Moi, Nojoom, 10 ans, divorcée couronné au FFO

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Ayant déjà quitté le pays, la réalisatrice de Moi, Nojoom, 10 ans, divorcée, Khadija Al-Salami, n'a pas encore posé ses mains sur les deux trophées Totem d'or qui ont été décernés à son long métrage vendredi au FFO. Mais ça ne saurait tarder et, on se l'imagine bien, elle est ravie de cette inattendue double récompense.

Patrick Woodbury, Archives LeDroit

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C'est le scénario hollywoodien classique: un négligé à qui personne ne donne sa chance reçoit une chance inespérée de se faire valoir et termine en grand champion. L'ironie, c'est que cette histoire digne d'Hollywood s'est produite au Festival du film de l'Outaouais (FFO).

Le film Moi, Nojoom, 10 ans, divorcée de Khadija Al-Salami quitte le FFO avec deux Totems d'or - le Prix de la critique et le Prix du public -, mais aussi avec un contrat de distribution en poche.

L'histoire est en soi extraordinaire pour un long métrage filmé avec un maigre budget et beaucoup de courage dans les conditions difficiles du Yémen. Elle l'est encore plus lorsqu'on apprend que le film n'aurait jamais été présenté au FFO n'eût été un peu d'aide du destin.

«Le film m'a été envoyé par la réalisatrice, que je ne connaissais, avec un lien sur Vimeo. On en reçoit beaucoup comme ça et j'ai fini par perdre le lien, a expliqué le président et fondateur du FFO, Didier Farré, durant la cérémonie de clôture du festival, vendredi soir. On m'a dit deux ou trois qu'il fallait que je voie ce film. Lorsque j'étais en visite à Paris, un ami m'a invité à dîner. Je me suis rendu à l'adresse croyant trouver un restaurant, j'étais plutôt chez la réalisatrice.»

Un film poignant

Didier Farré dit avoir été bouleversé par ce film coup-de-poing qui illustre la réalité de jeunes filles yéménites forcées de se marier, parfois vendues par leur père. Une réalité qu'a connue la réalisatrice du film, Khadija Al-Salami. Le jury du Prix de la critique a aussi eu un coup de coeur pour cette histoire brutale.

«Il y avait quelques petits problèmes de réalisation, mais le coeur était là et tout le monde a voulu récompenser ça et donner un coup de pouce à ce film», a expliqué vendredi soir Maurice Graffin, membre du jury du Prix de la critique.

«On m'a dit deux ou trois qu'il fallait que je voie ce film. Lorsque j'étais en visite à Paris, un ami m'a invité à dîner. Je me suis rendu à l'adresse croyant trouver un restaurant, j'étais plutôt chez la réalisatrice.»

Didier Farré
président et fondateur du FFO
Le président et fondateur du FFO, Didier Farré,... (Etienne Ranger, LeDroit) - image 3.0

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Le président et fondateur du FFO, Didier Farré, dit avoir été bouleversé par ce film coup-de-poing.

Etienne Ranger, LeDroit

Mme Al-Salami n'était malheureusement plus en ville, vendredi, lors de la remise des Totems d'or. M. Farré soutient cependant avoir été en contact avec elle pour lui annoncer ses victoires. La réalisatrice yéménite était évidemment très heureuse d'apprendre la nouvelle, dit-il.

Un autre film qui traite de l'enfance dans un milieu conservateur, Mustang du réalisateur franco-turc Deniz Gamze Ergüven, a quant à lui remporté le Prix du jury.

Le président et fondateur du FFO s'est dit ravi de l'accueil du public de l'Outaouais pour ces films étrangers aux récits bouleversants.

«Cette année, le thème principal est définitivement l'exploitation de l'enfance. [...] C'est prendre des enfants pour des esclaves, pratiquement, et leur imposer des vieilles traditions qui sont dépassées complètement.»

Didier Farré note que la Turquie dépeinte dans Mustang, et la réalité d'autres pays comme l'Iran et la Tunisie, le désole particulièrement. Il parle de pays autrefois modernes où la liberté a pris un recul au cours des dernières années au nom de ces traditions religieuses.

«J'ai l'impression qu'on va en arrière un peu», conclut l'homme derrière le FFO.

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