La «folle aventure» des Maîtres du suspense

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Le réalisateur Stéphane Lapointe discute avec les acteurs Michel Côté et Robin Aubert lors du tournage des Maîtres du suspense.

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L'idée des Maîtres du suspense est venue au scénariste et réalisateur Stéphane Lapointe il y a cinq ans, en pleine période «page blanche».

En compagnie du romancier Stéphane Dompierre, il décortiquait la feuille de route de Stephen King. «On s'est dit "tabarouette!", en une période de huit ans, il a écrit 14 romans de 500 pages chaque. On s'est mis à calculer ce que ça représentait en une journée, et on a fini par imaginer, en blague, qu'il devait avoir des ghosts writers, et qu'eux-mêmes devaient avoir les leurs.»

«À partir de là, j'ai mijoté trois personnages différents qui vivraient chacun leur propre suspense. Puis j'ai commencé à les mettre en opposition, en me disant que ce serait le fun de les parachuter au bout du monde.» Il avait alors en tête les films de Pierre Richard, tel La Chèvre  et les buddy movies aux parcours rocambolesques.

Couleur vaudou

Puis «tout s'est emboîté». De par ses liens avec la francophonie, la Louisiane s'est rapidement imposée à son esprit. De là est venue l'idée d'«utiliser le vaudou, pour colorer le côté polar», mais aussi pour accompagner l'idée qu'en faisant appel à un auteur fantoche, le romancier, «quelque part, vendait son âme au diable, en échange de la gloire».

Chaque personnage «parle d'amour - du public, de la mère, de la muse, de la famille. Et leur peur de perdre cet amour s'exprime à travers leur quête», explique-t-il. «Je voulais construire des personnages très rigoureux, psychologiquement. Que le public croie à leur humanité et à leur drame. Qu'on les aime assez pour qu'on puisse accepter ensuite les plus absurdes des situations.»

Un des dangers était qu'Hubert Wolfe, l'écrivain «tricheur», «perde rapidement son capital-sympathie». C'est pourquoi le réalisateur a fait appel au «monstre de charme» qu'est Michel Côté.

Le scénariste s'est aussi efforcé de «jouer avec les codes du suspense», de façon à «surprendre les gens. On a tous vu tellement de films qu'on sait d'avance comment ça va finir». Mais ce n'est «ni une comédie, ni un suspense. C'est... une aventure folle», précise-t-il.

«Ma quête n'était pas de faire rire à tout prix», avoue-t-il, «conscient que le ton du film est un peu différent de celui de la bande-annonce».

Son style étant «davantage inspiré de la comédie anglaise, plus en demi-teintes», le réalisateur a plutôt essayé de situer son film «au côté des grandes comédies très humaines que sont Harold et Maud ou The Graduate» sur le vaste spectre de la comédie. D'après les visionnements-tests, «les rires sont peut-être moins sonores, mais les gens restent captivés», dit-il.

Stéphane Lapointe vouait aussi que son film nage dans les eaux de Boogie Nights, de PT Anderson, «qui me fait beaucoup rire», ou Tarantino, «pour son côté baveux». 

Le film sort à une période où il devra rivaliser avec les traditionnels gros canons américains de fin d'année. «Loin de moi l'idée de penser petit. Je voulais un film avec des couilles, qui puisse voyager, que n'importe qui sur la planète pourra apprécier. Je voulais que le Québec rayonne à l'étranger, parce que j'aime sentir que je fais partie de la planète.»

C'est une des raisons pour lesquelles il a disséminé des «étrangers» dans son film: une actrice européenne (campée par la très internationale vedette portugaise Maria De Medeiros, qui a tourné avec Tarantino, Lepage, Maddin, Kaufman, entre autres), une serveuse de La Nouvelle Orléans, et des bandits des bayous.

Contrairement au personnage de Wolfe, qui a construit sa série de thrillers à succès en appliquant des recettes, Stéphane Lapointe se défend d'avoir lui-même appliqué des formules. 

S'il dit n'avoir pas hésité à recourir à plusieurs «outils scénaristiques», il pense avoir réussi à conserver l'«équilibre entre les ficelles et l'originalité».

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Quentin, l'auteur «enfant»

«Je trouvais qu'il avait un jardin intérieur assez fertile, Quentin, lui qui reste toujours à la maison, avec une mère contrôlante», lance Antoine Bertrand, l'interprète de ce personnage doux, dont l'«intelligence sociale ne passe qu'avec les enfants».

Le comédien a sorti ses «yeux de biche», joué la carte de la tendresse et de la naïveté propre à l'enfance. L'arc dramatique du personnage, explique-t-il, est une floraison lente, qui permet progressivement d'«assister à la naissance d'un homme».

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Hubert, l'auteur glamour

Michel Côté a découvert en Hubert Wolfe «un personnage pas évident, qui pouvait facilement avoir l'air antipathique». Il a cependant été amusé par «tout le mensonge» que porte cet auteur de thrillers à succès, «poussé par sa soif insatiable de gloire».

«Tout le monde a cet appétit pour la gloire et l'argent... reste à savoir jusqu'où on va pour l'assouvir, est-ce que c'est compatible avec la franchise et l'honnêteté? Ma confrontation, c'est ce conflit intérieur.»

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Dany, l'auteur passionné

«Dany Cabana, je l'ai trouvé à la fois touchant, troublé, et comique dans sa répartie», indique Robin Aubert.

En campant cet écrivain ignoré, qui vit un moment de panique affective et professionnelle, l'acteur estime qu'il devait éviter le registre de la comédie, pour ne pas tomber dans «l'exagération». Il reconnaît toutefois s'être «lâché un peu plus lousse» que dans ses précédents films. «J'ai cassé quelques meubles - et c'est libérateur.»

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