L'audace canadienne en vedette au TIFF

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Nathalie Baye et Gaspard Ulliel dans Juste la fin du monde

Fournie par Les Films Séville

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Victoria Ahearn
La Presse Canadienne
Toronto

S'il y a une chose à retenir de la programmation canadienne au Festival international du film de Toronto (TIFF) cette année, c'est que les cinéastes du pays repoussent les frontières de la création, affirment les responsables de la grille.

La programmatrice du TIFF Magali Simard donne comme exemple le nouveau film de Xavier Dolan, Juste la fin du monde, qui a remporté le prestigieux Grand Prix au Festival de Cannes, en mai. Vincent Cassel et Marion Cotillard tiennent la vedette dans l'histoire d'un écrivain mourant, qui a été tournée sur pellicule (une rareté au cinéma de nos jours) et principalement en gros plans, au Québec.

Selon Mme Simard, ces gros plans servent à mettre l'accent sur l'émotion, et «il faut parfois prendre une respiration entre chaque séquence, parce qu'on est tellement immergé dans (le film)».

De son côté, un autre cinéaste québécois, Kim Nguyen, se montre métaphorique dans son premier film tourné en anglais, Two Lovers and a Bear (Un ours et deux amants). Gordon Pinsent prête sa voix à l'ours polaire du titre, au moment où il hante un couple troublé formé par Dane DeHaan et Tatiana Maslany. Le programmateur principal du TIFF, Steve Gravestock, a décrit le long métrage comme étant «une pièce magique réaliste, très intelligente».

Avec Anatomy of Violence, la cinéaste d'expérience Deepa Mehta a préconisé ce que le TIFF appelle «une approche intrépide» pour raconter l'histoire du viol et du meurtre d'une femme par un groupe dans un autobus, en Inde, en 2012. Avec une toute petite caméra, elle a travaillé de manière improvisée avec les acteurs, à New Delhi, afin de créer les profils fictifs de la victime et des six hommes qui l'ont agressée.

Le Festival international du film de Toronto se tiendra du 8 au 18 septembre.

Parmi les autres cinéastes canadiens présents, Bruce McDonald a repris le format noir et blanc pour tourner Weirdos, qui raconte l'histoire d'une relation entre adolescents en Nouvelle-Écosse, en 1976.

Dans Window Horses, Ann Marie Fleming a utilisé l'animation pour raconter l'histoire d'une jeune poète canadienne qui découvre l'histoire de sa famille pendant un festival littéraire en Iran. Sandra Oh, Ellen Page et Don McKellar y prêtent leur voix.

«C'est magnifique à regarder, et je crois qu'il s'agit de notre premier long métrage d'animation en plus de 10 ans, avance Steve Gravestock. C'est donc très bien de retrouver ce type de film, et en long métrage en plus, donc je suis très excité de le présenter.»

Le film d'Ann Marie Fleming fait partie des nombreux titres canadiens sur le thème des familles déchirées, au côté d'Old Stone de Johnny Ma et du documentaire We Can't Make the Same Mistake Twice, d'Alanis Obomsawin.

Ce documentaire, qui traite d'une plainte pour discrimination contre le ministère des Affaires autochtones et du Nord en lien avec les enfants autochtones, s'inscrit dans une autre tendance de la programmation canadienne: les films à saveur politique. On y retrouve notamment All Governments Lie: Truth, Deception, and the Spirit of I.F. Stone de Fred Peabody et Black Code, de Nicholas de Pencier, qui parle de la vie privée en ligne.

En plus des titres de Xavier Dolan et Kim Nguyen, le TIFF propose plusieurs oeuvres québécoises, dont Nelly d'Anne Émond, sur la vie de Nelly Arcan, et la satire politique de Chloé Robichaud, Pays.

Magali Simard souligne qu'il s'agit de l'une des programmations canadiennes du festival incluant le plus grand nombre de réalisatrices, et que cette tendance s'est inscrite de façon tout à fait naturelle.

«Le fait que ce soit arrivé de manière naturelle est réconfortant, a-t-elle confié. De toute évidence, les femmes sont capables de faire des films au Canada. C'est une chose dont nous devons certainement être fiers.»

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