Jouer avec l'élégance esthétique russe

À travers les cadrages, les costumes, les décors... (Archives, La Presse)

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À travers les cadrages, les costumes, les décors et la lumière, Rafaël Ouellet a voulu évoquer le théâtre et le cinéma russe.

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Tourner Gurov & Anna marque une première pour Rafaël Ouellet: il réalisait ainsi un long métrage dont il n'avait pas écrit le scénario. Ce qui ne l'a pas empêché de travailler «en toute liberté».

Oisive, Mercedes (Sophie Desmarais) est en quête de sens (ations) à donner à son existence et à ses études. Elle décide donc de conquérir son professeur de littérature à l'université. Benjamin (Andreas Apergis) vit auprès de sa conjointe et de leurs deux fillettes. Il traîne toutefois son mal de vivre et son obsession pour une nouvelle de Tchekhov, dans laquelle un certain Gurov (lui-même mari et père) s'éprend de la jeune Anna. Lorsqu'il découvre Mercedes, Ben a l'impression de rencontrer cette Anna qu'il étudie depuis des années. Mercedes, elle, n'hésitera pas à devenir la Anna de Ben...

«Mercedes joue Anna avant même que Ben ne le réalise. Ce n'est pas pour rien qu'on la voit passer de l'étudiante à la femme, quand elle transforme son décor pour se mettre en scène alors que son prof vient la retrouver chez elle la première fois, entre autres», fait valoir Rafaël Ouellet.

Des premières scènes de séduction à celles plus crues, le réalisateur et les comédiens ont travaillé en «trio». M. Ouellet a d'ailleurs créé un horaire de tournage afin de permettre à Sophie Desmarais (Décharge, Sarah préfère la course, Mon ex à moi, entre autres) et Andreas Apergis (19-2, Les jeunes loups,etc.) de s'apprivoiser. «Il était essentiel que tout se fasse dans le plus grand des respects.»

Élégance esthétique

Après ce qu'il qualifie lui-même d'«apparence plus brute» de son précédent film, Camion (mettant en vedette Julien Poulin, couronné du Jutra du meilleur acteur pour son rôle), Rafaël Ouellet a voulu faire ressortir une certaine élégance esthétique dans le traitement visuel de Gurov & Anna. Des cadrages à l'ambiance des scènes (décor, costumes, éclairages), en passant par la présence physique des deux comédiens principaux: tout évoque le théâtre et le cinéma russes. «Le sujet réclamait de préserver cette impression russe, affirme le cinéaste. Ça donne quelque chose de plus calculé, de plus plastique, aussi.»

S'il a pu «penser sa réalisation un peu plus», cette fois, c'est justement parce qu'il ne signait pas le scénario du long métrage. «Il fallait donc que je décode les intentions de Celeste Parr. Le travail derrière la caméra relève alors de quelque chose de plus conscient, soutient-il. Contrairement à Camion, qui était si près de moi que je l'ai travaillé à l'instinct.»

Rafaël Ouellet se prépare à tourner la troisième saison de Nouvelle adresse. «Une maudite belle aventure!» confirme-t-il.

Il est aussi en «perpétuelle écriture» de son prochain long métrage, Arsenault et fils, un drame familial qui plongera au coeur d'un clan de braconniers. En attendant, Gurov & Anna prendra l'affiche vendredi, à Gatineau.

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