Le drogué de la caméra

Roc Lafortune tient le rôle principal dans Jacob's... (Courtoisie)

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Roc Lafortune tient le rôle principal dans Jacob's Wrath, du Gatinois Alexandre Carrière.

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La toute première image filmée que verront les festivaliers du FFO cette année est signée Alexandre Carrière.

Le réalisateur gatinois est un habitué du Festival du film de l'Outaouais (FFO). En 2012, son court-métrage Monstres a été projeté juste avant le film de clôture du festival ; Mikka, autre court, a connu les mêmes honneurs lors de l'édition suivante. Mulligan, qu'il avait écrit et produit (mais pas réalisé) y a été projeté en première en 2011.

Cette année, c'est au tour de Jacob's Wrath d'arriver sur les écrans du FFO. Tourné en Outaouais (à Gatineau, Ottawa et Bristol), ce film de 10 minutes a été sélectionné au Festival de Cannes, en 2016 - en vitrine canadienne, et non en compétition. Il met en vedette le coprésident d'honneur du festival, Roc LaFortune - qui jouait déjà dans Mulligan - et Antoine Olivier Pilon. 

Jacob's Wrath sera projeté en préouverture du FFO, ce jeudi 23 mars (à 19 h, au Cinéma 9), lors de ce « Jour d'Avant » qui permettra aussi de découvrir Demain tout commence, long-métrage français d'Hugo Gélin dans lequel Antoine Bertrand et Omar Sy se lancent la réplique. Alexandre Carrière et Roc Lafortune assisteront à cette projection.

Jacob's Wrath met en scène un homme dont la fille a été victime de viol. Caché dans les toilettes du Palais de justice, arme au poing, le père attend l'arrivée de l'adolescent qui a reconnu les faits. Puisant dans un univers violent, teinté de cyberpunk, les images reflètent le délire intérieur qui nourrit (ou se nourrit de) sa pulsion de vengeance.  

« Le côté Mad Max, ce monde irréel, apocalyptique, c'est pour s'amuser, explorer, essayer de nouvelles affaires. Les courts, ça sert un peu à ça : expérimenter. » Et puis, dans tous ses films, Alexandre Carière n'aime  rien tant que de multiplier les défis. « J'aime me challenger. Il faut que ce soit compliqué, que je doive me casser la tête pour trouver une solution » cinématographique.  

Le film a été tourné en anglais. Un peu parce qu'Alexandre Carrière, qui envisage une carrière internationale, aime écrite dans les deux langues. Un peu pour le plaisir de multiplier les difficultés. Et beaucoup pour des raisons « stratégiques » : « Pour attirer un acteur comme Antoine Olivier Pilon - je l'avais vu dans Mommy [de Xavier Dolan] et je l'avais trouvé excellent - j'ai pensé que c'était une bonne idée de lui donner la chance de mousser son portfolio, en montrant qu'il pouvait travailler en anglais. » En outre, son film peut ainsi accéder à d'autres festivals que le circuit auquel est habitué le réalisateur.

Tourner sans arrêt

Le film sera présenté dans une version sous-titrée. « Au début, on pensait faire une version doublée par les comédiens eux-mêmes ». Mais, vu les « coûts associés », équivalents à « une autre journée de tournage », il a préféré raisonner comme le coproducteur qu'il est également, et décidé d'investir l'argent dans un autre film. Car tourner un court en une seule journée n'est absolument pas au-dessus de ses forces. 

« J'en ai tourné un autre, depuis : Sam and Ben, qui m'a pris une journée. » Aussitôt terminé, Sam and Ben a été soumis à Téléfilm Canada, dans l'espoir que l'organisme le soumette aux organisateurs cannois. La réponse viendra vendredi, espère-t-il. « Et je m'apprête en en faire un autre - avec Roc, encore une fois - dont le tournage devrait prendre une journée aussi. » 

Le secret ? Il réside à l'étape de l'écriture : « Il suffit de se limiter à un lieu. Et pas de flashback », confie-t-il en riant. 

Une contrainte qu'il embrasse avec bonheur. « Ça me permet de tourner plus ! J'ai toujours plein de projets. On dirait que je ne suis pas capable d'attendre. Être sur un plateau, c'est une adrénaline tellement le fun ! [...] C'est comme une drogue : on veut tourner à tout prix, tellement c'est trippant ! » 

Quand il ne scénarise/réalise pas ses propres films, Alexandre Carrière en scénarise/réalise d'autres... pour son employeur, Patrimoine canadien. Pas nécessairement avec beaucoup plus de moyens financiers, mais avec autant d'enthousiasme : « On fait beaucoup de pubs, que ce soit pour Canada 150 ou pour les musées, mais ce sont des projets super-intéressants. Récemment, je travaillais avec un spécialiste en effets spéciaux, sur un film reprenant le concept de Night at the museum. Les tanks se mettent à bouger, les dinosaures se mettent à voler », jubile ce grand « kid de 43 ans », de l'excitation plein la voix.

Alexandre Carrière vient de faire le grand saut dans la cour des longs métrages. Pour la société de production gatinoise Pix3, appartenant à Roch Brunette, il réalisera La plus grosse poutine du monde, adaptation du roman d'Andrée Poulin. Livre pour lequel l'auteure avait reçu le prix littéraire LeDroit, catégorie jeunesse, en 2014. Coïncidence : Alexandre Carrière a quant à lui remporté le même prix, deux ans plus tôt, pour son roman Il danse avec les dragons.

Le Festival du film de l'Outaouais se déroule du 23 au 31 mars.

>>> Consultez la programmation complète du Festival du film de l'Outaouais




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