La fable sur roues de Claude Cloutier

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Plusieurs cinéastes de l'Office national du film du Canada seront à l'honneur du Festival international du film d'animation d'Ottawa, du 16 au 20 septembre. Le festival consacre notamment à Michèle Cournoyer une rétrospective de son oeuvre, à travers 13 films et une exposition de dessin. On pourra aussi y découvrir en grandes premières les nouveaux films de Sheldon Cohen et de Cordell Barker, ainsi qu'Autos Portraits (Carface) de Claude Cloutier, primé à maintes reprises, notamment pour Isabelle au bois dormant, en 2007.

Claude Cloutier a d'abord eu une carrière de bédéiste (on lui doit La légende des Jean-Guy et Gilles la Jungle contre Méchant-Man, tout récemment réédités par La Pastèque), avant de se lancer dans l'animation, sa véritable passion.

Son septième court-métrage, Autos Portraits, est une comédie musicale où des voitures anthropomorphiques entonnent euphoriquement le standard jazz Que Sera Sera (réarrangé par le réputé Jean-Phi Goncalves) pendant que se vide leur jauge à essence. Cette gentille satire permet à Claude Cloutier de «renouer avec l'esprit cartoon, un peu humoristique, après une petite escapade dans le drame» de la Première Guerre mondiale (La tranchée, en 2010).

«Le sujet est sérieux, mais il y avait de la place pour de l'humour», souligne l'animateur, qui, avec Autos Portraits, a voulu «véhiculer un message» autour de la fascination que la voiture exerce sur la société... et sur lui-même. L'animateur a beau être un cycliste assidu et consciencieux, la relation affective qu'il entretient avec sa voiture n'est pas toujours rationnelle, convient-il.

La course à la consommation d'énergie fossile l'inquiète raisonnablement, mais il ne voulait pas que son film verse dans la ligne dure écolo. Il a préféré se tourner vers la fable, l'allégorie, plus propices aux sourires. «C'est un party qui se termine. Et c'est monté comme un paradoxe, pas comme une thèse.»

M. Cloutier «travaille depuis longtemps sur l'anthropomorphisme des voitures», en signant notamment d'étranges portraits où formes humanoïdes et mécaniques s'hybrident. «C'est un vieux rêve de faire parler ou chanter une auto. La correspondance au visage humain est très flagrante, et ça m'a toujours fasciné», sourit-il.

Le plus dur, finalement, a été de trouver la chanson qui allait «donner un sens à cette mécanique», explique-t-il. «Que Sera Sera dégage cette insouciance: 'Tout va bien, on se fout de l'avenir!' Ça m'intéressait d'en faire une petite parabole sur la société industrielle.» Et puis la naïveté de la chanson correspond à l'âge d'or de l'automobile en Amérique, à ce climat d'optimisme de l'après-guerre, remarque-t-il.

Constitué de 4000 dessins, Autos Portraits, a nécessité deux ans et demi de travail (pour cinq minutes de bobine). L'auteur a souvent regretté de s'être embarqué dans cette aventure, lui qui déteste dessiner des voitures. «L'auto est un objet rigide, qui demande une grande précision, sans quoi, on se retrouve à dessiner à un autre modèle. C'est aussi fragile qu'un visage humain. Il fallait aussi faire beaucoup de perspectives. Cette rigidité me déplaisait. [...] Je voulais un style souple, qui puisse leur donner de la vie. Il y a donc eu deux couches au film: la première, au crayon à mine, était pénible mais nécessaire. Seule la dernière couche d'images m'offrait une liberté, mais c'était le dessert.»

Le film est en compétition dans la catégorie «court métrage narratif», projetée au cinéma ByTowne jeudi 17 septembre à 15h et dimanche 20, à 11h.

Pour y aller

Quand? Du 16 au 20 spetembre

Où? Dans divers lieux (cinéma Bytowne, Musée des beaux-arts du Canada, Cour des arts, église St. Brigid, Château Laurier...)

Rensignements: 613-232-8769; www.animationfestival.ca

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