Le Broadway havanais

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Au moment où Cuba et les États-Unis envisagent de nouvelles relations diplomatiques, où les artistes cubains entrevoient de vastes horizons, la compagnie havanaise de Lizt Alfonso continue de voyager et de faire un tabac partout où elle passe. La fondatrice et directrice de cette troupe de danse réputée chez elle comme à l'étranger a dû se faire une raison: une partie de la compagnie doit rester à domicile pendant que l'autre sillonne le Globe défendre ses productions. «Revenez! nous dit-on partout où nous allons. Alors, on revient...» Sur sa carte de route en 2015: les États-Unis, la Martinique, Moscou et même Le Bahreïn et le Qatar, programmés juste après la tournée canadienne où figure la Salle Odyssée, le 18 février.

Car depuis 2007, date à laquelle la Lizt Alfonso Dance Cuba a fait ses premiers pas en sol canadien, les diffuseurs d'ici ne cessent de la solliciter. Son secret? «La fusion des styles», répond sans tergiverser la patronne de la troupe. La chance, elle n'y croit pas vraiment, préférant évoquer «le travail acharné» qu'elle entreprend depuis plus de vingt ans pour défendre une compagnie d'excellence qui compte désormais 65 danseurs.

Ancienne danseuse classique à la fameuse école d'Alicia Alonso, Lizt Alfonso a très vite fondé sa propre famille artistique en 1991 pour explorer plus avant les styles qui innervent l'île: salsa, conga, cha-cha-cha, et toutes ces danses faites de «ha!» et de hanches vibratiles. Le succès ne tarde pas, la Lizt Alfonso Dance Cuba commence à faire parler d'elle trois ans après sa création. En 1998, elle entreprend sa première tournée internationale en Espagne. Une prouesse dans le contexte cubain d'échanges mondiaux!

Cuba vibre

Le spectacle Amigas présenté à la Maison de la Culture combine la nervosité lascive des danses latines au ballet et à la danse contemporaine... en grand déploiement: 22 danseurs de la compagnie ont fait le déplacement, accompagnés sur scène de dix musiciens et trois chanteurs. «La chorégraphie, la musique, les costumes, l'énergie diffusée, tout cela participe à faire vibrer le public jusqu'à la scène finale, véritable explosion scénique», promet la chorégraphe. L'intrigue tiendrait dans un mouchoir de poche: trois célèbres danseuses tombées subitement dans l'oubli se retrouvent sur un plateau de télévision des décennies plus tard. Que s'est-il passé? Pourquoi ont-elles disparu des palmarès? «Il faut aller voir le spectacle pour le savoir, coupe la chorégraphe. Je peux seulement vous dire qu'on y évoque l'histoire de Cuba, des années 1950 à aujourd'hui, en danses, musiques et chansons.»

Créé en 2011, Amigas a d'abord été présenté à Hambourg avant de l'être à Cuba, «une coproduction avec l'Allemagne justifiait ce calendrier», explique Lizt Alfonso. Il fait partie des spectacles inspirés de Broadway, tandis que l'autre partie des productions de la Lizt Alfonso Dance Cuba concerne les performances en danse uniquement.

Quant à la libre circulation des artistes que laisse espérer la levée de l'embargo, Lizt Alfonso s'en réjouit mais ne se fait pas d'illusion: «Plusieurs danseurs étrangers m'ont déjà approchée pour intégrer la compagnie, mais c'est difficile, pour eux, de posséder le style classique cubain.» Virtuosité technique et sensualité latine peuvent, parfois, s'enorgueillir d'envoyer valser les contingences administratives.

Quand : 18 février, 20h

Où : Maison de la culture

Renseignement : 819-243-2525; www.salleodyssee.ca

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