Renouer avec l'esprit de Nul poisson où aller

La réalisatrice Janice Nadeau.... (Courtoisie)

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La réalisatrice Janice Nadeau.

Courtoisie

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Dix ans après avoir remporté le Prix du Gouverneur général pour ses illustrations de l'album jeunesse Nul poisson où aller, Janice Nadeau renoue avec les mots de Marie-Francine Hébert et l'aquarelle pour raconter, dans un court métrage d'animation, l'histoire de deux fillettes et amies séparées par la guerre.

Le court métrage produit par l'Office national du film (ONF), que la Gatinoise d'origine a coréalisé avec Nicola Lemay, sera projeté en première et en compétition lors du Festival international du film d'animation d'Annecy, débutant le 9 juin.

« Malheureusement, cette histoire demeure tellement d'actualité ! Juste avant ton appel, je discutais avec un couple d'Ukrainiens qui me disaient à quel point ils ont peur de rentrer chez eux... », mentionne Janice Nadeau, jointe en France.

Pour elle, Nul poisson où aller (dont la bande-annonce peut être vue sur www.onf.ca) s'avère donc toujours aussi pertinent et porteur aujourd'hui.

Dans un petit village, deux amies partagent un quotidien heureux. Jusqu'au jour où la famille de l'une est chassée par des hommes masqués, armés et chaussés de souliers rouges (incluant le père de l'autre...). La première prend la fuite pieds nus avec son poisson dans son bocal. Qu'elle réussira à remettre à son amie. Qui, elle, lui offrira sa paire de souliers bleus, pour la route de l'exode.

Pour les besoins du film, narré entre autres par Normand d'Amour et mis en musique par Jorane, Marie-Francine Hébert a retravaillé son texte. Dont elle a notamment éliminé les prénoms des fillettes (qui s'appelaient Zolfe et Maiy), afin d'identifier ni pays ni conflits.

L'illustratrice, de son côté, a dû étoffer des personnages à peine esquissés dans l'album (le papa médecin de la fillette contrainte de fuir).

Elle a aussi fait de son médium un personnage à part entière.

« L'aquarelle me permettait, au début, de travailler avec ses transparences et sa douceur, avant de basculer dans l'horreur de la guerre. Les couleurs se mettent alors à déborder des contours, elles sont plus sales, aussi. Ce sont des éléments qui étaient déjà présents, dans le livre, mais que j'ai poussés encore plus loin, pour le film. »

Grâce à l'animation, et même si les deux réalisateurs ont évité les effets spéciaux et les plans de caméra trop complexes, certains éléments métaphoriques que Janice Nadeau avait développés il y a 10 ans (les maisons déracinées), prennent ici tout leur sens.

« Le mouvement ouvre de nouvelles dimensions : voir une maison être arrachée à la terre a un impact émotionnel bien plus grand qu'une image fixe, aussi forte soit-elle, dans un livre ! »

Projet personnel

Tout en se préparant à présenter Nul poisson où aller à Annecy, celle qui a grandi en Outaouais prépare un deuxième projet. Coproduit par l'ONF et le studio d'animation français Folimage, Mamie tentera d'expliquer « pourquoi [s]a grand-mère ne s'est pas intéressée à [elle] et ses autres petits-enfants ».

C'est en devenant la maman de Félix, aujourd'hui âgé de cinq ans et demi, que Janice Nadeau a eu l'idée de Mamie, pour explorer « la réalité de mes souvenirs en lien avec ma grand-mère et non des faits, étant donné que je n'ai aucune volonté de faire un documentaire », tient-elle à préciser.

Ainsi, pour la première fois, Janice Nadeau livrera une histoire dont elle signera et les mots, et les images.

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