Les choix des journalistes du Droit

Des films qui marquent

La vie d'un cinéphile est faite de plusieurs films marquants. Certaines oeuvres... (Photomontage LeDroit)

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Le Droit

La vie d'un cinéphile est faite de plusieurs films marquants. Certaines oeuvres nous happent à un moment précis de notre vie et sont imbibées d'un parfum de nostalgie pour le reste de notre vie. D'autres viennent toucher une corde sensible, qui fait rire ou pleurer, qui révolte ou fait rêver, et deviennent du coup « notre film ».

Et si vous ne pouviez en nommer qu'un? Un seul. En marge de l'ouverture officielle du Festival du film de l'Outaouais, vendredi, huit journalistes et chroniqueurs du Droit ont relevé le défi. Enfin, presque...

Splendeur et laideur de la nature humaine

Vous parler de mon film préféré de tous les temps en moins de 150 mots. En voilà toute une commande! Dans ma jeunesse, j'ai travaillé pendant sept ans au cinéma répertoire Towne, aujourd'hui le ByTowne. Mes tâches principales : accompagner à la lumière de ma lampe de poche les gens à leurs sièges, puis regarder le film du début à la fin au cas où il y ait bris de projecteur et ainsi de projection. J'ai vu les chefs-d'oeuvre des Fellini, Bergman, Costa-Gavras, Hitchcock, Allen, Jutra, et tant d'autres. Des dizaines d'autres. Tout comme j'ai vu des centaines de productions hollywoodiennes qui ont touché mon coeur. Et on me demande d'en choisir un? Un seul film? D'accord. Alors s'il y un film, selon moi, qui en dit plus que tout autre sur la nature humaine dans toute sa splendeur et sa laideur, je choisis: The Shawshank Redemption (À l'ombre de Shawshank). Bouleversant.

- Denis Gratton

À table au Delicatessen

Le premier long-métrage de Jean-Pierre Jeunet (Amélie Poulain) et Marc Caro trône au panthéon de mes films favoris. OVNI cinéphilique, Delicatessen (1991) conjugue humour noir et poésie arc-en-ciel, dans un monde postapocalyptique jaune poussière. Mais ce huis clos tient davantage de la métaphore sociale que de la science-fiction. Dans un futur désertique où tout se monnaye en féculents, se dresse un immeuble isolé. Le propriétaire des lieux, qui cumule la fonction de boucher, s'enrichit en désossant les locataires incapables d'acquitter le loyer, avant de les revendre sous forme de steak. Un manège dont les autres résidents sont les complices silencieux. L'arrivée d'un clown musicien (joueur de scie égoïne) viendra dérégler toute la mécanique de l'immeuble. Macabre? Du tout, même si l'on y valse entre naïveté et cruauté. Indémodable, cette oeuvre d'art carbure à « l'image BD » ultraléchée. Son inventivité explose dès le plan-séquence alambiqué du générique d'ouverture.

- Yves Bergeras

Cinéphile en série

Mon film préféré? J'en ai mille. Comme j'ai mille romans policiers favoris. Les polars, je les lis en série. Il en va de même au cinéma où je visionne l'un après l'autre les films d'un cinéaste qui m'a séduit. Ainsi, j'aime les films de Lars Von Trier pour les personnages torturés et les scènes tournées à l'ultraralenti (Melancholia, Antichrist). Quentin Tarantino pour la montée en tension des scènes en temps réel (Pulp Fiction, Kill Bill, Inglorious Bastards). Stanley Kubrick pour le tango fascinant entre le bien et le mal (Orange mécanique, Full Metal Jacket, Eyes Wide Shut). Et au Québec, Denis Villeneuve pour l'intelligence et la pertinence du propos (Incendies, Prisonniers). J'ajoute, un peu hors catégorie, Gladiateur avec Russell Crowe. Pour les prodigieuses scènes de combat. Pour le personnage de Maximus, alliage de brutale férocité et de tendresse virile. Si j'étais romain, je serais Maximus.

- Patrick Duquette

Les leçons du Highlander

Je n'aurais jamais cru que l'histoire d'un Écossais immortel né au XVIe siècle pourrait me fasciner autant. C'est pourtant ce que Highlander, un film sorti en 1986, a réussi à faire. À l'époque, j'étais inscrit au baccalauréat en communications à l'Université Laval. Par un dimanche gris, je me suis assis dans l'unique salle du cinéma de répertoire Le Clap, à Ste-Foy. Dès le début du générique, la musique du groupe Queen m'a envoûté et les images d'un combat au sabre dans le stationnement sous-terrain du Madison Square Garden m'ont cloué sur mon siège. Par la suite, je me suis laissé transporter entre les paysages magnifiques de l'Écosse de 1540 et les ruelles glauques de New York de 1985. Sûrement à cause de ses leçons d'histoire, du concept d'éternité et d'amour infini ainsi que - il faut l'avouer - des violentes séquences de combat, ce film du réalisateur Russell Mulcahy, mettant en vedette Christopher Lambert et Sean Connery, est devenu, pour moi, un véritable film culte.

