Pas de sagesse pour les 3 p'tits cochons ***

CRITIQUE - Les frasques sexuelles des trois frangins Quintal avaient trop fait... (Courtoisie)

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Courtoisie

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CRITIQUE - Les frasques sexuelles des trois frangins Quintal avaient trop fait rire le Québec, en 2007, pour que ces 3 p'tits cochons en restent là. Revoici le trio neuf ans plus tard, guère assagi, dans de nouvelles mésaventures dictées par leurs irrépressibles appétits...

On a perdu Claude Legault, remplacé par Patrice Robitaille (il n'a pas les traits de famille, mais l'énergie est là), dans le rôle de Mathieu. Paul Doucet (Rémi, l'aîné) et Guillaume Lemay-Thivierge (Christian, le benjamin) ne sont plus dirigés par Patrick Huard, qui a confié la réalisation de cette séquelle à Jean-François Pouliot (La Grande Séduction).

On l'a connu plus inspiré. Plus malicieux, aussi. Peu désireux de changer la formule, sa comédie de moeurs traverse les eaux du Vaudeville, sillonnant d'un récif à l'autre (l'adultère ; l'homosexualité ; le priapisme ; le mensonge ; les fantasmes qui ne « se gèrent » pas  mais « se vivent » ; les pannes). 

Les trois sympathiques salopards continuent de se cacher des choses. D'en cacher d'autres à leurs conjointes. Font mine de ne pas savoir quand on leur monte un bobard. Ou, au contraire, se mettent à croire à tort qu'on leur ment en pleine face. Des personnages pétris de paradoxes. Si profondément humains, dans leur « désir de désir » ou leurs aveuglements qu'ils demeurent attachants, malgré leur duplicité. 

Le scénariste Pierre Lamothe, continue de tenir la plume. Le ton de cette comédie amère renvoie au récent Le Mirage. La barque ne rencontre pas de véritable écueil. Quelques bonnes répliques fusent, mais le film ne réserve guère de surprises, surtout pas dans les rebondissements très prévisibles de l'intrigue.

Les ficelles de la mise en scène sont aussi subtiles que l'érection matinale de Christian prenant son café devant un déshabillé léger.

Pourtant, ces défauts n'en font pas un mauvais film. Au plan du jeu des comédiens, la « chimie » opère. Tant à l'intérieur de la fratrie que lorsque la caméra explore individuellement les relations de couple de chacun-sous-son-toit, puis sous le toit de l'autre. 

Le cochon briqueleur (Doucet) va d'ailleurs frapper un mur, après que le loup soit sorti de ses culottes. Alors le ciment du couple craque. Et les personnages féminins ont plus de dents que dans le premier opus. 

Pour leur donner la réplique sans se faire éclipser, il fallait des comédiennes capables d'afficher un évident cocktail de tempérament, de charisme et de maturité. Elles y parviennent très bien, chacune dans son registre : Isabel Richer en femme de poigne, mais complice attentive ; Sophie Prégent, en femme trahie mais inébranlable. 

Pouliot, comme par manque de confiance, tend à tout souligner inutilement. Irritant. Heureusement, dans les scènes névralgiques, quand les échanges verbaux fusent, il laisse ses comédiens faire leur boulot.

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