Au bonheur des Bougons

«Rita (Bougon), je l'aime parce qu'elle est 'vraie',... (Etienne Ranger, Le Droit)

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«Rita (Bougon), je l'aime parce qu'elle est 'vraie', authentique. Et elle est d'une irrévérence!» s'amuse son interprète, Louison Danis, que l'on voit ici entourée des comédiens Antoine Bertrand et Hélène Bourgeois-Leclerc.

Etienne Ranger, Le Droit

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Louison Danis, qui reprend au grand écran le rôle de Rita Bougon, est en plein «junket» - ces journées  promo où les comédiens enchaînent les entrevues.

Dans leur sac à questions, les journalistes ont toujours quelques interrogations incontournables, légitimes d'un point de vue informatif, mais qui reviennent très souvent d'un média à l'autre. 

On est la veille de son 65e anniversaire (la semaine dernière) et la comédienne originaire d'Ottawa est de très bonne humeur. Mais en entrevue comme sur un plateau, pas question de faire semblant de « fonctionner si ça ne [l]'allume pas ».

Parce qu'elle s'adresse au Droit, Louison Danis bougonne en riant lorsque nos questions ressemblent à celles déjà posées par un confrère ou une consoeur. De peur d'«avoir l'air d'une vieille cassette» en ressassant des évidences qui ne pourraient que «décevoir les lecteurs de l'Outaouais», qui la connaissent bien mieux qu'ailleurs, estime-t-elle, la comédienne fait mine de se braquer gentiment.

«Ils liront les autres journaux, s'ils veulent lire ce qu'ils savent déjà» La discussion à bâtons rompus qui s'ensuit hors des sentiers battus est longue, chaleureuse, drôle et «pleine de constats assez raide, merci». Mais on abordera assez peu de Rita Bougon - si ce n'est qu'il s'agit toujours de son «personnage préféré à la télé», parmi tous ceux qu'elle a campés au fil de sa carrière. Ce podium ne comprend toutefois pas les rôles, beaucoup plus nombreux, qu'elle a tenus sur les planches.  

S'avouant «très 'sélective'... ce qui est une façon polie de dire 'difficile'», Louison Danis montre peu d'estime pour la télé. « Je n'ai pas de talent pour dire  'passe-moi le café mon amour'», s'excuse la comédienne qui a toujours fui comme la peste les rôles «répétitifs» et les répliques plates du petit écran. Il lui arrive même de bouder des productions pour lesquelles elle serait contrainte de travailler avec des confrères trop rasoirs.

« Bénédiction »

«Je ne vois pas ça comme un métier mais comme une vocation. Sinon, j'aurais eu l'intelligence de devenir riche» en acceptant sans grand plaisir de multiples rôles sans envergure, s'esclaffe-t-elle. «Pour les gens intelligents, jouer, faire semblant, c'est facile. Mais moi, c'est mon coeur et mon instinct qui me font choisir un projet, ce n'est pas mon intelligence. »

« S'ils sont apaisés, alors ma raison peut embarquer, et je vais être une excellente comédienne», dit-elle, «sans fausse humilité», mais en précisant que son talent tient avant tout du flair et du coeur qu'elle met à l'ouvrage.

Enfiler les pantoufles de Maman Bougon fut en revanche un des «grands coups de chance de sa vie», concède-t-elle. Si ce personnage est pour elle une véritable «bénédiction», c'est qu'il lui a permis, pour «une rare fois» en 50 ans de jeu, de conjuguer un immense « succès populaire» au «plaisir» et à la «satisfaction» qu'elle éprouvait.

Retrouver l'«irrévérence» et «l'authenticité» de Rita «12 ans après l'avoir laissée» était donc facile et agréable.

Ce projet, «c'est du bonheur. C'est tellement pas anodin, pas vide ! Et même si c'est très 'gros' - pas dans le jeu, mais dans les situations - j'aime mieux quelque chose qui ressemble à la réalité, comme Les Bougon, que des tonnes de séries qui ne veulent rien dire, sauf donner l'occasion de se briser le coeur, et que je ne regarde pas. Même quand j'en faisais, je ne les regardais pas ! [...] Moi, faire le singe, pfff... [...] on est-tu écoeuré de d'ça !?» pouffe-t-elle. 

Elle se dépêche ensuite de citer la poignée de personnages «intéresants» qu'elle a aimés incarner au petit écran. Ils furent souvent éphémères. «Mieux vaut ne pas s'attacher aux personnages: ils ont souvent des 'accidents'. » 

Ce qui lui plait particulièrement, du long-métrage, c'est que le sécnario «développe plus les quêtes des personnages, alors que les émissions [se contentaient de véhiculer] les propos du moment».

«Par la bande, Junior va trouver une forme de bonheur. Et Dolorès a développé ses talents durant les huit mois qui séparent la fin de la série et le début du film», illustre-t-elle. Le fait que ces quêtes soient parfois diamétralement opposées, comme c'est  le cas entre Papa et Maman Bougon, ne fait qu'enrichir la saga, estime-t-elle.

Les premiers jets du scénario n'ont pourtant pas tout a fait satisfait la «sélective» comédienne. «J'avais beaucoup de réticences et de questionnements. François [Avard, le scénariste principal] a gentiment accepté de me recevoir pendant six semaines pour enlever 'les irritants' et tout ce qui me graffignait», se réjouit Louison Danis. 

La «consultante» restera muette sur la nature des changements. Mais précise qu'elle n'aurait jamais osé demander une telle faveur si ce tout ce que la grande famille des Bougon symbolise n'était pas aussi important à ses yeux.

De la douleur, il y a toutefois eu, sur le plateau de ce film signé Jean-François Pouliot (et non Alain Desrochers, qui réalisait la série). Sauf qu'elle ne venait pas du personnage, mais du corps. Louison Danis souffre de plus en plus d'arthrite. Ce dont donnent un indice les mitaines que Rita Bougon porte tout au long du film.

Votez Bougon ! prend l'affiche ce vendredi 16 décembre.

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