Détestable Ego Trip

Ego Trip... (Courtoisie, Films Séville)

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Ego Trip

Courtoisie, Films Séville

Le DroitIsabelle Brisebois 1/5

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Avec Ego Trip, il est fort à parier que l'équipe d'Infoman s'amuse déjà à dresser sa liste des prix Aurore. À l'affiche depuis cette semaine, la «comédie» de Benoit Pelletier et de François Avard s'illustre par son humour rempli d'inepties, de stéréotypes convenus et de personnages caricaturaux soulignés à grands traits qu'on voudra rapidement effacer de notre mémoire au sortir du cinéma.

Ses cotes d'écoute en dégringolade, Marc Morin, un animateur de talk-show (Patrick Huard) à la répartie méprisante et l'ego démesuré se retrouve sur le siège éjectable, relégué au statut de has-been alors que les célébrités de l'heure s'amusent à faire les beaux jours des chaînes concurrentes.

Son agent (Antoine Bertrand) lui propose donc de faire un séjour dans une ONG québécoise établie en Haïti, à titre de porte-parole, question de revamper son image ternie. Acculé au pied du mur, il acceptera de partir en mission, accompagné sur place de son agente Nataly (Marie-Ève Milot), d'un slammeur-chanteur-amateur de selfie (Gardy Fury) et d'un photographe (Guy Jodoin) à l'empathie jubilatoire qui frôle parfois l'indécence. Dans ses bagages, l'animateur aura pris soin d'apporter ses lunettes d'Occidental demeuré, ouvrant toute grande la porte aux jugements à l'emporte-pièce et aux répliques éculées.

En Haïti, tout devient prétexte aux clichés ambulants: un hôtel insalubre infesté de coquerelles dont le personnel corrompu, évidemment, doit être payé pour faire réparer le climatiseur éternellement défectueux, une ONG broche-à-foin, une séance de photo avec une maigrichonne maquillée de boue - la mouche n'étant pas très loin, une autre fillette pour laquelle Marc Morin craquera... et qui le volera, bien sûr, à son insu, sans oublier un kidnapping bien en règle qui mobilisera le Québec en entier.

Profond malaise il y aura lorsque l'ami photographe reviendra d'une séance d'allaitement pour homme, une expérience transcendante qui l'aura profondément transformé, humainement... et physiquement, ses mamelons ensanglantés sous un chandail blanc en étant la preuve éloquente. Côté interprétation, Guy Jodoin - tout au long du film, en donnera plus que le client en demande, répondant vraisemblablement à la commande du réalisateur.

Ego Trip est truffé de situations gênantes et prévisibles amenées sans aucune nuance qui, hélas, véhiculent des images reçues et des stéréotypes tenaces sur l'aide humanitaire et la pauvreté. Et qui n'apportent absolument rien à la réflexion sur la situation en Haïti, ni au débat, ni même au rire. Ponctués d'un humour infantilisant, facile et vulgaire où même le premier degré est parfois inexistant, les dialogues n'en finissent plus de tomber à plat, voire de tomber sur les nerfs.

Nul besoin de s'étendre davantage sur cette comédie ratée dont on peine, même en se creusant les méninges, à trouver une quelconque qualité cinématographique.

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Ego Trip, de Benoit Pelletier.

Avec Patrick Huard, Guy Jodoin, Marie-Ève Milot, Antoine Bertrand, Gardy Fury et Sandrine Bisson.

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