Neuf signatures pour un même film

Le comédien et metteur en scène, Stéphane E.... (Jean-Marie Villeneuve, Archives Le Soleil)

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Le comédien et metteur en scène, Stéphane E. Roy, a adapté sa pièce Neuf variations sur le vide pour le cinéma. En tout, neuf réalisateurs viennent présenter autant de courts-métrages dans un seul film.

Jean-Marie Villeneuve, Archives Le Soleil

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Le comédien et metteur en scène Stéphane E. Roy a adapté pour le grand écran sa propre oeuvre théâtrale, Neuf variations sur le vide (2007).

Dans 9, le film, il se glisse pour la toute première dans les souliers du réalisateur, offrant la première saynète de cette comédie corrosive et très dialoguée, film singulier en réalité composé de courts-métrages signés par neuf cinéaste distincts: Ricardo Trogi, Luc Picard, Marc Labrèche, Érik Canuel, Éric Tessier, Jean-Philippe Duval et Claude Brie. Les tranches de vie qu'ils filment n'ont qu'un lien ténu entre elles, mais leur puzzle commun dresse un portrait vitriolique de la communication sous toutes ses coutures, y compris les plus plates et les plus virtuelles. 

Dans les saynètes servant de transitions - lesquelles ont été confiées à Éric Tessier (Sur le seuil), qui a raccommodé l'ensemble - Stéphane E. Roy enfile le costume d'un gourou autoproclamé de la comm', Marc Gauthier, qui vit de ses conférences et DVD portant sur la «communic-action», concept fourre-tout de son cru.

Dans la séquence d'ouverture - titrée Abus -, Stéphane E. Roy orchestre sur le fil d'un rasoir une discussion de couple qui pourrait exploser à chaque seconde, en dépit des sourires courtois et des formules pleine de civilités échangés par Christian Bégin et Anne-Marie Cadieux,

«La communication, l'interprétation qu'on a des autres, du langage, ce qu'on perçoit, les erreurs, les non-dit, je trouve que c'est un sujet très intéressant qui n'a pas été traité très souvent au Québec [où l'on se cantonne] à un cinéma de situation», lance Stéphane E. Roy. Lui-même «amoureux des films à dialogues» et grand amateur des films d'Eric Rohmer et Woody Allen, M. E. Roy se réjouit d'inscrire 9 dans la lignée de ces trop rares films ayant vu le jour sur les planches, qu'il s'agisse de comédies comme Le père Noël est une ordure et Le dîner de cons, ou les récents films de Podz et de Xavier Dolan, en ce qui concerne les drames.

Abus se situe d'ailleurs à la frontière entre les deux, notamment grâce à la sournoiserie subtile du personnage de Christian Bégin... qui serait d'ailleurs l'alter-ego manipulateur de Stéphane E. Roy, avoue le réalisateur en riant, ravi que la ressemblance physique puisse mettre la puce à l'oreille.

Il a donc approché «des gens que j'aimais» pour participer à ce «trip convivial, collégial et ludique». En commençant par l'«ami» Ricardo Trogi. Tous ont embarqué très rapidement, enthousiasmés par les répliques, soutient-il. «Il y a beaucoup de duels de comédiens, c'était sexy pour eux et facile à visualiser».

Loin de chercher à donner à 9, le film une unité de ton, Stéphane E. Roy a préféré donner carte blanche à ses complices, afin de multiplier les perspectives. «Les gens ont une perception bien personnelle de ce qu'ils vivent. Ce que je voulais voir, c'est l'univers mental de chacun. Alors on leur a dit: "Prenez vos propres directeurs photos, vos propres monteurs, on veut que chacun des films soit à l'image du réalisateur."» 

«Certains ont amené mon texte à des endroit que je n'attendais pas. Et j'en suis très content», poursuit-il en mentionnant Erik Canuel, qui a «apporté un côté plus dark, plus glauque» à une saynète réunissant deux truckers, que Stéphane E. Roy avait pourtant envisagée «plutôt loufoque». Jean-Philippe Duval a quant à lui téléporté l'action de son court métrage dans les années 1950, représentées en noir et blanc.

9, le film prend l'affiche le 9 septembre.

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