Astérix et l'envahisseur

Astérix et Obélix (en 3D) dans Le domaine... (Courtoisie)

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Astérix et Obélix (en 3D) dans Le domaine des dieux

Courtoisie

Le DroitYves Bergeras 3/5

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On est en Armorique, où ce petit village gaulois biberonné à la potion magique résiste à l'envahisseur romain depuis... 1959 de l'ère Uderzo.

N'ayant jamais réussi à conquérir les lieux par la force militaire, César entreprend d'occuper les lieux par la ruse en envoyant des civils romains, plutôt que ses armées. Imaginez Jules en volumes... et hop! vous voilà dans Le domaine des dieux, version 2015, grand écran et 3D.

Ce neuvième film d'animation inspiré de la série de bande dessinée, on le doit cette fois au tandem Louis Clichy-Alexandre Astier. Le premier a bossé chez Disney-Pixar - sur Wall-E et Là-Haut, notamment. Le second est l'inénarrable réalisateur de la série Camelott.

La BD d'origine, 17e tome des aventures d'Astérix, est une des perles de la série. L'adapter était une bonne idée.

Le scénario, derrière ses abords innocents de fable écolo sympathique, exprime clairement la menace d'assimilation culturelle face à l'invasion urbanistique et démographique romaine. Ce qui devrait faire résonner les cordes sensibles des minorités culturelles d'Amérique du Nord.

Si les volumes en 3D rendent justice aux rondeurs des personnages d'Albert Uderzo, on n'ira pas jusqu'à dire qu'elle rend l'expérience immersive inoubliable. Cela servira surtout à faire grimper le prix du billet.

Les coréalisateurs ayant collé au plus près le récit original, Le domaine des dieux se regarde avec tendresse, à défaut d'une réelle joie.

L'accompagnateur, désormais habitué à ce que les films d'animation lui témoignent reconnaissance sous la forme de clins d'oeil «adultes», ne trouvera pas de quoi ébouriffer l'esprit bon enfant de cette série mythique, dont il est difficile de s'éloigner, sous peine de s'attirer les foudres des fans purs et durs, et parfois même celle d'Uderzo - sa détestation du film Mission: Cléopâtre est bien documentée.

Le film se regarde avec d'autant plus de nostalgie qu'il s'agit de l'ultime long métrage dans lequel on pourra entendre la «voix d'Astérix» originale, le comédien Roger Carel ayant pris sa retraite dans la foulée.

Certes, quelques jolies trouvailles parsèment le film - comme la «muzak» d'ascenseur qui, tel un signe civilisateur, accompagne chaque image où se dressent les immeubles romains; comme l'onde de choc qui se propage lorsque le barde pousse la note; ou comme les revendications syndicales des esclaves, un peu plus étayées que dans la BD d'origine - mais on reste sur notre faim. Et ce ne sont certainement pas les discrètes allusions à King Kong/Donkey Kong ou aux superhéros qui font de ce film une oeuvre moderne ou surprenante.

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Astérix - Le domaine des dieux, d'Alexandre Astier et Louis Clichy. Avec les voix de Roger Carel, Lorànt Deutsch, Alain Chabat, Alexandre Astier, Serge Papagalli.

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