Patrick Huard, politicien de rêve

Suzanne Clément, Patrick Huard, Irdens Exantus, Clémence Dufresne-Deslières... (Etienne Ranger, LeDroit)

Agrandir

Suzanne Clément, Patrick Huard, Irdens Exantus, Clémence Dufresne-Deslières et Luc Déry étaient de passage à Gatineau hier pour la sortie du film Guibord s'en va-t-en guerre.

Etienne Ranger, LeDroit

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

Patrick Huard se réjouit d'avoir été élu par Philippe Falardeau pour camper Steve Guibord - ce député indépendant qui, dans Guibord s'en va-t-en guerre, hérite de la balance du pouvoir. Sa voix déterminera si le Canada entre ou non en guerre.

«J'avais depuis longtemps envie de tourner» avec le réalisateur gatinois, lance le comédien, séduit par «l'aspect humain» de ce scénario qu'il a fébrilement dévoré «comme un roman».

«Ça m'a désarçonné, parce que je pensais avoir affaire à une satire uniquement politique.» Le film, s'est-il rendu compte, se penche avant tout sur un homme, explorant «ses relations avec sa femme et sa famille, son amitié avec son stagiaire haïtien, ses liens dans sa communauté ou avec les Amérindiens».

Sous sa cravate, Guibord est «un gars très simple, parachuté dans ce milieu. Il a appris le métier sur le tas, mais c'est un gars droit et bien intentionné: il essaie de faire la bonne chose, et malgré les tentations, ne déroge pas à ses principes».

Patrick Huard a donc eu l'envie «de créer l'homme politique pour qui je voterai. Je me suis inspiré de certains politiciens mais, surtout, d'un politicien de fantasmes» afin de camper cet homme «à l'écoute, qui se sent sincèrement concerné et cherche une façon de faire la différence».

Si le député semble souvent branler dans le manche - pris dans une valse hésitation qui tient autant à sa vision de la démocratie qu'à certaines tractations politiques en coulisses - alors que son entourage a des positions plutôt tranchées, Guibord n'est «pas plus dépassé qu'on ne le serait, dans sa situation», le défend Patrick Huard, rencontrés à quelques heures de l'avant-première gatinoise du film, qui avait lieu mardi soir au Cinéma 9.

«Je n'imagine pas une seule personne qui, au moment de décider si son pays va en guerre ou non, ne serait pas dépassée. Surtout s'il consulte tout le monde. Plus tu consultes, poursuit-il, plus ton idée devient affectée [par les opinions], et plus ça devient complexe de trouver une solution globale qui va plaire à tout le monde.»

Le film marche «sur un fil de fer, à cheval sur plusieurs genres», estime Patrick Huard. «C'est un buddy movie, avec ces deux amis improbables, un road movie, puisqu'ils se promènent partout; certaines scènes de famille touchent presque à la comédie romantique; c'est aussi une satire politique; et Philippe a amené ce côté réaliste. Il y a beaucoup de couches.»

Mais les comédiens ont rapidement su comment doser leur jeu. Philippe Falardeau «sait exprimer sa vision avec beaucoup de clarté. Après quelques jours, on sentait bien où était le ton qu'il cherchait».

Les débuts d'Irdens Exantus

Patrick Huard dit s'être énormément amusé, notamment en... (Etienne Ranger, LeDroit) - image 3.0

Agrandir

Patrick Huard dit s'être énormément amusé, notamment en compagnie d'Irdens Exantus, qui faisait ses premiers pas professionnels dans le rôle du stagiaire Souverain.

Etienne Ranger, LeDroit

Patrick Huard dit s'être énormément amusé sur le tournage, au sein d'une équipe «soudée».

«L'ambiance était extraordinaire. Ce sont les meilleurs, une ligue nationale», dira-t-il de ce «plateau d'exception», composé de Suzanne Clément et Clémence Dufresne-Deslières, ainsi que Robin Aubert et Paul Doucet. Et d'Irdens Exantus, qui faisait ses premiers pas professionnels dans le rôle de Souverain, le stagiaire.

La complicité grandissante entre Guibord et son nouvel adjoint n'a pas eu besoin d'être beaucoup travaillée par le tandem.

«Ce qui se passe à l'écran se passait aussi en vrai. Irdens est arrivé avec ses grands yeux émerveillés [de celui qui tourne] son premier film, et moi j'étais le gars de terrain qui lui expliquait des choses. Et en même temps, sa passion et sa fougue ont été contagieuses pour moi.» «Il me bombardait de questions et, des fois, je lui répondais n'importe quoi, en farce, juste pour voir sa face», rigole le vétéran.

«[Souverain], quel rôle formidable! renchérit Irdens Exantus. C'est un érudit, un intellectuel, mais aussi un jeune homme candide, qui a une vision idéaliste, romantique, de la politique. Il est drôle sans s'en rendre compte», explique le comédien de 21 ans, qui «partage son côté naïf». «Il a tout appris dans les livres, et, au fil du film, il se rendra compte qu'il ne savait rien.»

Son approche théorique perdra beaucoup de sens, une fois confrontée à «l'obligation d'être proche des gens».

«Souverain est fondamental à l'histoire, car c'est lui qui transmet au spectateur tous les mécanismes dont on a besoin pour comprendre».

C'est aussi le personnage derrière lequel a admis se cacher le réalisateur, qui dépeint sa fringante naïveté d'étudiant en sciences politiques. «C'est Philippe, en black... alors c'était de grandes chaussures à remplir. Heureusement, je ne me suis pas tout de suite rendu compte à quel point», sourit le jeune homme d'origine haïtienne.

Irdens Exantus ressort de cette expérience politiquement «moins désengagé». «Avant, j'avais un certain cynisme. [...] Aujourd'hui, je réalise que les politiciens ne sont pas tous corrompus et qu'ils veulent faire changer les choses, même s'ils ne s'y prennent pas toujours de la bonne façon.» 

Guibord s'en va-t-en guerre prend l'affiche vendredi à Gatineau et Ottawa.

Partager

À lire aussi

  • Un film pour retrouver le goût du politique

    Arts

    Un film pour retrouver le goût du politique

    Malgré la controverse qui a entouré son passage à Tout le monde en parle le 27 septembre dernier, Patrick Huard ne croit pas que Guibord s'en va-t-en... »

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer