Mobile étoile: musique, rythme et impro ***

Géraldine Pailhas interprète une chanteuse qui ne vit que... (Fournie par Filmoption International)

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Géraldine Pailhas interprète une chanteuse qui ne vit que pour et par la musique dans Mobile étoile.

Fournie par Filmoption International

Le DroitYves Bergeras 3/5

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CRITIQUE / Le réalisateur français Raphaël Nadjari s'est très bien dépatouillé avec un sujet pourtant pas «facile» - la musique sacrée - sans doute un peu pointu pour séduire à l'aveugle le grand public.

Coproduction franco-québécoise ayant pour cadre Montréal, Mobile Étoile s'inscrit dans la lignée de Gabrielle et La passion d'Augustine, deux récits où la musique fait partie intégrante du sujet, même si le film n'a pas tout à fait la même force de séduction ni le même impact émotionnel que ses deux récents prédécesseurs. 

Le premier rôle - Hannah, une chanteuse lyrique/mère de famille - a été confié à Géraldine Pailhas (vue au Québec dans les films de François Ozon), qui livre en finesse une prestation où force et douceur, fragilité et entêtement, s'entremêlent sans qu'on sache (et c'est le but) quel aspect de sa personnalité finira par l'emporter.

Dans la peau de son mari Daniel, compositeur et pianiste de talent, qui l'accompagne fidèlement en récital mais perd parfois patience dans le dédale des demandes de subventions, Luc Picard lui donne la réplique en faisant preuve d'une belle retenue. 

Éléonore Lagacé (30 vies, Unité 9) insuffle sa sympathique énergie à Abigail, jeune chanteuse que recrute le tandem, mais dont l'enthousiasme n'aura pas l'heur de plaire aux puristes.

Le flair de M. Nadjari (dont Mobile étoile est le 8e film) aura été son premier grand atout. Mme Lagacé, comédienne et chanteuse découverte dans La Voix 3 - elle est aussi la fille de Natalie Choquette, laquelle fait une brève apparition, prête sa voix à Géraldine Pailhas pour les (très agréables) parties chantées, et a conseillé musicalement la production - convenait parfaitement au rôle. Son charisme est à la hauteur de celui des deux têtes d'affiche et des rôles secondaires, vaillamment défendus par Raymond Cloutier, Felicia Schulman et le chanteur Paul Kunigis.

Portrait de famille (le couple s'accompagne de leur fils violoniste) et étude socioculturelle du milieu artistique, le film dépeint très bien le processus créatif, chemin parsemé de sables mouvants, de doutes et de petites galères administratives. 

Malgré son rythme lento, le film réussit à envelopper le spectateur dans de jolies harmonies, en clef de sol grâce aux frictions entre les deux rôles féminins; en clef de fa grâce à l'enquête que mène Hannah pour mettre la main sur une partition, rare et ancienne (subtiles et instructives, les scènes de restauration et de re-création de ce document abîmé, donc incomplet, nous ont séduit); en clef d'ut grâce aux émouvantes séquences chantées. 

Une grande partie de l'intérêt de Mobile Étoile n'est pas perceptible immédiatement: aucun dialogue n'ayant été écrit avant le tournage, les comédiens ont eux aussi dû créer le film et leurs répliques à chaque pas (en respectant bien entendu les paramètres du scénario). 

Après avoir été projeté en primeur au Festival du film de l'Outaouais, Mobile Étoile a pris l'affiche le 25 mars.

=> Au générique

  • Cote: ***
  • Titre: Mobile étoile
  • Genre: drame musical
  • Réalisateur: Raphaël Nadjari
  • Acteurs: Géraldine Pailhas, Luc Picard et Éléonore Lagacé
  • Classement: général
  • Durée: 1h58

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