Filmer et parler de la prostitution

Filmé avec une caméra de proximité, le documentaire... (Courtoisie)

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Filmé avec une caméra de proximité, le documentaire Le commerce du sexe aborde frontalement la prostitution.

Courtoisie

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Elles s'appellent Tatiana, Sabrina, Rose, Céleste ou Summer. Leurs mensurations sont commentées et notées sur Internet par leurs clients. «Tu choisis la fille, c'est comme de la pizza, elle t'est livrée à l'hôtel ou chez toi, c'est comme tu veux», parole de proxénète.

Filmé avec une caméra de proximité, le documentaire Le commerce du sexe aborde frontalement la prostitution.

Après avoir montré la réalité des «travailleuses du sexe» en leur donnant la parole dans L'imposture (2010), Ève Lamont dirige sa caméra vers «ceux qui tiennent les ficelles du système», clients et souteneurs. La réalisatrice originaire du secteur Hull présentera son dernier documentaire le 25 novembre à 19h30, à la salle Jean-Despréz de la Maison du citoyen. Une projection gratuite suivie d'un débat avec le COCES (Collectif de l'Outaouais contre l'exploitation sexuelle), dans le cadre des 12 jours d'action pour l'élimination des violences envers les femmes.

Visages cachés et voix parfois transformées, hommes et femmes se confient. «Je n'étais pas un pimp, plutôt un trésorier», se dédouane l'un des intervenants reconverti en boxeur. Certains s'assument pleinement et se considèrent presque comme des bienfaiteurs. «Personne n'est obligé de le faire, ce sont elles-autres qui décident, croit un client. J'ai l'impression que je leur rends service, on a du plaisir ensemble.» 

Peu osent s'exprimer si franchement et ce sont justement ces paroles qui ont intéressé la cinéaste Ève Lamont. Elle expose sans tabou ni jugement témoignages et images du milieu de la prostitution. Des centaines de personnes concernées ont été interviewées au fil d'une enquête qui s'appuie sur neuf ans de recherches.

Liaisons dangereuses

Les travailleuses du sexe ont elles aussi la parole. Elles confient les abus, la toxicomanie, leurs difficultés à travailler de manière autonome et sans proxénète, les heures de travail impossibles ou encore les clichés attribués en fonction de leurs origines et couleur de peau.

La réalisatrice Ève Lamont... (Courtoisie) - image 2.0

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La réalisatrice Ève Lamont

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«J'ai voulu démasquer le système, faire ressortir certains traits de ce marché sexiste, raciste et colonialiste qui s'est grandement développé avec la mondialisation et Internet», explique la réalisatrice.

Le recrutement des filles s'effectue partout, mais surtout sur la Toile, où l'on vise «les jeunes entre 14 et 22 ans». L'accessibilité de la pornographie sur Internet aurait également dopé le commerce du sexe. «Les hommes veulent reproduire ce qu'ils ont vu dans des films pornos, explique une spécialiste. Ils se tournent donc vers la prostitution.»

Le documentaire rappelle que le Canada constitue une destination de tourisme sexuel très prisée des Américains, en particulier Montréal qui comprend 30 clubs de danseuses, 200 salons de «massage», sans compter les agences d'escortes. «On se compare à Vegas», affirme sans détour un policier d'une brigade montréalaise.

Différents intervenants, différents points de vue et pas vraiment de réponses aux questions qui se posent sur ce sujet: comment tolérer une société où l'on sacrifie les femmes sur l'autel de la démocratie? Est-ce un problème moral ou humain? Les hommes se sentent-ils dépossédés de leur pouvoir à la maison? ... Y répondre n'était visiblement pas le propos de la réalisatrice qui préfère les débats en fin de projections afin que chacun se forge son jugement.

Pour y aller

Quand? Mercredi 25 novembre, 19h30

Où? Salle Jean-Despréz

Renseignements: 819-243-8000

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