Star Wars, la force de la créativité

Star Wars émerveille petits et grands depuis 1977. Au point d'être... (Film Frame/Lucasfilm)

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Star Wars émerveille petits et grands depuis 1977. Au point d'être «entré dans l'imaginaire collectif». Mais si l'univers de George Lucas a énormément nourri l'imaginaire des fans, l'inverse est tout aussi vrai, rappelle Catherine Lemieux Lefebvre, qui enseigne le cinéma au Cégep de l'Outaouais.

«Ce qu'il y a de particulier avec Star Wars, c'est que son public se renouvelle. [Chaque nouveau] film s'adresse à la fois à la nouvelle génération et aux anciennes». Chaque nouvelle expansion de cet univers de fiction ramène à elle le public de connaisseurs, qu'ils soient vraiment «fervents» ou simplement nostalgiques de la première trilogie (1977, 1980 et 1983). Mais la série «bénéficie d'un contexte multi-générationnel, où les parents - et sans doute même des grands-parents, à présent - emmènent leurs enfants au cinéma pour voir le nouveau Star Wars en famille».

Cette routine ne s'arrêtera probablement pas avec Le réveil de la force (en salle dès aujourd'hui), car les responsables de ce nouvel opus ont pris soin de rapatrier tous les principaux comédiens de la trilogie originale.

Comme la franchise quarantenaire veille à rester «systématiquement à la fine pointe des nouvelles technologies», elle ne perd rien de son côté «spectaculaire», ni de son attrait pour les jeunes. Ces nouveaux adeptes, qui «vont à leur tour plonger dans les épisodes précédents», voire dans ses produits dérivés, la rendent aussi cool que lucrative.

Son succès se distingue par son internationalité, comme en témoigne sa sortie mondiale. «Cet intérêt-là est partout sur la planète. D'Amérique latine jusqu'en Asie, tout le monde va faire la file en même temps...»

Certains théoriciens arguent que toute «la marchandisation autour des films a largement fabriqué le phénomène», expose-t-elle. Certes, «le grand public s'est approprié les personnages, et n'hésite pas à se déguiser» ou à collectionner.

D'autres estiment que la saga - «un récit relativement classique et manichéen, même si on apporte des nuances, par exemple avec le glissement d'Anakin du côté obscur, tout en restant tourmenté» - doit son succès à un cocktail d'éléments renvoyant tant à la mythologie grecque («ce ne sont pas les mêmes héros, mais ce sont les mêmes archétypes») qu'à «certaines formes de spiritualité» (via le fait qu'on soit «choisi ou béni par cette Force qui est à l'intérieur de nous», ou encore «la relation entre le maître et disciple»).

Catherine Lemieux Lefebvre enseigne le cinéma au Cégep... (Etienne Ranger, LeDroit) - image 2.0

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Catherine Lemieux Lefebvre enseigne le cinéma au Cégep de l'Outaouais.

Etienne Ranger, LeDroit

Quoi qu'il en soit, les qualités intrinsèques de l'histoire, l'impact des effets spéciaux ou l'efficacité de la machine commerciale n'expliquent pas toute l'ampleur d'un engouement «qui transcende les générations, les langues et les barrières culturelles». Et qui vire à la «folie Star Wars» à la veille de chaque nouvel épisode.

Si ce space opéra est devenu culte, c'est aussi en grande partie grâce aux trésors d'imagination déployés par la communauté de fans qui a donné chair, et un supplément d'âme, aux personnages, estime Catherine Lemieux Lefebvre. «La franchise nourrit un phénomène social très puissant, qui finit par s'auto-alimenter.

Les amateurs deviennent encore plus fans parce qu'il existe d'innombrables clins d'oeil et pastiches, et de nombreux autres fans qui réalisent des films ou écrivent des livres» hommages ou parodiques en lien avec Star Wars, dit l'enseignante en mentionnant Joe Nussbaum, qui, en 1999, a réalisé le court métrage George Lucas in Love, réinventant avec humour la genèse de l'épisode IV.

Ce véritable «phénomène de création» rallie beaucoup de personnes qui «se sentent interpellés non seulement par l'univers de George Lucas, mais aussi par le côté rassembleur, créatif, de la communauté de fans elle-même. Et qui vont eux-même se mettre à créer, et à agrandir la mythologie» à travers de multiples clins d'oeil.

De plus, les fans «se sentent écoutés, lorsqu'ils font des suggestions à George Lucas», explique Mme Lemieux Lefebvre. La confrérie des Jedi, rappelle-t-elle, était exclusivement masculine jusqu'à l'épisode III. C'est donc pour satisfaire les nombreux fans que ces femmes Jedi seraient apparues. «Le fait que la communauté puisse avoir une influence sur l'histoire et la mythologie Star Wars les aide probablement beaucoup à se sentir importants et impliqués.»

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