L'Afrique sur le plancher de danse

Bienvenue Bazié et Jennifer Dallas... (Courtoisie)

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Bienvenue Bazié et Jennifer Dallas

Courtoisie

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Mettre à la disposition du public de la région d'Ottawa-Gatineau un bouquet de chorégraphes qui font avancer la danse contemporaine africaine, les réunissant sur un laps de temps serré. Voilà l'idée de Cathy Levy, productrice générale de la danse au Centre national des arts, qui signe la troisième édition de la série Face à Face, présentée au CNA et à la Cour des arts du 4 au 7 février.

Dans la série Face à Face, commençons par la cousine éloignée! Elle est la seule chorégraphe et danseuse programmée dont le nom ne rappelle pas l'Afrique. Jennifer Dallas, comme son patronyme ne l'indique pas plus, est originaire des Rocheuses. Elle a fondé sa propre compagnie, Kemi, en 2008 à Toronto.

«Mais une partie de moi reste en Afrique», assure cette Canadienne qui n'a cessé de voyager au Ghana, au Nigeria et au Burkina Faso ces dernières années, invitée à l'occasion de festivals et résidences d'artistes. «J'aime la danse qui s'y pratique, la culture, mais aussi le rapport au temps très différent, autant que le sens de la communauté, de l'ouverture».

Elle sera à l'affiche d'Idiom, un duo avec Bienvenue Bazié du Burkina Faso. Le chorégraphe et danseur présentera également au cours de la même soirée son solo Sous un projecteur du 5 au 7 février au Studio ODD de la Cour des Arts.

Question d'alchimie

En 2009, alors que Jennifer Dallas effectue son quatrième séjour au Nigéria, sa route croise celle du Burkinabè. «Une certaine alchimie s'est établie entre nous, que l'on voulait explorer ensemble», résume-t-elle sans fioritures.

La règle de conduite de cette nouvelle équipée inter-continentale? Avoir l'audace de perdre ses marques et trouver un terrain commun de création. Jennifer ne parle pas la langue de Bienvenue (le français), lui n'entend rien à l'anglais. La remise des compteurs à zéro fait surgir entre eux un autre mode de répétitions. «Les débuts nous ont forcés à travailler de manière plus physique et moins cérébrale. Mais nos deux personnalités, patientes et réceptives, nous ont permis de mener à bien ce projet.»

Deux ans plus tard, la rencontre porte ses fruits. Les deux artistes créent de concert Converse, spectacle qui devait initialement se préparer à Toronto. Faux pas administratif: «Bienvenue n'arrivait pas à obtenir un visa pour venir travailler. Par la force des choses, je l'ai rejoint au Burkina Faso.»

Si la chorégraphe n'a cure des frontières artistiques, elle peste néanmoins contre les difficultés que rencontrent les artistes canadiens à rejoindre le marché international.

«Contrairement à l'Europe où les collaborations entre les compagnies se concrétisent plus facilement grâce à la proximité des pays, le Canada se retrouve très isolé sur ce plan. Sans compter qu'il devient de plus en plus difficile d'obtenir des visas temporaires de travail pour inviter des artistes étrangers chez nous, qui plus est d'Afrique.»

Cette mésaventure commune jettera les bases du spectacle suivant, Idiom, à l'affiche de la série Face à Face. «Nous sommes partis de l'idée de la perméabilité ou l'imperméabilité des frontières pour explorer les similitudes et différences de nos cultures.»

Une manière de rappeler combien l'autre et la vie en général sont affaires d'adaptation, de souplesse et d'invention concrète.

Pour y aller

QUAND? Les 4, 5 (21h), 6 (18h) et 7 février (16h30)

OÙ? Studio de la Cour des Arts

RENSEIGNEMENTS: Billetterie du CNA, 613-947-7000; Ticketmaster.ca, 1-888-991-2787

Et aussi...

Le Cargo de Faustin Linyekula

Dans ce solo d'une heure, le chorégraphe congolais sonde sa propre histoire à travers les violents bouleversements qui ont déchiré son pays natal. Un pays dont le nom a changé en fonction d'intérêts divers, passant de Congo belge à Zaïre ou de Congo-Kinshasa à République démocratique du Congo. Faustin Linyekula revient sur le chemin d'Obilo, ce village où il allait avec sa soeur rejoindre son père en train, où l'on dansait aussi des danses interdites aux enfants. Spectacle interprété en français, avec surtitres en anglais.

Les 4 (19h30), 5 (18h) et 7 février (21h30) au théâtre de la Cour des arts. 

***

My exile is in my head, Qudus Onikeku

Entre danse et cirque, le Nigérian Qudus Onikeku construit son solo autour de l'exil, explore l'identité culturelle et la condition humaine. Fouille à corps les notions de foyer, d'appartenance et de non-appartenance. Sur scène, il est accompagné par le compositeur et musicien Charles Amblard.  

Les 6 (19h30) et 7 février (18h) au studio du CNA.

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