La dimension humaine du FLQ au grand écran

Du personnage de Jean Corbo, qu'il campe à l'écran dans le long-métrage de... (Media Films)

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Du personnage de Jean Corbo, qu'il campe à l'écran dans le long-métrage de Mathieu Denis, le jeune Anthony Therrien «aime la façon dont il perçoit le monde et sa façon de se chercher à se construire lui-même», en marge des chemins qu'ont empruntés son père et son frère.

Adolescent de bonne famille, Jean Corbo intégra en 1966 une cellule felquiste et entreprit de participer à la révolution sociale, d'abord en graffitant les murs de la ville, puis en posant des bombes.

«Je n'irai jamais poser de bombe, mais ç'a été vraiment facile pour moi de me mettre dans la peau et dans sa mentalité... radicale - je n'aime pas le terme terroriste - de ce jeune homme qui, en fait, cherche sa personnalité, une densité qui lui soit propre», poursuit en riant le jeune comédien qu'on a pu voir dans Le Torrent.

«Je suis rendu à un point où je m'assume dans mon jeu et dans ma façon d'être. Ça m'a permis de mieux comprendre le processus de quête d'identité de Jean, de mieux le jouer.»

Anthony Therrien se reconnaît dans la «détermination» de Jean Corbo. «J'ai toujours eu le désir d'être moi-même, sans me laisser imposer des opinions par la société ou par mes parents - qui m'ont toujours laissé le choix de devenir ce que je voulais, au point de me laisser faire ce métier-là et de m'encourager.»

En revanche, il partage moins l'idéalisme de son personnage. «Je ne serai pas capable de me rendre jusque-là où Jean se rend. Je ne suis pas très politisé, malgré mes 17 ans. J'ai encore beaucoup à apprendre de la politique et des convictions» qui lui servent de moteur.

L'époque où les convictions pouvaient rapidement et dangereusement enflammer un débat lui semble bien loin. «On ne vit plus dans cette réalité-là» dit-il, avant d'enchaîner sur le fait que la révolution étudiante du printemps érable, à laquelle il n'a pas participé, car il était «trop jeune», demeure à ses yeux «quelque chose de très inspirant».

«Cette détermination dont ont fait preuve les étudiants - et, à une autre époque, le FLQ - je la trouve très honorable. Je n'encourage pas les actions radicales, mais je trouve ça beau, le fait qu'ils descendent dans la rue, qu'ils ne fassent pas preuve de cynisme.»

Les gens ont tendance à percevoir les felquistes «comme une bande de terroristes, mais on oublie qu'il [s'agissait] d'êtres humains qui avaient des choses à dire... et le meilleur moyen qu'ils ont trouvé, puisque les mots selon eux ne servaient plus à rien, c'était de prendre les armes. C'est triste de se dire que la seule solution qui leur restait, c'était de recourir à la violence.»

Mettre le doigt sur l'aspect humain

Corbo, qui prend l'affiche vendredi, met justement le doigt sur la dimension humaine de ce sentiment d'impuissance, estime M. Therrien. Lorsque le film a été présenté au Festival international du film de Toronto, en janvier, «les gens l'ont adoré, justement parce qu'ils ont réalisé que ce n'était pas une bande de terroristes, mais des êtres humains, avec leurs doutes et leurs remords».

Défendre le film devant un public anglophone «était un beau défi, que Mathieu [Denis, le réalisateur] a relevé avec brio. Il a fait une quantité astronomique de recherche. Il a rencontré plein d'anciens felquistes, et la famille de Jean. Sa connaissance du sujet est parfaite. Il était prêt à affronter ce mur.»

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