Félix et Meira représentera le Canada aux Oscars

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Hadas Yaron et Luzer Twersky, dans une scène de Félix et Meira de Maxime Giroux

Courtoisie

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La Presse Canadienne
MONTRÉAL

L'ampleur du budget d'un film n'est pas toujours garant de sa qualité.

C'est là une des leçons que l'on peut tirer de la soumission canadienne en vue des nominations pour l'Oscar du meilleur film en langue étrangère, soit le long métrage Félix et Meira, du réalisateur Maxime Giroux.

Téléfilm Canada a en effet dévoilé, vendredi à Montréal, que l'élu du septième art qui représentera le Canada à Hollywood sera ce tableau interculturel aux ambitions et au budget des plus modestes qui a séduit les publics partout où il est passé.

Félix et Meira a en effet été réalisé avec un budget famélique de 800 000$, soit un demi-million de dollars en argent comptant, le reste provenant de commandites.

«Ç'a été un parcours semé d'embûches; ç'a été fait vraiment avec un très petit budget, mais on a toujours eu la foi dans ce film», a dit le coproducteur Sylvain Corbeil, ajoutant que cette soumission était «l'accomplissement d'un parcours assez exceptionnel qu'on n'attendait pas».

«Un film très Montréal»

Le long métrage de Maxime Giroux, qui met en vedette les acteurs Martin Dubreuil, Hadas Yaron, Luzer Twersky et Anne-Élisabeth Bossé, raconte l'histoire d'un amour impossible entre Félix (Dubreuil), un Québécois francophone de Montréal, et Meira (Yaron), une juive hassidique mariée et mère de famille.

«C'est un film très Montréal; c'est un film en français, en anglais, en yiddish», a dit un Maxime Giroux extrêmement heureux en conférence de presse.

Fait à noter, les rôles des juifs hassidiques sont incarnés par des membres issus de cette communauté qui ont choisi de la quitter «avec courage», a signalé le réalisateur.

«Ils ont préféré une autre vie et ce n'est jamais évident pour eux», a-t-il fait valoir.

«C'était un pas énorme à franchir parce que, quand ils quittent, ils sont reniés par leur famille et leur communauté. Leur courage a aussi été une grande source d'inspiration pour nous», a renchéri Sylvain Corbeil.

Le pari pris par l'équipe s'est avéré une réussite inespérée: Félix et Meira a été présenté dans une cinquantaine de festivals et a remporté de nombreux prix, dont celui du meilleur long métrage canadien au Festival international du film de Toronto en 2014.

Il a également été encensé par la critique et vendu pour distribution dans une quinzaine de pays, tout en récoltant des recettes plus que respectables au box-office.

Sa sélection a été déterminée par un comité de 23 personnes qui représentent des agences gouvernementales et des associations de l'industrie cinématographique, sous l'égide de Téléfilm Canada.

Félix et Meira pourrait donc se retrouver en nomination dans la catégorie du Meilleur film en langue étrangère à la célèbre soirée de l'Académie des arts et des sciences du cinéma, le 28 février.

«Quand je regarde les films qui sont allés là, historiquement, les films canadiens qui ont représenté le Canada, je suis très honoré d'être là, vraiment, je suis... wow!», a laissé tomber Maxime Giroux, visiblement ravi de la sélection de son film, dont il a été informé dans les heures ayant précédé l'annonce.

Son film devra toutefois franchir deux autres étapes d'abord, soit de se retrouver sur la «courte liste» de neuf films retenus par l'Académie américaine en décembre, puis être sélectionné parmi les cinq finalistes pour l'Oscar, qui seront connus le 14 janvier.

Le Canada a réussi son pari quatre fois dans les six dernières années, notamment avec les films québécois Incendies, de Denis Villeneuve, Monsieur Lazhar, de Philippe Falardeau et Rebelle, de Kim Nguyen, qui avaient été en nomination aux Oscars.

Par ailleurs, trois films de Denys Arcand ont aussi été en nomination, soit Le Déclin de l'empire américain en 1987, Jésus de Montréal en 1990 et Les Invasions barbares en 2004, qui demeure à ce jour le seul long métrage canadien à avoir emporté la prestigieuse statuette dans cette catégorie.

L'année dernière, le Canada avait sélectionné Mommy, de Xavier Dolan, qui n'avait finalement pas réussi à se frayer une place sur la «courte liste».

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