Mantsoe danse son retour aux sources

Le chorégraphe sud-africain Vincent Sekwati Koko Mantsoe... (Courtoisie)

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Le chorégraphe sud-africain Vincent Sekwati Koko Mantsoe

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Danse et engagement social font cause commune chez le chorégraphe Vincent Sekwati Koko Mantsoe. En haut de l'affiche de la série Face à Face, le Sud-Africain revient au Centre national des arts, pile une décennie après y avoir présenté Ntu. C'est ce même solo d'une demi-heure qu'il reprend, augmenté de Skwatta, dont il signe également l'interprétation et la chorégraphie.

«Sur Ntu, j'ai changé la musique, la chorégraphie, le décor.» Tout, en somme? Vincent Mantsoe assure que le propos n'a pas bougé. Le mot «Ntu» en kikongo signifierait l'individu et «Mu», la tête. «Si vous enlevez Mu, il ne reste plus rien», sourit l'artiste dans un anglais modulé sur l'accent africain.

Le vide, et aussi son cousin le néant, marquent spirituellement ses oeuvres. Vincent Mantsoe vient d'une famille de chamans rompus aux transes.

«Ils atteignent un état de métamorphose pour communiquer avec les esprits. Moi, j'essaie d'incarner un personnage», assure-t-il en soulignant la façon dont la danse, quelle qu'elle soit, est un choix de vie, une issue paradoxalement salutaire et exigeante, et plus profondément une écriture de soi ancrée irrémédiablement dans le corps.

Il commence sa formation professionnelle à l'époque où l'apartheid est officiellement abolie en Afrique du Sud et se fraie un chemin artistique entre modernité et tradition, ce qui lui permet de faire fusionner les styles. À tout juste 20 ans, il fait ses débuts de chorégraphe, atteint le statut de directeur artistique adjoint et chorégraphe en résidence à peine cinq ans plus tard. Puis voyage, s'impose sur les scènes européennes, et reçoit des commandes de prestigieuses compagnies avant de déménager en France en 2005 et d'y fonder sa propre compagnie Association NOA/Compagnie Vincent Mantsoe.

Certains prédisent qu'on revient toujours sur les lieux de son enfance. C'est le cas du chorégraphe sud-africain, qui retourne régulièrement auprès de sa famille «reconnecter avec une spiritualité».

Lors d'un séjour auprès des siens, il remarque un bidonville qui n'existait pas auparavant. «Aujourd'hui, alors que l'Afrique du Sud est le pays le plus développé de son continent, que son économie est forte, il n'y a jamais eu autant de squatters, déplore-t-il. Beaucoup d'habitants sont des laissés-pour-compte. J'essaie d'être sur scène pour parler d'eux.»

Ces camps d'infortune lui inspireront Skwatta, le second solo créé en 2012 et présenté en deuxième partie de soirée. Une histoire dansée de survie, de beauté dans le chaos, d'espoir réduit à peau de chagrin.

«Seule notre force d'esprit nous permet de survivre dans ce bidonville, dans tous ces minuscules emplacements coiffés d'une cabane en guise de maison», écrit-il dans sa note d'intention.

Cette sensation retrouvée de fragilité, ce ressac de souvenirs pas si lointains, qui cherchent à dire l'histoire, la petite et la grande, la sienne et celle des autres, inextricablement entremêlées dans des vagues humaines, c'est la danse que façonne Mantsoe en solos.

«Quand je danse, je ne suis jamais seul. Mes ancêtres sont toujours là.»

Pour y aller

QUAND? Du 5 au 7 février

OÙ? Studio du CNA

RENSEIGNEMENTS: Billetterie du CNA, 613-947-7000 ; Ticketmaster.ca, 1-888-991-2787

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