Le toucher du tango

Dans milonga, le chorégraphe Sidi Larbi Cherkaoui a... (Courtoisie)

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Dans milonga, le chorégraphe Sidi Larbi Cherkaoui a préservé le côté sensuel du tango, notamment en développant des mouvements de bras «aussi complexes que ceux des jambes».

Courtoisie

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Le tango avait tout pour séduire le fort prisé et réputé chorégraphe Sidi Larbi Cherkaoui. Par l'essence même du toucher essentiel à cette danse latine, se déployant tel un dialogue entre les corps des partenaires. S'échangeant telles des questions en attente de réponses dans la foulée, formulées d'une main dans le dos ou d'un pied remontant le long de la jambe.

Le Belge - qui vient tout juste d'être nommé directeur artistique du Ballet royal de Flandres - présentera m¡longa au Centre national des arts, les 13 et 14 février. Un spectacle qui, en cette ère du virtuel, renoue avec l'aspect charnel pour parler des relations humaines au xxie siècle.

«Cette idée du contact physique, sans parole, voire sans regard échangé, mais intrinsèquement à l'écoute de l'autre creuse la notion même d'être ensemble. J'aime ce rapport à l'intime et à la proximité, porté par une forme d'improvisation, un enchaînement d'actions et de réactions entre les danseurs. Même lorsqu'ils ne se touchent pas, les corps se parlent. Et chaque geste devient dès lors une proposition, un appel à l'autre», soulève le trentenaire à qui l'on doit entre autres Babel, Foi, Myth et Sutra.

Dans le fil de son oeuvre

Sidi Larbi Cherkaoui reconnaît que m¡longa incarne une «suite très logique» de ses chorégraphies précédentes, où il a exploré les rapports hommes-femmes, mais aussi (et peut-être surtout) les notions d'identité et d'ouverture à l'autre, d'unicité au sein de la collectivité.

Certes, dans m¡longa, le chorégraphe a préservé le côté sensuel du tango, notamment en développant des mouvements de bras «aussi complexes que ceux des jambes». «Car même si, à la base, le haut du corps demeure immobile, c'est lui qui dirige le bas. C'est là que tout se passe.»

Plus que cet appel aux sens, c'est la mélancolie de cette danse qui l'a profondément touché. «Il y a un côté propre à la consolation, dans ces gestes, comme quand quelqu'un vous prend dans ses bras pour vous réconforter... Je trouve ça émouvant et beau. Pour moi, le tango s'avère donc un espace non seulement de liberté, mais également de guérison. C'est peut-être aussi une manière de retourner à mes parents (sa mère flamande et son père marocain), à ces hommes et femmes qui créent ensemble la suite des choses... L'une de nos danseuses est justement enceinte et ça donne, il me semble, une nouvelle dimension à ses mouvements.»

C'est justement cette charge émotive qu'il a explorée avec les 10 danseurs de tango professionnels argentins et les deux danseurs contemporains du spectacle (qui seront accompagnés de cinq musiciens sur scène).

«Des fois, je me suis senti très seul au sein de tous ces couples, confie-t-il. Car le tango nous confronte aussi à notre solitude, à notre quête d'une personne avec qui nous pourrions avoir ce type de rapport, la recherche de ces bras qui s'ouvriraient pour nous...»

Ayant souvent partagé la scène avec les interprètes de ses créations (les 17 moines Shaolin de Sutra, par exemple), Sidi Larbi Cherkaoui ne danse pas dans m¡longa. «J'ai toutefois vécu de réels moments de grâce, lors des répétitions, à danser avec eux. Des moments dont j'espère pouvoir m'inspirer dans une prochaine création», conclut le chorégraphe.

POUR Y ALLER

QUAND? Les 13 et 14 février, 20h

OÙ? Centre national des arts

RENSEIGNEMENTS? Billetterie du CNA, 613-847-7000; Ticketmaster.ca, 1-888-991-2787

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