Fantaisie et opulence au pays d'Alice

Alice's Adventures in Wonderland, au Centre national des... (Courtoisie)

Agrandir

Alice's Adventures in Wonderland, au Centre national des arts du 9 au 12 avril.

Courtoisie

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

Sur le même thème

Entre un cours de danse, des répétitions et plusieurs heures sur des pointes - tout ça en une seule journée -, Jillian Vanstone prend le temps de nous parler. Au bout du fil, la voix se fait rieuse, laissant deviner une jeune femme heureuse à l'idée de remonter sur scène dans Alice's Adventures in Wonderland du 9 au 12 avril au Centre national des arts.

Coproduit par le Royal Ballet de Londres et le Ballet national du Canada, le spectacle arrive à Ottawa après une trentaine de représentations à Londres, Toronto, New York, Los Angeles et Washington. Dans une chorégraphie du britannique Christopher Wheeldon, les colorés personnages de Lewis Caroll prennent vie dans un univers fantaisiste des plus extravagants grâce à des projections, accessoires, costumes et décors dignes des grandes productions de Broadway.

«La compagnie a pris d'énormes risques en créant une production d'une telle envergure», affirme Mme Vanstone, danseuse principale depuis quatre ans au Ballet national du Canada, sous la direction artistique de Karen Kain.

«On était tous très nerveux le soir de la première à Toronto, mais la réaction enthousiaste du public a été instantanée. Grâce au bouche-à-oreille dithyrambique, les gens faisaient la file à 4 h du matin pour acheter des billets le dernier week-end! Vous vous rendez compte? On se sentait comme des vedettes rock!»

Le rôle d'Alice marque un tournant dans sa carrière. Pour la première fois, elle fut invitée à danser dans un rôle-titre les soirs de première, une forme de consécration dans le parcours d'une ballerine.

«La Belle au bois dormant est le ballet le plus exigeant qui soit sur le plan technique», fait valoir la danseuse. «Avec Alice, la difficulté, c'est qu'elle est constamment sur scène. Le ballet dure plus de deux heures, je n'ai que huit minutes de répit.»

Son endurance est ainsi mise à rude épreuve. «Je dois contrôler mon énergie du début à la fin, question de suivre la cadence effrénée du spectacle.»

Ainsi, lorsque que vous la verrez sur scène prendre une gorgée ou une bouchée de gâteau, dites-vous bien que le geste n'a rien de vain: elle fait le plein de carburant pour s'attaquer aux pas de deux, pirouettes et autres solos qui techniquement comportent des défis importants.

«Avec Alice, la difficulté, c'est qu'elle est constamment sur scène. Le ballet dure plus de deux heures, je n'ai que huit minutes de répit.»

Jillian Vanstone
danseuse principale au Ballet national du Canada

«Montrer toute la complexité de mon personnage me pose aussi quelques difficultés. Alice n'est pas unidimensionnelle, elle est curieuse, intrépide et très intelligente. Tout ça doit paraître dans mon jeu. On ne veut surtout pas que le public se lasse d'elle!»

La tournée prenant fin à Ottawa, Jillian Vanstone fera ses adieux à Alice le samedi 11 avril. «Cette production me tient particulièrement à coeur , renchérit-elle. Cela dit, c'est une occasion de célébrer entre nous tous, de souligner le travail accompli et d'entreprendre de nouveaux projets.»

Dès juin, elle reprendra pour une troisième fois le rôle-titre dans La Belle au bois dormant. «Je suis à une étape heureuse de ma carrière», affirme le sourire dans la voix la danseuse de 34 ans. Une importante équipe de professionnels de la santé nous entoure, j'ai donc encore plusieurs années devant moi. J'ai maintenant la chance de revisiter des rôles, d'approfondir mes personnages. Et surtout, j'ai appris à libérer mon interprétation, je ne m'enferme plus dans un carcan technique, dans la perfection.»

Alice en quelques chiffres

32
caisses
de costumes, perruques et chaussures
71
personnes
sur scène à chaque représentation (danseurs, enfants et figurants)
100
cristaux Swarovski
sur chaque paire de pointes bleues formant la queue de la Chenille
193
costumes

Pendant ce temps, en coulisses

Le combiné à peine raccroché, mercredi, une minute de silence s'est imposée, question de se replacer les idées, une violente bourrasque d'informations venant de souffler de notre côté. Régisseur depuis 20 ans au Ballet national du Canada, Jeff Morris incarne les yeux, les oreilles et la mémoire de la compagnie, racontant chacune de ses histoires dans les moindres détails.

Au moment de l'entrevue, quatre des neuf camions étaient déjà arrivés à Ottawa. «On ne peut pas les décharger tous en même temps, il y a trop de matériel. On installe d'abord le plancher de danse flottant, les électriciens s'occupent ensuite de l'éclairage et on termine avec le décor. L'équipe travaille sans arrêt de 8 h à 23 h, pendant quatre à cinq jours, pour faire le montage.»

Pour Jeff Morris, Alice's Adventures in Wonderland est sans conteste la plus ambitieuse des productions du répertoire du Ballet national du Canada. Il juge bon toutefois de rappeler que le Casse-Noisette de James Kudelka, créé en 1995, est tout aussi remarquable. «On n'a qu'à penser à l'immense oeuf Fabergé sur scène et les nombreux changements d'arrière-plans. Mais bon, nous montons le Casse-Noisette depuis 20 ans, c'est comme une seconde nature pour nous...»

Contrairement à ce que l'on pourrait croire, les décors surdimensionnés d'Alice ne constituent pas nécessairement le plus grand obstacle. «Nous nous déplaçons avec une importante équipe de techniciens, dit M. Morris. Cela dit, nous devons toujours faire appel, sur place, à un nombre considérable d'employés locaux tellement la production est imposante. Le défi, c'est de leur enseigner - en peu de temps et correctement - toutes les particularités du spectacle.»

L'histoire d'Alice, telle qu'on la connaît, est complexe et comprend plusieurs rebondissements. «L'équipe de création a trouvé des solutions formidables pour rendre crédibles les multiples péripéties et les transformations d'Alice», fait valoir le régisseur.

Ainsi, les projections jouent un rôle capital. «Elles sont employées de manière ingénieuse. Quoique grandioses, elles ne portent jamais ombrage à la troupe.» Des décors et des dispositifs techniques majestueux jurent souvent avec la taille des danseurs, ceux-ci étant alors éclipsés par le visuel, tant le contraste est frappant.

Le ballet qui défilera devant nos yeux n'aura d'égal que celui qui se déroulera à l'arrière-scène. Quelque 70 personnes s'affairent à veiller au grain derrière les rideaux. Plusieurs danseurs interprètent deux à trois rôles à la fois, ce qui suppose de nombreux changements de costumes, de perruques et de maquillage.

Des pépins techniques - mineurs - il y en aura eu au cours de la tournée. «Une représentation sans failles, c'est impossible, avoue M. Morris. Pour la simple raison que nous cherchons constamment à améliorer nos façons de faire. Et puis, notre équipe technique est sensationnelle, très expérimentée. L'histoire du Ballet national du Canada en est une de longévité. Certains danseurs, techniciens et créateurs sont avec nous depuis des décennies, ce qui est rare dans le milieu. Cette expérience, ce savoir, cet esprit de communauté, ça ne peut que se refléter sur scène.»

Pour y aller

OÙ? Centre national des arts

QUAND? Du 9 au 12 avril 2015

RENSEIGNEMENTS: Billetterie du CNA; Ticketmaster.ca, 1-888-991-2787

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer