Vollmond émerveille

Le spectacle Vollmond, de la chorégraphie Pina Bausch,... (Courtoisie)

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Le spectacle Vollmond, de la chorégraphie Pina Bausch, était présenté vendredi au CNA.

Courtoisie

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Un plateau inondé comme par magie. Un plateau où tout est permis. Mais de quoi s'agit-il ? De Vollmond, l'un des derniers spectacles, somptueux, de la chorégraphe allemande Pina Bausch, disparue le 30 juin 2009 à 68 ans. Sans doute un monument de la danse contemporaine ces dix dernières années ; une reprise de choix proposée par la productrice en danse Cathy Levy. Vendredi, à la salle Southam du CNA, cette pièce à grandes eaux et chorégraphie ébouriffante a étreint le public pendant 2 h 30. Un pur régal !

Qu'elle tombe du ciel en pluie fine ou forme une rivière sur la scène, s'échappe de bouteilles en plastique, l'eau s'infiltre de tous côtés au cours de la chorégraphie. Sur scène, les danseurs foncent, s'immergent têtes baissées dans son flot torrentiel. Tout Vollmond (qui signifie « pleine lune » ou « grandes marées ») est dans ce débordement vital, véritable libération de la danse et du mouvement.

Kaléidoscope cinétique

Avec ses 12 danseurs-acteurs, la pièce présentée jusqu'à ce soir au CNA, reste typique du style de Pina Bausch. En signature, on retrouve ces enchaînements de numéros théâtraux et dansés, proches du cabaret ou de la performance corporelle (on pense à cette scène étourdissante de rires hystériques), avec des touches d'humour mordant, délicieusement décalé, le tout filant sur une bande-son de musiques variées.

Avec une jouissance ludique, une exubérance juvénile qui frôlait par moments l'extase, les interprètes ont pleinement assumé les jeux parfois burlesques qui parsèment joyeusement la pièce.

Quant au décor de Peter Pabst, superbe dans son rappel de la puissance de la nature, il dresse un rocher menaçant, si bien moulé qu'il en incarnerait presque un personnage à lui tout seul sur scène, selon les jeux de lumière.

À son pied, comme aux premiers jours de l'humanité, les danseurs se livrent à toutes sortes d'acrobaties évoquant les rapports hommes-femmes. Vrilles impeccables que les chevelures féminines prolongent dans l'air, coups de tête et de reins, brusques langueurs et ça repart d'un coup de talon. Il y a de la crinière mouillée virevoltant dans l'air comme si la musique pêchue, à laquelle la chorégraphe a choisi de ne pas résister, ne pouvait qu'impulser une déferlante d'énergie et de fraîcheur. On reste accrochés aux gestes de la danseuse Ditta Miranda Jasjfi, une torpille d'énergie hors-du-commun. Puis vient le temps de la pleine lune, la danse des spectres avant la transe des êtres.

Ainsi Vollmond impose sans encombre une écriture chorégraphique magnétique, Pina Bausch ayant resserré d'un cran la ceinture du mouvement dans un goût d'ivresse et d'urgence.

Il y a, à la fois, quelque chose de mûrement réfléchi dans la mise en scène des numéros théâtraux et un élan intrinsèquement sauvage dans cette libération du corps, qui dit sa dévotion à la danse, sa jouissance aussi au-delà de la discipline imposée.

Un spectacle plein d'humour, de vie et de folie !

La représentation de vendredu, comme celle de samedi d'ailleurs, était présentée à guichets fermés.

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