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Chasse-galerie, la légende: un conte pas très malin **1/2

Certes, cette Chasse-galerie distille des éléments fantastiques qui l'éloignent de... (Courtoisie)

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Certes, cette Chasse-galerie distille des éléments fantastiques qui l'éloignent de l'univers de Claude-Henri Grignon, mais bien peu finalement.

Courtoisie

Le DroitYves Bergeras 2/5

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CRITIQUE / Difficile d'imaginer le plaisir qu'on aurait pu avoir si le film Chasse-galerie: la légende était sorti, comme prévu, deux mois plus tôt... C'est à dire avant que le grand public n'ait la chance de redécouvrir Les pays d'en haut à la télévision.

Certes, cette Chasse-galerie distille des éléments fantastiques qui l'éloignent de l'univers de Claude-Henri Grignon, mais bien peu finalement. Abstraction faite de la présence du Malin, d'un canot volant et d'une malédiction discrète, on s'attend presque à voir débarquer au détour d'une image le curé Labelle ou Donalda. 

D'autant que le récit (campé à Lavaltrie, en 1888) s'articule autour d'un jeune couple: le bûcheron Jos Lebel et la mercière Liza Gilbert mise en péril par une tierce partie. Leur relation n'est pas sans rappeler l'amour que Donalda voue au bel Alexis, et aux magouilles de Séraphin Poudrier pour les éloigner l'un de l'autre. 

Mais c'est bien la faute de ce retard - les effets spéciaux n'ont pu être complétés à temps - et non celle du réalisateur Jean-Philippe Duval (Dédé, à travers les brumes; la télésérie Unité 9), ni celle du scénariste Guillaume Vigneault, si leur Chasse-galerie a un petit goût de réchauffé.

Chasse-galerie propose de très jolis panoramas du Québec ancestral et rural, à travers des images juste assez sombres pour étoffer l'ambiance inquiétante, mais soignant l'esthétique des clairs-obscurs.

Le film navigue à cheval (et parfois en canot) entre le réalisme magique de l'univers de Fred Pellerin (ou le récit rétro-fantastique à la Le Poil de la bête) et le drame historique plus conventionnel, autour d'une histoire de pacte diabolique et de malédiction familiale qui ne parvient jamais réellement à nous convaincre ni à nous surprendre. 

Parlant de bête sauvage, Francis Ducharme (Corbo) confère à son Jos un petit air de Wolverine. Sa presque-fiancée, Liza, femme de caractère avec qui il vit dans le péché à l'insu du village, est campée par Caroline Dhavernas (De père en flic; la série Hannibal).

S'ils sont convaincants dans leur rôle respectif, ces deux personnages plutôt fades ne leur permettent guère de sortir des sentiers battus.

On n'a rien à reprocher non plus à... (Courtoisie) - image 2.0

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On n'a rien à reprocher non plus à Vincent-Guillaume Otis, qui défend avec l'humilité nécessaire son personnage d'amoureux transi, pétri de bonnes et de moins bonnes intentions.

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On n'a rien à reprocher non plus à Vincent-Guillaume Otis (La maison du pêcheurSérie noire), qui défend avec l'humilité nécessaire son personnage d'amoureux transi, pétri de bonnes et de moins bonnes intentions. Pas plus qu'à Julie LeBreton, venue faire un (tout petit) tour. Mais ces archétypes sont plus utilitaires qu'intéressants.

La vie sur les chantiers

Le titre Chasse-galerie: le drame romantico-historique-à-saveur-vaguement-fantastique aurait été moins décevant que Chasse-galerie: la légende.

L'aspect documentaire - les dangers et difficultés de la vie des bûcherons - du film devient vite plus intéressant que sa dimension fantastique. Laquelle est de toute façon visuellement réduite à peau de chagrin: on ne verra jamais le canot s'envoler de façon spectaculaire; quelques énigmatiques gestes de la main suffiront pour exprimer les sinistres agissements de Jack Murphy, campé par François Papineau.

Le Satan campé par François Papineau est un... (Courtoisie) - image 3.0

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Le Satan campé par François Papineau est un peu tiède, ne se distinguant ni par sa flamboyance, ni par son côté lugubre.

Courtoisie

Ce Satan (devine-t-on vite à sa barbiche) est un peu tiède, ne se distinguant ni par sa flamboyance, ni par son côté lugubre. Il est «à l'ancienne», très platement humain. Mais comme il déambule, parmi tous ces braves et humbles (et corruptibles) travailleurs Québécois, attifé d'une redingote, d'un haut-de-forme et d'un accent anglais, il doit sûrement être très méchant!

(Oui, on connaît le vers voulant que «la plus belle des ruses du Diable est de vous persuader qu'il n'existe pas». Mais Baudelaire n'est pas diplômé en théologie...)

Cette randonnée dans le canot de Jean-Philippe Duval n'est pas d'un mortel ennui, mais on attendait davantage de substance, d'imagination et de souffre de la part du réalisateur de Dédé, à travers les brumes.

La plus jolie surprise du film, c'est la participation conséquente du truculent Fabien Cloutier, qui campe le taciturne McDuff, en charge du ravitaillement du chantier forestier. Un rôle secondaire - mais plus riche d'ambiguïtés que les rôles-titres - qu'il défend avec une remarquable aisance.

***

=> Au générique

  • Cote: **1/2
  • Titre: Chasse-galerie: la légende
  • Genre: drame fantastique
  • Réalisateur: Jean-Philippe Duval
  • Acteurs: Francis Ducharme, Caroline Dhavernas, François Papineau, Vincent-Guillaume Otis
  • Classement: général
  • Durée: 1h49

Bande-annonce de «Chasse-galerie: la légende»

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