La société congolaise à travers ses journalistes

Pour réaliser le documentaire Kolwezi On Air, le cinéaste belge... (Courtoisie)

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Pour réaliser le documentaire Kolwezi On Air, le cinéaste belge Idriss Gabel a planté sa caméra au coeur de la station RTM@.

Courtoisie

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«Un carnaval de sonorités délicates et d'images exceptionnelles». C'est le charmant jingle de la chaîne RTM@ que les habitants de Kolwezi, dans le sud-est de la République démocratique du Congo, connaissent forcément. Au Katanga, ils sont nombreux à être branchés sur cette radiodiffusion-télévision locale.

Pour réaliser le documentaire Kolwezi On Air, le cinéaste belge Idriss Gabel a planté sa caméra au coeur de ce média proche des habitants et de leurs préoccupations. Instructif et révélateur. 

Monteur des films du réalisateur Thierry Michel depuis plusieurs années, Idriss Gabel a multiplié les voyages au Congo au fil des tournages. Il a d'ailleurs participé au dernier documentaire, L'Homme qui répare les femmes: La Colère d'Hippocrate (2015) sur le docteur Denis Mukwege, un gynécologue congolais, militant des droits de l'homme.  

Au cours de ces séjours réguliers, le monteur a animé bénévolement des formations techniques auprès des journalistes locaux. «Une force de vie très africaine est remontée en moi», partage celui qui a vécu un an au Burkina Faso. 

La rédaction qu'il côtoie alors doit composer avec les réalités du pays: coupures d'électricité, impayés, difficultés pour les femmes de faire accepter leurs statuts de journalistes...

Qu'importe! La station RTM@ tient sa mission à coeur. Sa proximité avec la population lui donne une responsabilité en matière de liberté d'expression et d'information.       

«Tout doucement, j'ai sorti une caméra sur le terrain, les gens ont fini par m'oublier», explique le réalisateur. Une gageure dans un pays soucieux de son image et suspicieux à l'égard du moindre photographe étranger!  

Pour une autre image de l'Afrique

Six ans de préparation et de tournage. Plutôt que de montrer une Afrique systématiquement épuisée ou souffrante, Idriss Gabel a choisi de rendre hommage à ceux qui se battent pour que la vie continue. 

C'est un documentaire lumière, baigné de chaleur humaine, de coucher de soleil et de musique qu'il présentera en personne jeudi 21 avril, à 20h, à la Nouvelle Scène dans le cadre d'un partenariat avec le festival Vues d'Afrique de Montréal.

Une avant-première, puisque Kolwezi On Air n'a encore jamais été projeté en salles. 

Animateurs-vedettes, politiciens, ouvriers des mines, chefs de syndicats, hommes religieux et «magiciens» se retrouvent autour des microphones. Comme cet ancien élu qui n'arrive pas à prononcer le mot «démocratie» ou ce marabout persuadé de pouvoir guérir les malades du sida. 

Dans ce documentaire choral où l'on saute d'un destin à l'autre, le seul personnage dont on suit d'un bout à l'autre la trace, c'est la station RTM@ elle-même. Toujours à l'affût des nouvelles locales, les journalistes arpentent le terrain sans relâche; quitte à s'arrêter en route face à un attroupement et embarquer un cadavre jusqu'à l'hôpital. 

C'est la grande réussite de ce film: avoir l'air de ne pas y toucher, passer de l'émission de cuisine (chinoise) aux faits divers, ne pas élaborer de grandes théories sur le journalisme. Mais en dire beaucoup, par la bande.

Pour y aller

Quand? 21 avril, 20h 

Où? La Nouvelle Scène

Renseignements: 613-241-2727 ou www.nouvellescene.com/la-semaine-africaine/

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