Secouer le cocotier du Miami City Ballet

Jeanette Delgado en compagnie de ses danseurs du... (Courtoisie de Daniel Azoulay)

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Jeanette Delgado en compagnie de ses danseurs du Miami City Ballet.

Courtoisie de Daniel Azoulay

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Réputé pour ses danseurs surentraînés, rompus aux chorégraphies de George Balanchine, le Miami City Ballet (MCB) revient en force à Ottawa dans un triple programme après plus d'une décennie d'absence.

«Encourager le changement», c'est la raison que Cathy Levy, productrice en danse du CNA nous avait donnée pour justifier ce retour en scène canadienne, dès demain soir et jusqu'à samedi.

L'histoire de sa nouvelle directrice Lourdes Lopez, à la barre du MCB depuis 2012, c'est avant tout celle d'une réussite à part entière dans le monde de la danse. Née à LaHavane, elle n'a pas deux ans quand la révolution cubaine éclate. «Nous sommes arrivés à Miami avec mes proches en tant qu'immigrants, sans argent, rappelle-t-elle. Les États-Unis nous ont permis de repartir de l'avant et de progresser.»

Premiers pas en chaussons à cinq ans; à onze, elle rejoint l'école du New York City Ballet où elle intégrera d'abord le corps de ballet puis sera promue soliste en 1981 et première danseuse trois ans plus tard.

«Je ne sais pas si je serais devenue danseuse si nous étions restés à Cuba», pense-t-elle. En 2012, Lourdes Lopez remplace le directeur du Miami City Ballet, Edward Villella et donne un sérieux coup de fouet à la compagnie qui s'endormait un peu sur son répertoire de Balanchine.

Depuis sa nomination, Lopez n'a cessé de faire bouger les choses. «À mon arrivée, la troupe est passée de 40 à 50 danseurs», explique celle qui gonflera surtout le rang des interprètes masculins. Pas question pour autant de changer l'ADN de cette troupe considérée comme l'une des plus importantes des États-Unis.

«On continue de se focaliser sur le répertoire de Balanchine, lequel a fait notre notoriété», assure la directrice.

«De nos jours, les danseurs cherchent à se diversifier. Il fallait proposer de nouvelles chorégraphies à nos interprètes ainsi qu'au public.»

Le triple programme sélectionné pour Ottawa permettra de juger ce renouveau sur pièce(s). On y verra une Carmen (re)créée par Richard Alston, «abstraite, néo-classique, minimaliste, mais en costumes folkloriques.» Celle-ci fut initialement conçue pour le Scottish Ballet en 2009. «J'ai aimé la musicalité que ce chorégraphe requiert de ses interprètes, assure-t-elle. J'ai aussi pensé que nos danseurs s'identifieraient facilement aux personnages de Carmen; beaucoup d'entre-eux sont latino-américains.»

Suivra ensuite Tchaikovsky Pas de Deux, signée George Balanchine: une mise à l'épreuve technique d'une dizaine de minutes pour les danseurs, «une mise en bouche» pour le spectateur. Et ce, avant Symphonic Dances, une chorégraphie d'Alexei Ratmansky conçue expressément pour le MCB sur une musique de Rachmaninoff.

«J'ai toujours imaginé cette chorégraphie comme l'histoire d'une famille traversant une période émotionnelle difficile. On dirait trois ballets en un, tout en passion, mouvement, vitalité, avec beaucoup de profondeur et de contenu.»

Du sur-mesure, donc, pour une troupe qu'elle considère comme une deuxième famille et où, doucement, la danse évolue pour tracer sa route sous le soleil de Miami Beach.

POUR Y ALLER

Quand: 5-7 mars

Où: Centre national des Arts

Renseignements: Billeterie du CNA, 613-947-7000; ticketmaster.ca, 1-888-991-2787

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