• Le Droit > 
  • Arts > 
  • Cinéma 
  • La guerre des tuques 3D: sans dommage collatéral ***1/2 

La guerre des tuques 3D: sans dommage collatéral ***1/2

Le passage à l'animation n'a pas trop altéré... (PHOTO FOURNIE PAR FILMS SÉVILLE)

Agrandir

Le passage à l'animation n'a pas trop altéré l'ode à l'imaginaire de l'enfance et à l'amitié, l'âme hivernale et la fraîcheur de La guerre des tuques.

PHOTO FOURNIE PAR FILMS SÉVILLE

Le DroitYves Bergeras 3/5

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

La guerre, la guerre... c'est pas une raison pour récidiver! Et bien si!

Trente et un ans après l'original, le producteur Rock Demers a daigné laisser refaire le premier des Contes pour tous. Comme la nouvelle bataille de La guerre des tuques ne se passe pas sur le front de l'animation, elle n'abîme pas le film culte - et s'en fait même un bel écho.

Pressentant que chercher à reproduire les émotions des jeunes comédiens et le tumulte intériorisé du personnage central était une entreprise vouée à l'échec, l'équipe de production a reformaté en profondeur Luc, ainsi que sa relation aux autres. En 2015, l'ex-boss des bécosses est un leader nettement plus conciliant et sympathique. Et s'il prend encore parfois des décisions fâcheuses, toute "méchanceté" ou surenchère martiale est dictée par le groupe, qui fonctionne de façon beaucoup plus démocratique et civile.

Dans cette nouvelle salve, la bande d'enfants est d'ailleurs plus soudée; en cette ère moderne où toute forme d'exclusion fait sourciller, on a préféré retravailler certains menus détails du scénario. La cohésion du groupe n'empêche heureusement pas chaque personnage d'exprimer son identité propre, façon film choral.

Le réalisateur Jean-François Pouliot (La grande séduction) a tout de même gardé l'essentiel: les personnages, la trame narrative, l'ambiance, la relation affective teintée de rivalité (traitée de façon moins «naïve» qu'en 1984) entre Luc et Sophie, et - ouf! - les répliques incontournables. Auxquelles s'ajoutent de savoureuses nouvelles. 

Le film se destinant au marché international, on craignait un polissage qui aurait pu affecter le dénouement originel, lequel faisait vaciller le jeune spectateur du rire aux larmes. Il n'en est rien. C'est déjà une victoire...

Le film mise logiquement sur les atouts qu'offre l'animation. La cure de jouvence bénéficie en premier lieu au «fort», outillé d'une panoplie de machines infernales jubilatoire (génératrice de munitions, système d'approvisionnement automatisé, lanceur de boules à pédale, etc.) créées par l'ingénieur en chef François les lunettes, à qui Hélène Bourgois-Leclerc prête sa voix.

Deuxième gagnant: les «cascades» destinées à dynamiser le récit, telle la course-poursuite-ballet-amoureux entre Luc et Sophie (qui à ski, qui en surf), ou les cascades dans le «passage secret», bien exploité pour les générations nourries aux jeux vidéo.

Charme d'antan

Ceci dit, la technologie stéréoscopique (la «3D») n'est pas utilisée de façon criarde ou «moderniste». Elle est au contraire très respectueuse de l'esprit d'origine de La guerre des tuques. L'environnement numérique a soigneusement conservé le charme d'antan, très «carte postale», du décor rural: un village de bicoques qui chambranlent dans le frimas, et la vieille grange déglinguée, aux clous apparents, qui servira de QG.

Cela n'enlève rien à la qualité générale des textures (cheveux, lainages) et des reliefs, ni au charme du design des personnages, quant à lui moderne. Chapeau au directeur artistique, Philippe Arseneau Bussières, et au coréalisateur du film, François Brisson, un graphiste spécialisé dans l'animation (Le Marsupilami; Robinson Sucroë)!

Autre atout du remake: le talent vocal. Dans le film original, de nombreux dialogues étaient servis sur un même ton monocorde. Cette fois, les voix ont été confiées à des pros du doublage (dont Nicholas Savard-L'Herbier et Mariloup Wolfe, pour Luc et Sophie). La différence qualitative est notable. Les intonations gagnent en dynamisme et en efficacité.

Plusieurs personnages ont pris de l'étoffe. C'est le cas de Chabot (Gildor Roy, impayable) et des jumeaux Leroux, presque slapstick (André Sauvé, à qui le rôle va comme quatre mitaines). Mais on aurait pris plus de Ti-Guy la Lune (Hugolin Chevrette), ici moins dans la neutralité suisse que dans une forme légère d'activisme pacificateur, et de Lucie (Sophie Cadieux), adorable mini-grande gueule. Ce n'est sans doute que partie remise, puisque les belligérants sont prêts...

Bande-annonce de «La guerre des tuques 3D»

=> Au générique

  • Cote: ***1/2
  • Titre: La guerre des tuques 3D
  • Genre: animation
  • Réalisateurs: Jean-François Pouliot et François Brisson
  • Classement: général
  • Durée: 1h24

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer