Deux jours et une nuit

Marion Cotillard et Fabrizio Rongione dans Deux jours,... (Photo: fournie par Métropole Films)

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Marion Cotillard et Fabrizio Rongione dans Deux jours, une nuit.

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Leur cinéma bouleverse. Dans la lignée de Rosetta (Palme d'Or au Festival de Cannes en 1999), les frères Jean-Pierre et Luc Dardenne continuent d'ébouriffer le cinéma francophone sans esbroufe. Deux jours, une nuit démontre les mêmes préoccupations de leur très acclamée filmographie: réalisme social sans compromis, naturalisme et empathie avec la même authenticité. Ce dernier long métrage, reparti bredouille à Cannes, ne change pourtant pas d'un iota la formule de leur cinéma engagé. La participation de la comédienne oscarisée Marion Cotillard parvient à s'inscrire dans leur ligne artistique scrupuleusement sobre. L'actrice l'incarne même avec une justesse confondante à travers le personnage de Marie, une employée menacée de licenciement dans une usine belge de panneaux solaires. Si elle veut conserver son emploi, Marie doit convaincre ses collègues de renoncer à une prime de 1000euros. La bourse ou la vie? C'est un peu d'elle-même qu'elle finira par laisser à chaque porte frappée, chaque collègue abordé. Il lui faut ravaler son amour-propre pour demander - voire supplier - les votants de sauver son emploi. À peine sortie d'une dépression qui l'a éloignée de son milieu de travail, elle n'a que «deux jours, une nuit», pour renouer avec ses collègues, leur faire changer d'avis et renverser un second vote après un premier tour en sa défaveur.

Les réalisateurs confrontent ici l'humanité des uns avec la nécessité des autres - inutile de préciser que la plupart des ouvriers ont besoin de l'argent proposé. Si l'enjeu de chaque séquence demeure identique - tenter de rallier les votants l'un après l'autre pour garder l'emploi - chaque personnage le renouvelle. Il y a la bonne amie coach, l'employé qui voudrait bien l'aider mais dont le mari (ou la femme) fait obstacle, la mère de famille ayant du mal à joindre les deux bouts, le collègue spontanément altruiste (impossible de rester insensible à la scène du terrain de foot)... Deux jours, une nuit sonde ainsi le coeur humain mis à l'épreuve, en opérations de survie. Un film terriblement actuel, digne et radical.

Deux jours, une nuit

De Jean-Pierre et Luc Dardenne. Avec Marion Cotillard, Fabrizio Rongione, Pili Groyne. * * * *1/2

PROJECTIONS

Cinéma 9, salle 3, le 26 mars à 19h

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