Le «beau défi» de Micheline Lanctôt

Micheline Lanctôt a relevé le défi lancé par... (La Presse)

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Micheline Lanctôt a relevé le défi lancé par Stéphane E. Roy pour 9, le film, avec huit autres réalisateurs.

La Presse

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La cinéaste Micheline Lanctôt était ravie de relever le « beau défi » lancé par Stéphane E. Roy, qui lui a confié une des neuf séquences de 9, le film, comédie traitant des écueils de la communication entre les êtres, adaptation de la pièce Neuf variations sur le vide, ou Eccéité (écrite par M. E. Roy), et projet collectif auquel ont aussi participé Ricardo Trogi, Luc Picard, Marc Labrèche, Érik Canuel, Éric Tessier, Jean-Philippe Duval et Claude Brie.

Il s'agit de neuf courts-métrages complètement indépendants, liés non pas par les personnages mais par leur seule thématique de l'incommunicabilité ontologique de l'espèce humaine, mais raccommodés par Éric Tessier

Si faire appel à Ricardo Trogi relevait presque de l'évidence, car le ton des dialogues de 9, le film se révèlent très proche de certaines séquences de Québec-Montréal (« C'était comme des pantoufles, pour lui », reconnaît Stéphane E. Roy.), d'autres choix sont plus surprenants. Par exemple Micheline Lanctôt.

« Comme réalisatrice, Micheline est plutôt associée à des oeuvres dramatiques, mais elle a tourné quelques comédies, il y a longtemps, et je connaissais son potentiel comique, soutien Stéphane E. Roy. Et elle a tout de suite saisi le niveau de comédie et le ton » de la saynète dont elle a pris les rênes.

« Je ne suis pas réputée pour mes comédies », convient en riant la réalisatrice d'Autrui et de Sonatine. « Mais je viens du dessin-animé, que j'ai pratiqué pendant près de 10 ans, alors c'est pas comme si c'était loin de moi... Au départ, j'étais quelqu'un de comique. Mais la comédie demande énormément de moyens. Beaucoup plus que le drame », précise-t-elle du même souffle.

Micheline Lanctôt a été charmée par le « scénario formidable » de cette pièce qu'elle n'avait pas eu le plaisir de voir. « J'aime beaucoup cet humour-là, qui est à la fois dérisoire et caustique », lance cette « amoureuse des dialogues ». Dans Je me souviens, elle filme dans un party de retrouvailles la rencontre de deux jeunes femmes campées par Anne-Élisabeth Bossé et Magalie Lépine-Blondeau : la première s'extasie de retomber sur sa grande complice d'adolescence ; la seconde ne la replace absolument pas. La séquence oscille entre le malaise et l'absurdité, alors que Martine (Bossé), « personnage défini par son vide », fait des pieds et des mains pour raviver les souvenirs de son « amie » et se sortir de son pathétique anonymat.

Si la situation est humiliante, voire « sinistre », pour la personne oubliée, elle n'en est pas moins « extrêmement embarrassante pour celle qui ne se rappelle pas », estime Mme Lanctôt. « Ça m'est déjà arrivé de ne pas reconnaître quelqu'un et le hiatus que ça provoque dans notre esprit est quelque chose d'extrêmement malaisant. C'est ce que j'aimais de cette situation, où on rit, mais on rit un peu jaune », témoigne-t-elle. 

Elle n'a pas voulu retoucher le texte original. « Je trouvais que la situation était parfaitement complète. Il y avait quelques redondances, mais je n'avais pas le goût de chambarder quoi que ce soit. J'ai préféré tout filmer tel quel, [quitte à] resserrer les choses au moment du montage. Je crois beaucoup à l'écriture au montage, plus qu'à l'étape de la scénarisation. »

Si la réalisatrice parle de « défi », c'est moins lié à l'aspect 'collage' des neuf pièces du projet qu'au fait que chaque réalisateur ne disposait que d'une seule journée de tournage pour tout mettre en boîte. Une course contre la montre s'imposait donc sur le plateau, mais celle-ci aura servi le rythme et le ton de ce sketch que Micheline Lanctôt voit comme une course-poursuite métaphorique entre les personnages. « L'idée c'était de dynamiser la fuite de l'une et la poursuite de l'autre, tout autour de la piscine » au bord de laquelle a lieu le party de retrouvailles.

9, le film prend l'affiche le 9 septembre.

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