L'éclosion des amours féminines

Diane Obomsawin... (Courtoisie, ONF)

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Diane Obomsawin

Courtoisie, ONF

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Le Festival international d'animation d'Ottawa (OIAF) soufflera ses 40 bougies, du 21 au 25 septembre, dans divers lieux de la capitale fédérale. Malgré son âge, et sa volonté de mettre le passé en lumière - en projetant notamment chacun des films y ayant reçu le grand prix depuis 1976, en présence des réalisateurs, d'historiens, de programmateurs ou de critiques - le plus gros festival d'animation d'Amérique du Nord a aussi promis de faire souffler un vent de jeunesse.

Cette 40e édition alternera encore une fois entre dessins animés classiques et projets avant-gardistes, drames et comédies, au fil des centaines de films sélectionnés. Parmi lesquels 80 courts et sept longs métrages se retrouvent en compétition officielle - dont La guerre de tuques 3D

Comme chaque année, l'Office national du film (ONF) est en bonne place, réussissant à intégrer neuf de ses productions ou coproductions sur les écrans du festival.

C'est le cas du court J'aime les filles, de la bédéiste montréalaise Diane Obomsawin, qui sera présenté en première mondiale et qui participe à la compétition. Sont aussi en lice La vie en Rosie: l'épopée persane de Rosie Ming, le long métrage d'Ann Marie Flemming (dont la version originale, Window Horses, est narrée par la comédienne Sandra Oh) et le nouveau court de Théodore Ushev, Vaysha l'aveugle, un conte philosophique porté par la voix de Caroline Dhavernas, qui a décroché le prix du jury au prestigieux festival d'animation d'Annecy.

Dédramatiser

J'aime les filles sera projeté lors du gala d'ouverture du festival, tenu au cinéma Bytowne le 21 septembre, en présence de Diane Obomsawin. 

Adaptation de la BD éponyme, publiée en 2014. J'aime les filles esquisse le portrait de quatre femmes. En partageant de lointains souvenirs de jeunesse, celles-ci évoquent, sur un ton doux, sans provocation mais sans fausse pudeur, les événements qui ont permis de révéler, parfois clairement, parfois moins, mais souvent tôt et intensément, l'évidence de leur orientation homosexuelle. 

Des histoires d'amour, donc. Présentées de façon réaliste, mais dans un monde fantaisiste peuplé d'animaux anthropomorphes. Parmi ces récits somme toute universels figure celui de Diane, autobiographique.

Diane Obomsawin, qui a «changé 14 fois d'école», se décrit comme une enfant « déracinée ». Parvenue « dans la quarantaine, j'ai commencé à prendre conscience que j'étais tout le temps en train de vouloir tomber amoureuse, comme si je cherchais un lien émotif, un facilitateur, une raison de m'ancrer quelque part. Et je choisissais toujours des filles », témoigne-t-elle. 

Cette « attirance inconsciente » s'est déclarée avant même qu'elle atteigne l'âge de 10 ans, poursuit celle qui en a aujourd'hui 56.

La lecture d'un roman de Michel Tremblay en particulier a poussé Mme Obomsawin à « chercher à comprendre et explorer les premières étincelles du désir ». L'auteure s'est alors empressée de remuer les souvenirs de ses amies, dont elle a tiré une dizaine de portraits. 

Malgré les têtes d'animaux des personnages, la démarche est réaliste. « Tout est vécu, authentique. J'ai voulu garder tout le naturel de leur façon de parler, et leurs petites cocasseries ». 

Le film n'a pas de velléités documentaires, mais il nourrit l'ambition de participer à briser un tabou encore présent en 2016. 

Et, pour avoir échangé avec de jeunes lectrices, l'auteure sait que son oeuvre aide à « dédramatiser » les questionnements et turbulences que peuvent vivent les jeunes coeurs lorsqu'ils prennent conscience de leur désirs homosexuels.

Par rapport à la BD, les portraits ont dû être très « écourtés ». Il a fallu procéder à des choix déchirants, mais «le fil du récit gagne en épaisseur et en émotion», estime-t-elle. 

La grande difficulté du film a plutôt dans de trouver les voix qui incarneraient les personnages. 

« Je voulais que ça garde la fraîcheur et la spontané du côté "parlé". On a essayé des comédiennes, mais les voix étaient trop mûres ou trop théâtrales. Finalement, on a fait appel à des musiciennes, qui comprenaient bien mieux la diction, le rythme, la musicalité de la parole. »

Pour y aller

Quand? Du 21 au 25 septembre

Où? Divers lieux d'Ottawa

Renseignements: www.animationfestival.ca, 613-232-8769

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