- Mario Boulianne

À voir une seule fois

Je n'ai jamais voulu revoir ce film. On peut apprécier le génie du réalisateur et l'immense talent des acteurs principaux, Monica Bellucci et Vincent Cassel, mais on ne peut pas aimer ce film. Trop violent dans ce que la violence a de plus violent. Les scènes sont montées de manière à ce que le film commence par la fin avec une scène d'une violence inouïe. Pendant la première partie du film, la caméra ne cesse de bouger. On ressent la rage et le désir de vengeance de Marcus (Cassel). On comprend mieux quand pour la première fois, après 42 minutes, la caméra s'immobilise pendant onze interminables et insoutenables minutes. Impossible de ne pas baisser les yeux et serrer les poings pendant cette scène où Alex (Bellucci) se fait violer dans un tunnel de métro, à Paris. Irréversible a été l'un des films les plus controversés du début des années 2000. Certains y ont vu du voyeurisme ignoble. Moi j'y ai vu une frappe percutante envers tous ceux qui ont tendance à banaliser une telle saloperie.

- Mathieu Bélanger

« La guerre, la guerre... »

Il y avait 33 cassettes VHS numérotées sur la tablette au-dessus du téléviseur, dans le sous-sol. Ma cassette préférée, c'était la numéro 20. Celle de La guerre des tuques. J'avoue que j'avais un peu peur quand Luc montait au grenier, dans la pénombre. Mais j'ai surtout été séduite par la trame du scénario : les enfants de ma génération ont tous rêvé de construire un fort comme dans La guerre des tuques. Un fort avec des recoins secrets, un fort qui permet de fuir l'ennemi en catimini. Nous avons rêvé de faire des réunions dans une grange, de mettre de l'encre dans des boules de neige. Les répliques du film ressortent encore souvent, au gré des conversations entre anciens enfants devenus grands. Oui, d'autres films m'ont marquée, m'ont émue, m'ont perturbée, m'ont éblouie. Mais la nostalgique que je suis ne peut s'empêcher de renouer, de temps en temps, avec ses anciennes amours cinématographiques. Et même si je sais que Cléo finira toujours par rendre l'âme sous l'amas de neige, les larmes me montent aux yeux chaque fois. Le film original restera sans doute mon préféré, mais j'attends tout de même avec impatience la sortie de la version en animation 3D.

- Justine Mercier

« Dans une galaxie lointaine, très lointaine... »

La Guerre des étoiles représente pour moi un bijou cinématographique sans pareil. Bien que j'adore l'ensemble de l'oeuvre, j'ai un faible pour la trilogie originale de George Lucas parue entre 1977 et 1983. Darth Vader, Luke Skywalker, Yoda, le côté obscur et lumineux de la force, l'éternelle dualité entre le bien et le mal, les combats au sabre laser, la trame sonore magistrale de John Williams... Je devais avoir neuf ans quand je suis tombé en amour avec les célèbres personnages de Star Wars. Dans le sous-sol, chez mon oncle Pierre, jouait l'ultime et dernier volet de la saga, Le Retour du Jedi. Ce tortionnaire à l'aspect douteux, Jabba le Hutt, avait piqué ma curiosité, tout comme la horde de Ewoks de la planète Endor. Quelques années plus tard, ça devait être autour de 1997-1998, je suppliais ma mère de m'acheter le coffret édition spéciale de la trilogie en VHS. Vous devinerez que ces trois cassettes ont épuisé leur durée de vie utile... 

- Benoit Sabourin, correspondant régional

«Ô Capitaine! Mon capitaine!»

Bien des longs métrages m'ont fascinée ou bouleversée, pour des raisons différentes, d'Autant en emporte le vent à Incendies, en passant par Platoon et Monsieur Lazhar. Rares sont ceux qui, pourtant, ont eu sur moi un impact aussi puissant que La Société des poètes disparus de Peter Weir, et que ce cri viscéral qui résonne toujours en moi : « Ô Capitaine! Mon capitaine! » C'est le film que j'ai vu au meilleur moment : celui où je devais le voir. J'avais 18 ans. Je me sentais un peu comme Todd. J'aurais voulu avoir un prof comme Keating (incarné par le regretté Robin Williams). J'ai choisi de mettre en pratique le carpe diem prôné par son personnage. Or, pour voir le bon film au bon moment, il faut oser se pointer dans une salle de cinéma et accepter, parfois, de s'y retrouver seule face à soi-même. Et y retourner, dans l'espoir que ça nous arrive encore et encore. 

- Valérie Lessard

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