Les émotions intérieures de Sophie Nélisse

Sophie Nélisse... (Olivier Pontbriand, Archives La Presse)

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Sophie Nélisse

Olivier Pontbriand, Archives La Presse

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Malgré la complexité narrative et la chronologie énigmatique d'Endorphine, Sophie Nélisse s'est glissée sans difficulté dans la peau du personnage de Simone. De Simone 1, faut-il préciser, puisque trois Simone(s) se font écho dans le nouveau film d'André Turpin.

«Simone 1 vit un choc post-traumatique dû à la mort de sa mère, auquel elle a assisté. Elle est coupée de toutes ses émotions et va essayer de faire des choses étranges pour ressentir une émotion, combler le vide en elle», explique la comédienne de 15 ans, originaire de Windsor, en Ontario. 

Si Simone semble «réagir de façon incontrôlable», c'est pour mieux défier son corps, qui a trouvé une stratégie «pour ne pas ressentir la douleur ou la culpabilité».  «Elle vit un shutdown corporel. C'est peut-être un peu extrême, mais pas forcément bizarre.»

L'étrangeté de son comportement mis à part, le personnage n'est finalement pas très éloigné d'elle.

«Au début, elle est très semblable à moi. D'ailleurs, on a improvisé beaucoup de scènes. C'est donc moi, tel que je parle à mon père dans la vie, raconte Sophie Nélisse. Mais une fois que Simone se coupe de ses émotions ou qu'elle essaie de frencher son cousin, on est plus différentes.»

Nouveau défi

Son personnage, explique-t-elle, ne suit pas un arc dramatique mais les «étapes d'une progression mentale» - de l'état de résistance à celui d'abandon - lorsque sa thérapeute, la plaçant sous hypnose, lui demande de retourner dans le passé. D'abord craintive, «elle va s'évanouir, parce qu'elle ne veut pas y aller; à la deuxième session, elle va essayer» sans y parvenir.

La non-linéarité du récit d'André Turpin n'a pas déstabilisé la comédienne. «Ma partie à moi est assez simple. [...] C'est au montage que les choses se sont complexifiées un peu». Sur le plateau, «André est un excellent réalisateur, très clair dans ce qu'il recherchait comme émotion, très précis dans ses correctifs. Comme j'étais très bien dirigée, c'était facile pour moi.» 

«Je suis habituée à des rôles où je parle beaucoup. Dans Endorphine, il y a très peu de dialogues. C'est une difficulté parce que j'ai l'impression que [d'habitude] je joue beaucoup avec mon visage, où en travaillant l'intonation de mes phrases... Cette fois, le défi était de jouer avec toutes les émotions intérieures, de montrer les émotions à travers le langage corporel ou le regard.»

Ce rôle lui a permis de parfaire l'apprentissage d'un métier qu'elle maîtrise déjà très bien. Découverte dans Monsieur Lazhar de Philippe Falardeau, appréciée dans la télésérie Les Parent, Sophie Nélisse mène à présent une carrière hollywoodienne. Elle a tourné au côté de Geoffrey Rush dans The Book Thief (récoltant au passage plusieurs prix d'interprétation), et dans Le Prodige, où Tobey Maguire incarne le joueur d'échec Bobby Fischer. 

On la verra cette année dans The Great Gilly Hopkins (avec Glenn Close et Kathy Bates), et dans Wait Till Helen Comes, un thriller d'épouvante signé par le Montréalais Dominic James, dans lequel elle donne la réplique à sa soeur cadette, Isabelle (Màma).

«C'était vraiment le fun d'avoir ma soeur avec moi, parce que c'est toujours d'elle que je m'ennuie le plus quand je suis [en tournage à l'étranger]. Au début, on craignait de rire pendant les prises.» 

Une fois sur le plateau, chacune s'est rendu compte à quel point l'autre était «super professionnelle». Non seulement n'ont-elles pas ri, mais elles se sont au contraire «fâchées». «On s'estime et on s'adore, mais on se chicane beaucoup. Ç'a aidé pour plusieurs scènes où on devait se chicaner. On a juste eu à garder notre énergie.»

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