Sophie Deraspe et l'esprit de meute

Les Loups... (Courtoisie)

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Les Loups

Courtoisie

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Au volant de sa voiture, Élie contemple l'horizon, l'air anxieux. À travers la fenêtre, la mer, toute en nuances de gris, défile sous nos yeux. Glaciale, puissante et mystérieuse, elle donne le ton au film Les loups qui sera présenté dans le cadre du Festival du film de l'Outaouais.

La cinéaste et documentariste Sophie Deraspe nous arrive avec un tout nouveau long métrage fort attendu, Les loups. Son précédent film, Les signes vitaux (2010), a récolté plusieurs prix et connu un beau succès sur la scène internationale.

Les loups raconte l'histoire d'Élie, une jeune femme dans la vingtaine interprétée par Évelyne Brochu qui débarque en plein hiver sur une île de l'Atlantique Nord. Son arrivée, en dehors de la saison touristique, causera tout un émoi chez les insulaires.

Est-ce une animaliste? Une journaliste qui veut dénoncer la chasse aux loups marins? Au fil de sa quête existentielle, «l'étrangère» arrivera peu à peu à briser le mur de glace - de méfiance - qui la sépare des habitants.

Le film a été tourné aux Îles-de-la-Madeleine, qui servent de décor aux questionnements d'Élie. Sophie Deraspe connaît bien ce coin de pays, d'où son père est originaire. «J'y passe tous mes étés depuis mon enfance. J'avais envie de filmer les îles et sa communauté comme jamais elles n'ont été filmées.»

Cette nature hivernale, parfois rassurante, parfois menaçante, fait écho aux troubles des habitants. Jamais le regard de la réalisatrice se fera complaisant sur les insulaires, au contraire. Leurs travers, leur désespoir et leurs failles sont exposés dans toutes leurs dimensions. Le même traitement sera réservé aux chasseurs de phoque, la caméra nous montrant parfois des scènes très crues de cette industrie tant controversée.

«Les loups, bien sûr, ce sont les loups marins, mais c'est aussi cette meute d'hommes et de femmes qui forment la communauté, ajoute-t-elle. Ils tissent entre eux des liens serrés, s'entraident et s'auto-équilibrent. Personne ne juge l'alcoolique, le dépressif ou l'handicapé, ils se protègent tous entre eux.»

Cette cellule sera farouchement défendue par Maria, la «matriarche», interprétée ici par Louise Portal qui, malgré toute sa méfiance envers Élie, lui tendra la main, devinant chez elle un profond besoin d'appartenance au groupe.

Cet esprit de clan, Sophie Deraspe l'a retrouvé au sein même de son équipe. Un tournage en plein hiver et en mer exigeant beaucoup de souplesse et d'adaptation, elle a pris soin de choisir ses techniciens et comédiens de la même façon.

«Je leur ai proposé de s'embarquer dans une aventure hors de l'ordinaire, qui n'a rien à voir avec le 9-à-5, dit-elle. On doit parfois se battre contre les éléments. Comme mon personnage Élie, on a tous été profondément transformés par cette expérience où la mer et la nature nous ramènent à l'essence même de l'être humain.»

Cette année, Sophie Deraspe offre aussi Le projet Amina, un documentaire présenté en première mondiale en janvier dernier au Festival de Sundance et qui vient tout juste d'être sélectionné au Festival international du documentaire HOT DOCS de Toronto.

PROJECTIONS: Cinéma 9, salle 3; 24 mars, 19h. Aylmer, salle 4; 26 mars, 19h.

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