• Le Droit > 
  • Arts > 
  • Cinéma 
  • > Une Palme d'or conventionnelle sous le feu des critiques 

Une Palme d'or conventionnelle sous le feu des critiques

Le cinéaste britannique Ken Loach a reçu la... (PHOTO ARCHIVES AFP)

Agrandir

Le cinéaste britannique Ken Loach a reçu la Palme d'or pour son film Moi, Daniel Blake.

PHOTO ARCHIVES AFP

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Franck Iovene & Sophie Laubie
Agence France-Presse
Cannes, France

Le jury du Festival de Cannes s'est attiré les critiques en sacrant pour la deuxième fois dimanche un habitué de la Croisette, Ken Loach, au cinéma social très classique, oubliant des films plus audacieux et la favorite Maren Ade, nouvelle venue avec un film réjouissant.

La Palme d'or de «Moi, Daniel Blake» de Ken Loach, attribuée par le jury présidé par l'Australien George Miller, a créé la surprise. Son film, qui raconte le parcours kafkaïen d'un chômeur pour toucher ses allocations, n'a pas été jugé très novateur.

«Le film de Ken Loach est un bon film. Mais si la raison d'être du festival est de distinguer des écritures originales, ce n'est pas la bonne réponse», a déclaré à l'AFP le critique et historien du cinéma Jean-Michel Frodon.

Libération est plus féroce: «Le très manichéen Moi, Daniel Blake, est un pur film de gauche pour spectateurs de droite» et «participe de cette abdication de toute ambition esthétique ou complexité humaine».

C'est la deuxième Palme d'or pour Ken Loach, 80 ans en juin, après celle reçue en 2006 pour «Le Vent se lève», et sa septième récompense à Cannes. «On pouvait saluer le travail de Ken Loach sans lui donner une deuxième Palme», résume Jean-Michel Frodon.

De grands oubliés

Si la sélection des 21 films en compétition a été jugée meilleure que l'an dernier - «un grand cru» selon Le Monde -, son audace ne s'est pas retrouvée dans le palmarès, selon l'avis de la plupart des critiques.

Ils regrettent l'absence de plusieurs films, dont «Toni Erdmann» de l'Allemande Maren Ade, qui a créé l'événement, «Elle» du Néerlandais Paul Verhoeven, thriller transgressif très maîtrisé, «Paterson», film poème de Jim Jarmusch ou «Ma Loute», fantaisie tragi-comique du Français Bruno Dumont.

«À quoi bon proposer des films aussi novateurs que Ma Loute ou Toni Erdmann et récompenser le film de plus sage?», s'interroge Philippe Rouyer, critique au magazine de cinéma Positif.

«Le palmarès est un mélange de films, dont les plus intéressants et les plus réussis ont été oubliés», regrette également Peter Bradshaw, critique du quotidien anglais «The Guardian».

«En snobant «Toni Erdmann, Aquarius (du Brésilien Kleber Mendonça Filho), Ma Loute, Loving (de l'Américain Jeff Nichols), le palmarès ne reflète guère l'audace exceptionnelle des films de la compétition. C'est un théorème Cannois: les mauvaises sélections font les bons palmarès et inversement. Cette année n'a pas fait exception», estime Le Monde.

Des prix d'interprétation inattendus

Les prix d'interprétation, remis à la Philippine Jaclyn Jose pour «Ma' Rosa», de son compatriote Brillante Mendoza, et à l'Iranien Shahab Hosseini pour «Le Client» d'Asghar Farhadi, ont déjoué les pronostics.

Le jury a dû justifier le choix de Jaclyn Jose, la presse ayant porté aux nues les prestations de l'Allemande Sandra Hüller dans «Toni Erdmann», de la Brésilienne Sonia Braga dans «Aquarius» ou de la Française Isabelle Huppert dans «Elle», dans un festival riche en portraits de femmes.

Chez les hommes, absence également des grands favoris, l'Autrichien Peter Simonischek dans «Toni Erdmann», l'Américain Adam Driver dans «Paterson» ou le Britannique Dave Johns dans «Moi, Daniel Blake». Pour ce dernier, un prix d'interprétation ne pouvait pas être cumulé avec la Palme d'or, selon le règlement.

Le prix d'interprétation masculine à Shahab Hosseini, acteur fétiche d'Asghar Farhadi avec qui il avait joué dans «Une Séparation», s'est additionné au prix du scénario pour «Le Client».

«La double récompense attribuée au film iranien est très exagérée», considère Jean-Michel Frodon.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer