Margie Gillis, de la parole aux gestes

Margie Gillis... (Courtoisie)

Agrandir

Margie Gillis

Courtoisie

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

Sur le même thème

L'incomparable Margie Gillis s'amène à Ottawa par les mots d'Emily Dickenson. Spectacle de danse-théâtre, Bulletins from Immortality est un hymne à l'oeuvre de la poète américaine et à sa vie intérieure. C'est aussi une rencontre unique entre deux artistes animées par le désir profond de creuser la psyché humaine.

«Bien sûr que je peux faire l'entrevue en français!», s'exclame avec joie et empressement Margie Gillis, grande figure de la danse contemporaine canadienne.

«Je vais peut-être chercher mes mots, je ne le parle pas tous les jours, mais je veux bien essayer», ajoute celle dont la passion pour son art la rendra d'une éloquence irréprochable et touchante.

«Ma mère récitait les mots d'Emily, je la côtoie depuis mon jeune âge, dit-elle. La richesse de ses émotions, la pureté de sa poésie, son immense tristesse et sa soif de liberté sont tous des thèmes que j'ai eu envie d'explorer. Son combat intérieur avec la spiritualité nous en apprend aussi beaucoup sur elle et l'époque.»

Née au Massachusetts en 1830 dans une famille aisée, Emily Dickenson a grandi dans une société puritaine et conservatrice. Après avoir fait des études classiques, elle retourne à la maison familiale, à Amherst, au chevet de sa mère malade. Auteure prolifique, elle a écrit quelque 1800 poèmes, dont une douzaine seulement seront publiés de son vivant, lesquels furent altérés pour se conformer aux règles poétiques du 19e siècle. Les thèmes de l'immortalité et de la mort traversent son oeuvre.

Cette immersion dans l'univers de Dickenson, elle a choisi de la faire avec l'actrice américaine Elizabeth Parrish, une habituée de l'American Shakespeare Festival et du Yale Repertory Theatre qu'on a pu voir notamment à la télévision dans Law and Order et Kate and Allie.

Les deux grandes dames se sont connues au Stella Adler Studio à New York et n'en sont pas à leur première collaboration. En 2010, elles s'étaient attaquées à Ulysse de James Joyce, une expérience qui a soudé à tout jamais leur amitié et leur relation artistique.

«J'ai beaucoup d'admiration pour Elizabeth. Sa force, son courage, sa curiosité et sa lumière sont une grande source d'inspiration pour moi. Et que dire sa voix... Vous l'avez entendue? Quelle voix envoûtante...»

La musique des mots

Dyslexique, Margie Gillis avoue être particulièrement sensible à la musicalité des mots. «J'ai grandi à Montréal entourée de l'anglais et du français. Entendre le rythme des mots, la qualité de la voix, le nombre de voyelles et de consonnes dans une phrase compte davantage pour moi que le sens d'un terme, explique-t-elle. Je me demande toujours comment occuper l'espace entre deux sons, de quelle façon nous pouvons y faire entrer nos émotions, notre intériorité.»

Tout au long de carrière, elle s'est vouée à «danser de l'intérieur vers l'extérieur», une approche reconnue partout dans le monde qui lui vaut la ferveur de danseurs de tous âges, avides d'approfondir leur art.

Sur scène, elle incarne en mouvement la psyché de Dickenson alors que Elizabeth Parrish, par sa narration, donne vie à son monde intérieur. Plus d'une centaine de poèmes résonnent en corps et en voix avec, en toile de fond, un décor épuré de Randal Newman composé des textes de la poète. «Elizabeth et moi libérons en quelque sorte l'âme et le souffle créatif qui habitaient Emily, nous les affranchissons du carcan de l'époque.»

Âgée de 62 ans, Margie Gillis continue de multiplier les projets d'enseignement et de création.

«J'ai pensé arrêter la danse mais j'ai toujours cette curiosité en moi, en tant que femme et artiste, qui m'allume. Je crois en l'intelligence corporelle. Notre peau, nos muscles et nos membres portent en eux nos émotions, notre conscience et l'intelligence de toute une vie. Ça vaut bien quelque chose, ça, non?

Devant tant de sagesse et de talent, nous ne pourrons que nous incliner.

Pour y aller

OÙ? Cour des arts,

QUAND? Les 10 et 11 avril, 19 h 30

RENSEIGNEMENTS: 613-233-6266

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer