La vraie force d'une princesse

Carrie Fisher portée par des acteurs de la... (Archives, Associated Press)

Agrandir

Carrie Fisher portée par des acteurs de la trilogie Star Wars, Harrison Ford (Han Solo), Anthony Daniels (C-3PO) et Peter Mayhew (Chewbacca), en coulisse d'un tournage pour la télévision.

Archives, Associated Press

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

CHRONIQUE / J'avais six ans quand Un nouvel espoir et une certaine Leia ont atterri sur les grands écrans du monde entier. Et dans ma vie.

Comme plusieurs fillettes de ma génération, j'ai d'abord connu Aurore, Cendrillon et Blanche-Neige, entre autres figures de Disney. Je les trouvais jolies et les aimais bien, mais à défaut de pouvoir clairement expliquer pourquoi, à cet âge-là, je ressentais qu'elles ne correspondaient pas tout à fait à mon tempérament, disons, plus frondeur.

C'était avant la sortie du premier volet de «ma» trilogie de La Guerre des étoiles, en 1977. C'est alors que j'ai compris tout ce que pouvait vraiment être une princesse. 

Il s'agissait d'une révélation, pour moi: une princesse avait le droit d'être maître de son destin! L'héroïne de George Lucas avait beau être poursuivie par une bande de méchants voulant détruire le monde (des hommes aussi cruels et retors qu'une reine peut le devenir lorsqu'elle jalouse la beauté d'une autre femme...), elle n'était pas sans ressources, loin s'en faut. Leia avait du caractère et un sens de la répartie que je lui enviais. Elle était intelligente, belle et courageuse. D'ailleurs, elle maniait le pistolet laser dans le feu de l'action de façon aussi convaincante qu'elle développait ses stratégies d'attaques contre Dark Vador et son Étoile de la mort.

Leia n'attendait surtout pas après un prince charmant pour la sortir du pétrin - ce qui ne l'a pas empêché (comme moi!) de développer un faible pour Han Solo. Que voulez-vous, les princesses demeurent des femmes, même quand elles se prénomment Leia. La grande différence, c'est qu'elles aiment d'égale à égal, elles.

Cette dernière savait donc tenir tête aux uns, convaincre les autres, se battre au nom d'une cause plus importante qu'elle. Mieux (à mes yeux, du moins), Leia ne faisait pas que combattre aux côtés des hommes, elle les dirigeait!

À l'époque, j'avais évidemment mon lot de poupées Barbie à la maison. Mais vous dire comme j'ai joué avec mes blocs Lego et figurines Star Wars au cours de ces années-là! Et à quel point j'admirais cette princesse si fière et dégourdie! Seule fille au sein d'un groupe de garçons plus jeunes (incluant mon frère), dans le voisinage, je me trouvais de facto à hériter du seul rôle féminin du film quand nous nous amusions à La Guerre des étoiles. Cela me convenait parfaitement: je m'identifiais à Leia, et j'aspirais à être comme elle (ce qui incluait rêver de trouver mon Han Solo à moi, un jour: une fille s'assume!).

Or, «jouer» ainsi à la princesse Leia m'a surtout permis de développer des aptitudes de leader. Tout ça parce que grâce à La Guerre des étoiles, j'avais été exposée pour la première fois à une princesse d'une autre trempe que celles proposées jusqu'alors par l'univers Disney. Une princesse politisée et résolument engagée à mener sa lutte et à poursuivre ses espoirs d'un monde meilleur. Une princesse qui n'était pas parfaite, n'avait pas toujours raison, mais qui n'en demeurait pas moins une femme de tête, de coeur et de convictions. Elle s'avérait un inspirant modèle de meneuse à suivre.

Leia était mon genre de princesse, quoi!

Ce rôle aura sans contredit été un cadeau empoisonné pour Carrie Fisher, qui s'est éteinte mardi à l'âge de 60 ans. Elle en avait à peine 20 quand elle s'est retrouvée propulsée au firmament d'une gloire avec laquelle elle n'a pas toujours su composer. Cela ne l'a pas empêché de faire face à ses démons pour laisser sa marque en tant qu'auteure (Postcards From The Edge, Wishful Drinking, etc.) et scénariste consultante (elle a entre autres collaboré aux films Sister Act et The Wedding Singer, ainsi qu'à la «deuxième» trilogie de Star Wars), avant de renouer avec Leia dans Le Réveil de la force, sorti en 2015.

Pour moi et pour tous les fans de La Guerre des étoiles, Carrie Fisher sera pour toujours le visage de Leia.

À elles deux, elles incarneront à jamais la vraie force d'une princesse: celle de faire ressortir la général Organa qui sommeille en chacune de nous.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer