Nitro Rush: l'action tient la route **

Les comédiens principaux font leur possible pour nous... (Les Films Séville)

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Les comédiens principaux font leur possible pour nous toucher, mais leurs dialogues sont trop lourdement rédigés pour susciter la moindre émotion.

Les Films Séville

Le DroitYves Bergeras 2/5

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CRITIQUE / Pauvre Max! Ses affaires n'allaient pas très bien dans Nitro... Elles ne vont pas mieux dans Nitro Rush, signé par le même réalisateur, Alain Desrochers.

Cette fois, Max (Guillaume Lemay-Thivierge) se débat dans l'espoir de sortir son fils Théo (Antoine Desrochers) des griffes de L'Avocat (Andreas Aspergis, plus crédible que Martin Matte dans ce costume de psychopathe).

Parce qu'il faut bien saupoudrer de drame humain toute les scènes d'action, Nitro Rush immerge le spectateur dans une confrontation père-fils. Max étant incarcéré pour le meurtre d'un policier, Théo haït ce père qu'il n'a pas vu depuis des années, et à qui il reproche d'être responsable de la mort de sa mère. 

Pendant que papa rongeait son frein en cellule - s'accrochant aux barreaux de sa cellule afin qu'on admire ses tatouages et son indomptable détermination -, le garçon est devenu un adolescent turbulent et «dread-locké». En guise de figure paternelle de remplacement, Théo a trouvé - comme par hasard - L'Avocat. Dont la bande tente de faire main basse sur le marché des narcotiques. Théo, «whiz kid» de l'informatique, l'aide donc à espionner un duo de gangsters surnommés Les Chimistes, afin de leur voler la formule de la drogue de synthèse - la Nitro Rush du titre - qu'ils ont mis au point. 

Seul moyen qu'il a trouvé de protéger son fils pendant que ce dernier fait ses conneries, Max s'évade de prison. Non pas pour dézinguer L'Avocat (Théo ne lui pardonnerait pas), mais pour participer au cambriolage. Sans rire. Et recommence une course-contre-la-montre où le protagoniste opère en marge de la loi.

La collaboration père-fils est ponctuée d'incontournables coups de gueule, reproches et rivalités. Et d'espoir que la spirale de l'illégalité dans laquelle ils s'engagent puisse dessiner le chemin de la rédemption. Cette improbable «complicité», le spectateur n'y croit pas une seconde. Mais pour peu qu'il accepte de fermer les yeux sur cette prémisse - et quelques autres, dont une proposition «à la Nikita» -, on pourra adhérer au reste du récit. La recette, éprouvée dans les laboratoires du cinéma hollywoodien, fonctionne. Et Alain Desrochers prouve qu'on peut l'adapter au contexte québécois sans rougir.  

Objectif atteint

Le film tient ses promesses «de base»: l'action tient la route, le rythme ne s'essouffle pas trop, les images et la trame sonore sont soignées. Certes, les cascades et explosions sont peu nombreuses, mais les scènes de lutte, très bien chorégraphiées, sauvages, sont efficaces.

L'objectif principal de Nitro Rush est donc atteint. Dommage qu'il se pique d'explorer la psychologie des personnages. Sans duper quiconque.

La mise en scène est empesée, surtout quand on filme les dialogues: tout est appuyé, répété... alors que les répliques sont plaquées, les situations prévisibles et déjà-vues. On se sent pris pour un demeuré. Mais ça s'exporte mieux, sans doute. 

L'autre désaveu vient du ton, qui, profitant des relations à flux tendus entre les personnages, «grossit» chaque éclat, tant dans l'animosité que dans la séduction, en ce qui concerne le personnage de Daphné, cheffe d'équipe et femme fatale chargée d'apporter une (très petite) dose d'ambiguïté à cette brochette d'archétypes.

Travaillant les contrastes, la réalisation s'entête à imposer, sous le vernis «sérieux», une forme de légèreté très années 1990 (pensez à Steven Seagal ou Die Hard) qui ne lui sied guère. Le film aurait dû, croit-on, assumer le côté «roman noir» d'un scénario qui baigne dans l'amoralité. Ou creuser plus à fond la veine de l'humour noir qu'il explore chez les Chimistes. Ces deux rôles secondaires, pratiquement muets, permettent à Jean-Nicolas Verreault et Sébastien Pérès de tirer leur épingle du jeu, dans un registre très Erik Canuelien (La loi du cochon), dangereusement loufoques. Alexandre Goyette, lui aussi cantonné à un rôle de second couteau (Colosse, un porte-flingue hargneux), sert à la fois de menace et de «comic-relief»; il vole chaque scène où il apparaît. 

Les comédiens principaux font leur possible pour nous toucher, mais leurs dialogues sont trop lourdement rédigés pour susciter la moindre émotion. Leurs motivations sont trop peu crédibles pour véritablement fonctionner. S'il est convainquant dans les scènes d'action, Guillaume Lemay-Thivierge a, quand il ne se bat pas, souvent l'air d'un coq cherchant à gagner du volume en bombant le torse. Raymond Bouchard essaie d'apporter douceur et demi-sourires, mais ce grand-papa détonne. Et Madeleine Péloquin (Daphné), beaucoup trop prévisible, à l'image du scénario et des répliques convenus, ne sera énigmatique qu'aux yeux des néophytes.

Au générique

  • Cote: **
  • Titre: Nitro Rush
  • Genre: action
  • Réalisateur: Alain DesRochers
  • Acteurs: Guillaume Lemay-Thivierge, Antoine Desrochers, Madeleine Péloquin
  • Classement: 13 ans +
  • Durée: 1h36

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