Un festival de documentaires

Sophie Lambert... (Courtoisie, Benoit Guérin)

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Sophie Lambert

Courtoisie, Benoit Guérin

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Le Droit

L'Université du Québec en Outaouais (UQO) s'est encore une fois greffée au Festival du film de l'Outaouais (FFO) pour offrir des projections gratuites de films documentaires.

Du 17 au 24 mars (à l'exception de la soirée organisée en l'honneur de Matthiew Klinck, le 22), l'Université accueillera chaque jour un long métrage réalisé sous l'égide de l'Office national du film du Canada. 

En outre, Ici Radio-Canada y présentera La journée du documentaire, samedi 19 mars. Il s'agit d'une petite nouveauté de cette 18e édition du FFO.

De 13 h à 16 h, les cinéphiles pourront découvrir en rafale cinq documentaires ayant un lien avec Ottawa-Gatineau: Qui prend l'hiver prend pays; À la recherche de Dan Cooper; Vert d'envie! Question de déchets; Dans l'ombre - de Christian Lalonde, photographe; ainsi que Samuel de Champlain: visionnaire du Nouveau-Monde.

Le documentaire de Michel La Veaux Hôtel La Louisiane sera quant à lui diffusé au Cinéma 9 le 18 mars, à 12h30, et au Cinéma Aylmer le 21 mars à 16h30.

Par ailleurs, l'UQO accueille le 22 mars une soirée hommage au réalisateur gatinois Matthiew Klinck, récemment décédé au Belize dans des circonstances tragiques, à laquelle prendront part ses parents, ainsi que le président du FFO, Didier Farré, et la réalisatrice Annie Coutu. Le film de M. Klinck, Greg & Gentillon, sera projeté à cette occasion.

Demandez le programme:

Jeudi 17 (19 h): Pipeline, pouvoir et démocratie, de Olivier Asselin 

Vendredi 18 (19 h): Quand ferme l'usine, de Simon Rodrigue 

Samedi 19 (17 h): L'amour au temps du numérique, de Sophie Lambert. Un débat avec la réalisatrice suivra. 

Dimanche 20 (19 h): Ruse ou traités? d'Alanis Obomsawin. 

Lundi 21 (19 h): Semeurs d'espoirs en terres arides, de Hélène Klodawsky

Mardi 22 (19 h): Soirée hommage à Matthiew Klinck

Mercredi 23 (19 h): Le commerce du sexe, de Ève Lamont 

Jeudi 24 (19 h): Le Jugement d'Hadwin, de Sasha Snow

Hommes de machines, jobs de papier

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Courtoisie

Après s'être penché sur le patrimoine forestier du Québec dans Hommes-des-Bois, le documentariste Simon Rodrigue s'est intéressé au déclin de l'industrie des pâtes et papier au Canada. 

Dans son nouveau film, il a tendu son micro à d'anciens travailleurs de la C.I.P. de l'ancienne «capitale du papier», Trois-Rivières, d'où le réalisateur est originaire, mais il s'est aussi rendu au Nouveau-Brunswick, pour évoquer la tristesse et les désillusions, et dans le nord de l'Ontario, pour observer l'impact à long terme qu'ont les fermetures des «moulins» dans les petites communautés rurales éloignées. 

Quand ferme l'usine a été projeté en première mondiale à Montréal aux Rendez-vous du cinéma québécois en février dernier. Le public d'ici le découvrira le 18 mars, lors d'une projection gratuite organisée à l'Université du Québec en Outaouais (à 19h). 

Simon Rodrigue se réjouit de pouvoir enfin présenter son film dans une région dont l'histoire est «ancrée dans les pâtes et papiers». Il espère que son film attirera les employés - ou ex-employés - des papetières, et que les témoignages et souvenirs fuseront à l'issue de cette projection, à laquelle il assistera. «J'espère qu'il y aura une période de questions-réponses, car c'est justement là le sens de ma démarche.»

«Depuis la signature de l'ALÉNA, en 1992, la moitié des papetières du Québec ont fermé leurs portes», rappelle Simon Rodrigue dans ce documentaire d'une heure produit par l'Office national du film du Canada (ONF).

Quand ferme l'usine ne cherche toutefois pas à documenter les fermetures récentes, mais celles qui se sont produites dans les années 1990, quand cette industrie était encore un fleuron économique.

Des villes à la merci des papetières 

«Je ne voulais pas traiter de ce sujet dans l'urgence de l'actualité», explique le réalisateur. Dans les bulletins de nouvelles, la voix des employés se résume à des clips de quelques secondes, derrière les chiffres froids qui règnent en maître. Son film fait le contraire. 

Le temps écoulé lui permet de s'adresser à «des intervenants capables d'avoir un regard critique, une analyse un peu différente». Et d'observer si leurs plaies cicatrisent. Le constat reste amer.

Le film ne cherche jamais à relayer le discours des propriétaires, dirigeants ou gestionnaires, préférant «donner la parole à ceux qu'on entend moins». 

Sans multiplier les points de vue - «certains n'ont pas réussi à tourner la page, et préfèrent ne pas parler devant la caméra» - Simon Rodrigue se fait le porte-voix de multiples douleurs.

Il montre le sentiment de trahison face aux «annonces subites» des papetières. Évoque l'indignité des retraites miniatures. Dépeint les difficultés qu'ont les communautés à se reconstruire économiquement. Dans le Nord ontarien, il filme la sensation d'abandon, l'impression de débâcle. Car ces gens, témoigne-t-il, se sentent pris au piège d'une ex-boomtown désormais agonisante, propriétaires de maisons invendables, une fois le moteur économique disparu.

 «Ils sont partis sournois[ement]. Tout a été débâti. Ils ne voulaient pas qu'un compétiteur récupère les installations», témoigne un ex-employé de l'usine Tembec, à Smooth Rock Falls.

Le ton n'est toutefois pas à la diatribe mais aux regrets. «Je n'ai pas voulu signer une grande critique. Le film est plutôt un avertissement, qui, j'espère, peut servir aux gens qui travaillent dans d'autres industries liées à l'exploitation des ressources naturelles. Les communautés sont à la merci des décisions des gouvernements et des compagnies.» 

Et malgré les «bonnes intentions» politiques, l'accord de libre-échange «a donné toute la latitude aux papetières pour déménager au Mexique, où la main-d'oeuvre était moins chère, ou aux États-Unis, où la fibre était plus accessible» - grâce à l'eucalyptus, qui croît plus vite que nos essences.

Yves Bergeras, LeDroit

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