Une ode fantaisiste à Tesla

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Le court métrage d'animation Tesla : lumière mondiale de Matthew Rankin, produit à l'ONF, arrive à Ottawa précédé d'une solide réputation.

Parfois, il suffit d'une simple sélection dans un prestigieux festival pour se faire remarquer. Elles n'ont pas manqué en 2017 pour ce réalisateur en compétition à Annecy, à la Semaine de la critique à Cannes et plus récemment au Festival International du Film de Toronto. 

Son court-métrage sera projeté au Festival international d'animation d'Ottawa (OIAF) les 20 et 23 septembre dans le cadre de la compétition courts-métrages. L'occasion de s'entretenir avec ce  francophile originaire de Winnipeg, ancien étudiant en histoire québécoise avant d'embrasser une carrière au cinéma. 

OVNI cinématographique

En visionnant son court-métrage, retenu dans la programmation d'un festival d'animation, on se demande justement quels sont les critères qui président à une telle catégorie tant la forme expérimentale du film brouille les lignes.

« Les puristes diraient que chaque image doit être travaillée individuellement », réplique dans un français parfait Matthew Rankin, qui habite désormais à Montréal. 

Présenté au festival de Cannes comme « un OVNI cinématographique », son projet met en scène la quête inespérée de Nikola Tesla, l'inventeur du système de distribution du courant alternatif au tournant du XXe siècle. 

Le chercheur envisageait une distribution gratuite et illimitée de l'électricité sur toute la planète, mais ne trouvait personne pour financer sa folle utopie. En reprenant la lettre que l'inventeur avait adressée à un banquier mécène en 1905, Matthew Rankin reconstitue par le cinéma cette recherche de fonds pour concrétiser une idée scientifique.

Par analogie avec l'univers artistique, on pense aux nécessaires démarches des esprits inventifs pour mener à bien leurs rêves. « Quand un chercheur se penche sur des nanoparticules, par exemple, il y a quelque chose de si abstrait dans sa démarche qu'il ne peut communiquer son travail. Les artistes connaissent ça aussi », évoque le réalisateur habitué au marché du cinéma indépendant.       

Utopies lumineuses

L'approche de Matthew Rankin dans ce court a été applaudie pour son habilité à faire coïncider fond et forme, à recréer un univers audacieux, novateur, empreint de références au cinéma d'avant-garde européen du début du XXe siècle. En hommage aux idées utopistes de Tesla, son film épouse une esthétique déroutante, visuellement électrifiante et surréaliste.

« J'utilise l'animation de lumière, explique le réalisateur. Cela se traduit par une prise de photographies avec une longue exposition pendant laquelle je déplace la source lumineuse. » 

Procédé peu utilisé en cinéma d'animation, qui se traduit par un rendu parfois épileptique à l'écran, l'animation de lumière employée dans le film se justifie aussi par le fait que Tesla l'utilisait dans ses propres photographies. 

Huit minutes et des poussières pour rendre un hommage aussi fantaisiste que son sujet au père du courant alternatif, savant fou épris d'un pigeon qui lui servait de muse.

« Je crois que l'histoire du XXe siècle a suivi le cheminement de Tesla. Il a débuté avec tellement d'espoir pour l'avenir, tellement de convictions en notre capacité à surmonter les problèmes à une époque où l'on considérait la science comme une aide pour avancer. Mais après un siècle de cauchemars et d'échecs, on se retrouve dans une époque anti-utopiste et très cynique. C'est peut-être le temps de réévaluer ce que les gens comme Tesla voulaient nous expliquer », conclut-il. 

Matthew Rankin sera présent aux projections pour discuter de sa démarche avec les festivaliers.

Pour y aller

Quand ? 20 septembre (21 h 15 et 22 h 35) et 23 septembre (11 h et midi 20)

Où ? Cinéma ByTowne

Renseignements : www.animationfestival.ca

Hommage à Folimage

Le Festival international d'animation d'Ottawa consacre une rétrospective au studio d'animation français Folimage qui, depuis 36 ans, questionne la frontière entre industrie et art. La société de production située dans la Drôme a fait naître plusieurs courts-métrages d'animation tout public qui se sont démarqués, notamment  La prophétie des grenouilles, Grand Prix du meilleur long-métrage d'animation de l'OIAF en 2004.  

Pour y aller :

Quand ? 21 septembre (11 h et midi 20) et 22 septembre (15 h et 16 h 20)

Où ? Auditorium du Musée des beaux-arts

Créé en 1981 par Jacques-Rémy Girerd et spécialisé dans l'animation image par image, le studio forme aussi de jeunes auteurs. Sortis de cet écrin créatif, où la fantaisie voisine avec la poésie, l'émotion avec l'humour, 14 courts-métrages aux origines et aux techniques variées seront présentés du 21 au 23 septembre, à raison de deux séances par jour.

Pour y aller :

Quand ? 23 septembre (19 h et 20 h 20),

Où ? Cour des arts

Rétrospective autour d'Evelyn Lambart

Pionnière de l'animation, Evelyn Lambart est née à Ottawa en 1914 et a rejoint l'ONF pendant les années 1940 où elle a travaillé 32 ans et réalisé 25 films au côté des plus grands cinéastes.

Evelyn Lambart... (Courtoisie) - image 5.0

Agrandir

Evelyn Lambart

Courtoisie

La réalisatrice, productrice, directrice de la photographie et monteuse a été collaboratrice de Norman McLaren pendant deux décennies et marquera l'histoire cinématographique du Canada à titre de première femme animatrice au pays.

En collaboration avec l'Office national du film, une sélection de son travail sera présentée par le cinéaste Donald McWilliams.

Pour y aller :

Quand ? 21 septembre (17h et 18h20) et 22 septembre (19h et 20h20)

Où ? Auditorium du Musée des beaux-arts.




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