Botanistes en herbe

Oui, «ça sent la mouffette», à cause de la présence de multiples plants de... (Courtoisie)

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Courtoisie

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Oui, «ça sent la mouffette», à cause de la présence de multiples plants de pot. Mais ce serait bien mal connaître le réalisateur Louis Bélanger (Gas Bar Blues) que de rentrer dans la salle de projection des Mauvaise herbes en pensant inhaler une comédie grassement marijuaneuse.

Certes, voir Alexis Martin courir en pleine cambrousse, dans la neige, en costume du XVIIe siècle (il joue un comédien de théâtre classique, aux prises avec des dettes de jeu, et poursuivi par un shylock montréalais) est surréaliste et fort distrayant, mais on ne s'étouffera pas - de rire - devant les gags.

On ricanera toutefois souvent, et on se délectera des répliques savoureuses - dont ce «J'ai un beau rôle de jardinier pour toi», que lui assènera Simon (Gilles Renaud), lequel ne connaît pas Molière, mais fait un beau Misanthrope moderne, lui qui a reconverti sa vieille ferme isolée en serre à mariculture. Simon a besoin de bras pour la saison. L'autre, Jacques, a clairement besoin de se cacher quelque temps.

Les deux botanistes amateurs devront d'abord s'apprivoiser. Puis s'occuper à leur manière d'une employée de l'Hydro un peu trop curieuse (l'Ottavienne Emmanuelle Lussier-Martinez, dont la prestation lui assure ici une place de choix parmi les révélations cinématographiques de l'année). 

Louis Bélanger (et Alexis Martin, aussi coscénariste) trouve toujours le ton juste pour mettre en lumière les relations de ce trio de «mauvaises herbes», qui reposent en équilibre précaire, vu la nature de leurs arrangements. 

Le réalisateur ne sacrifie aucunement la vérité documentaire d'une telle entreprise, dépeinte sur le ton de «c'est illégal, mais pas criminel». Évidemment, «bon enfant» ne veut pas dire «pas dangereux». 

Mais son sujet n'est qu'un prétexte pour planter une tout autre graine. Une fois de plus, c'est de la «famille» - au sens le plus large qui soit - que traite Bélanger. Il sera donc question des liens d'entraide et de l'attention qu'on porte à l'autre... laquelle n'est fondamentalement pas différente des soins quotidiens que le trio porte à ses plantes. Cette semence donnera de riches fruits. 

Le huis-clos a aussi des allures de western rural, puisqu'on lui bouture le personnage de Pattenaude, ce shylock déconcertant qu'interpréte Luc Picard. Intense à chaque prise de vue, il oscille entre le psychopathe, le businessman doux-dur contrarié et l'abruti dangereux, honteux de devoir courir après un «plus cave» que lui.

Gageons que la gang des Mauvaises herbes fera une très bonne récolte au box-office. Maglré quelques raccourcis dans le scénario, ils ne l'auront pas volée.

«Les mauvaises herbes», de Louis Bélanger

Avec Alexis Martin, Gilles Renaud, Emmanuelle Lussier-Martinez, Luc Picard

Cote: *** 1/2

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