• Le Droit > 
  • Arts > 
  • Cinéma 
  • Love Projet, grandeur et décadence du milieu artistique 

Love Projet, grandeur et décadence du milieu artistique

Prenez l'expression «milieu artistique». Songez à quel point, de tout temps,... (Courtoisie)

Agrandir

Courtoisie

Le DroitMaud Cucchi 1/5

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

Prenez l'expression «milieu artistique». Songez à quel point, de tout temps, elle a divisé les opinions et soulevé les préjugés. Appliquez-les au dernier film de la cinéaste Carole Laure qui n'en oublie pas un.

L'intrigue s'évertue à les relier les uns aux autres selon la trame méli-mélo-drame suivante: Louise, artiste plantureuse et mère monoparentale, arrive toujours en retard à ses castings, se demande pourquoi elle peine à décrocher des contrats et délaisse son jeune garçon Diamond, livré à lui-même. Un jour, son ami Marc, un danseur homosexuel, lui obtient un rôle dans le spectacle auquel il participe. Louise parvient à séduire la chorégraphe lesbienne Touga et trouve sa place au sein de cette joyeuse troupe où chacun cherche à exister selon ses désirs sexuels. Il y a le pianiste répétiteur, que tout le monde croit gay mais qui s'éprend d'une danseuse (lesbienne), le couple hétérosexuel altruiste - l'un s'occupe de son père, l'autre d'une jeune prostituée - et les seconds rôles: la psy obnubilée par le hockey, la belle-mère paumée... n'en jetez plus? Eh bien si!

Il faut encore ajouter à ce mélange de sentimentalisme au premier degré le thème de la pédophilie, celui aussi de la dépression... Le film vagabonde à foulées légères d'une saynette à l'autre, nous fait la leçon des bons sentiments. La bande originale de Lewis Furey, un brin poussive, vient surligner le tout. Love Projet est-il un feuilleton télé ou un film de cinéma?

Pot-pourri

Première scène: dans une boîte de nuit glauque, les personnages dansent, se séduisent, s'embrassent ou se séparent sur fond sonore sirupeux. D'aucuns diront que la suite du scénario pédale dans la semoule, car ce sont justement les poncifs liés au «milieu artistique» qui reviennent: un univers à la sexualité débridée, aux moeurs légères, aux fêtes jusqu'à plus d'heure, aux responsabilités familiales en berne.

L'ambition majeure de Love Projet ne semble pourtant pas être dans son thème, abordé à la façon sitcom par sa logorrhée sentimentale où le gros plan est le seul horizon. Le film nous fait alternativement chacun de ces effets: romance télévisuelle, certes, mais aussi sociologie d'un milieu (les jeunes artistes montréalais), et surtout film d'art et comédie musicale.

On ne peut pas dénier à la réalisatrice Carole Laure un ambitieux élan vers la pluralité des genres. Son Love Projet jongle avec tous les codes esthétiques susmentionnés. Mais le film finit par illustrer le proverbe «Qui trop embrasse mal étreint». C'est un pot-pourri de clichés qui ne s'articulent pas clairement, de situations trop démultipliées pour de pas rester superficielles. 

On le regrette d'autant plus que, prises isolément, plusieurs scènes sont réussies: la chorégraphie filmée dans la pinède fait penser à du Wim Vandekeybus. Les séquences de tango et de comédies musicales insufflent un élan bienvenu à la réalisation. L'acteur et chorégraphe Benoît Lachambre est certainement l'une des meilleures surprises de la distribution. C'est un peu mince pour justifier le déplacement...

---

Love Projet, de Carole Laure. Avec Magalie Lépine-Blondeau, Benoît McGinnis, Natacha Filiatrault et Éric Robidoux.

*

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer