The Interview sortira aux États-Unis

Sony Pictures a fait volte-face hier en autorisant aux États-Unis une sortie... (Associated Press)

Agrandir

Associated Press

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Véronique Dupont
Agence France-Presse
LOS ANGELES

Sony Pictures a fait volte-face hier en autorisant aux États-Unis une sortie limitée de The Interview, sa comédie parodiant le leader nord-coréen, défiant ainsi les pirates informatiques qui ont menacé les salles qui le projetteraient.

Le film sortira le jour de Noël comme le studio de cinéma l'avait initialement prévu, mais il ne sera projeté que dans un nombre limité de salles, au lieu d'une sortie nationale dans des milliers de cinémas.

«Nous n'avons jamais abandonné l'idée de distribuer The Interview et nous sommes heureux que notre film sorte dans quelques cinémas le jour de Noël», a déclaré le directeur général de Sony, Michael Lynton, dans un communiqué.

«Nous continuons parallèlement nos efforts pour nous assurer que des plateformes (de distribution Internet) et davantage de salles» diffuseront le film, a-t-il ajouté.

Une porte-parole du studio n'était pas en mesure de dire combien de salles projetteraient le film, qui sera notamment à Atlanta et à Austin, au Texas.

Selon le New York Times, qui cite des sources proches du dossier, Sony espère aligner 200 à 300 salles.

«Le peuple a parlé! La liberté de parole a vaincu! Sony n'a pas abdiqué! The Interview sera projeté dans des salles qui le veulent le jour de Noël», s'est réjoui le réalisateur Seth Rogen sur son compte Twitter hier, tandis que l'acteur James Franco, qui partage l'affiche du film avec lui, criait «Victoire!» sur son propre compte.

Sony Pictures avait consterné Hollywood en annonçant la semaine dernière renoncer à la diffusion du film, acteurs et réalisateurs dénonçant une grave atteinte à la liberté d'expression et une victoire du terrorisme. Les grands réseaux de salles de cinémas avaient annoncé peu auparavant qu'ils retiraient le film de leur programmation.

Côté politique, de nombreux parlementaires, dont le républicain John McCain, s'étaient aussi élevés contre cette décision et le président américain Barack Obama avait déploré «une erreur» de Sony Pictures.

M. Obama s'est logiquement félicité hier de la sortie annoncée de The Interview, a indiqué Eric Schultz, un porte-parole de la Maison-Blanche, à des journalistes.

«Nous sommes un pays qui croit en la liberté de parole et au droit à l'expression artistique» et nous «saluons» la décision de Sony et de plusieurs cinémas indépendants de sortir le film, a-t-il déclaré.

Pétition lancée

Lundi soir, un groupement représentant au total 250 salles de cinéma indépendantes avait lancé une pétition sur le site change.org pour demander à Sony de leur permettre de projeter The Interview, sur un complot fictif de la CIA pour assassiner le leader nord-coréen Kim Jong-Un.

Cette comédie a été qualifiée «d'acte de terrorisme» par Pyongyang qui a, selon les autorités américaines, commandité la gigantesque attaque informatique dont Sony Pictures a été victime il y a un mois.

La Corée du Nord a été brièvement privée de connexion Internet hier, au lendemain d'une première coupure générale de neufheures qui pourrait avoir été orchestrée en représailles au piratage de Sony Pictures, selon une société de cybersécurité.

Le président Obama avait assuré que Washington répliquerait après ce piratage. Hier, le département d'État américain a toutefois refusé de confirmer ou non si Washington était impliqué dans la panne de réseau en Corée du Nord.

Sony Pictures a fait l'objet d'une attaque informatique massive, qualifiée par le FBI de plus grave cyberattaque jamais menée contre les États-Unis. L'incident révélé le 24 novembre avait été revendiqué par un groupe de pirates Guardians of the Peace (GOP), exigeant du studio de cinéma qu'il annule la sortie de The Interview.

Le GOP avait notamment menacé de s'en prendre aux salles de cinéma qui montreraient la comédie, agitant le spectre des attaques terroristes du 11 septembre 2001. La plupart des grandes chaînes de cinéma américaines dont Regal et AMC avaient renoncé à programmer le film, conduisant Sony Pictures à annuler sa sortie, avant de changer de braquet hier.

Le régime communiste nie être impliqué dans le piratage au cours duquel les données personnelles de 47000 employés et collaborateurs de Sony Pictures ont été dérobées, mais a en loué les auteurs.

Cette attaque informatique s'est aussi traduite par la diffusion en ligne de courriels embarrassants pour les dirigeants de Sony et par la mise en ligne illégale de cinq films du studio, dont plusieurs pas encore sortis.

Hier l'agence de presse gouvernementale nord-coréenne a de nouveau agité la menace de l'arsenal nucléaire du régime communiste et conseillé à Washington de «réfléchir à deux fois à sa politique hostile» envers Pyongyang.

Partager

À lire aussi

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer