacun des quelque 70 personnages qui se succèdent sur les planches une personnalité distincte qui s'exprime tant dans la danse que l'interprétation. Le Lapin blanc (Skylar Campbell) et le Chapelier fou (Robert Stephen), pour ne nommer que ceux-là, brillent par leur présence scénique. La Reine de coeur (Greta Hodgkinson), par qui le drame et le comique arrivent, n'a peine à charmer la foule avec son côté «tranchant». Les chorégraphies de groupe sont à couper le souffle, notamment celle où le jardin de fleurs prend vie, effluves du champignon magique obligent, les danseurs nous en mettant plein la vue avec leur talent. La mâchoire vous en décrochera, assurément.

Dans le rôle d'Alice, Jillian Vanstone offre - sans presque jamais s'arrêter pendant plus de deux heures - une prestation mémorable, la grâce flirtant avec une technique irréprochable. Par son jeu d'une grande richesse, on peut déceler sur son visage et jusqu'au bout des doigts la tristesse, la surprise, le courage, la joie, la témérité et la vivacité d'esprit qui animent l'héroïne durant le récit.

Chose certaine, après l'avoir vue, nombreuses seront les petites filles qui voudront chausser des pointes. Cher parents, soyez prévenus, il est fort à parier que votre héritière revendiquera des cours de ballet à la sortie du spectacle...

Pour y aller

QUAND? Samedi 11 avril et dimanche 12 avril

OÙ? Centre national des arts

RENSEIGNEMENTS: Billetterie du CNA; Ticketmaster.ca, 1-888-991-2787

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