Il était une fois au pays des métaphores

Luc Picard s'est senti libéré en tournant Ésimésac... (Étienne Ranger, LeDroit)

Agrandir

Luc Picard s'est senti libéré en tournant Ésimésac à l'extérieur, contrairement à Babine

Étienne Ranger, LeDroit

Partager

Sur le même thème

En jasant avec Luc Picard et Fred Pellerin, les deux coscénaristes d'Ésimésac, adaptationdu conte pellerinesque Comme une odeur de muscles, on sent la satisfaction de ses artisans. Celle d'avoir réussi à tricoter un film à la hauteur de leurs ambitions, aussi fort que les personnages de Saint-Élie-de-Caxton dépeints.

Le comédien et réalisateur Luc Picard penche sa caméra sur le nouvel homme fort du village, Ésimésac Gélinas, pour brosser une fable universelle, multicolore... et peut-être «politique». «C'est un film qui comporte beaucoup de thèmes et de métaphores. Mais ce qui m'a happé, c'est la mise en opposition entre le collectivisme et l'individualisme. Cette image de gens qui se dressent contre la machine [sans savoir] si elle va s'arrêter ou leur passer sur le corps».

«C'est un film politique, pas dans le sens 'indépendantiste', mais qui, par métaphore, parle de libération. Celle d'un village, d'un peuple, des gens en général.» Dans Ésimésac, les villageois tentent d'attirer l'implantation prochaine d'une gare qui pourrait venir desservir et enrichir la communauté. Au prix de grands sacrifices. «Le train, pour moi, c'est la Machine. Un truc froid. C'est l'image du système à cause duquel les gens crèvent de faim.»

Nouveau départ

Luc Picard s'est davantage investi dans l'écriture du scénario qu'il ne l'avait fait pour Babine. Ce dont son comparse ne se plaint pas. «Le film est beaucoup plus réussi. Les fils sont mieux attachés.»

Le premier opus avait été entièrement tourné en studios. «Dès le départ, j'ai décidé que j'allais tourner [Ésimésac] à l'extérieur. Je ne veux plus jamais faire ça en studio: c'est très limitant. Dehors, j'ai pu faire les plans que je voulais et ç'a vraiment changé la donne... j'ai vraiment retrouvé la liberté du gars qui avait fait L'Audition», dit Luc Picard, en référence à son premier film.

«J'avais envie de faire le moins de plans possible. Je voulais des plans larges. Quelque chose de très désertique, quasiment western» pour pimenter la rivalité entre les deux cow-boys, Ésimésac et le Forgeron Riopel. «C'est un adon. Avec mon gars [Henri, qui campe un des enfants Gélinas dans son film], j'ai écouté Il était une fois dans l'ouest deux semaines avant le début du tournage. Ça s'y prétait bien: [au village] c'est la sécheresse, il y a beaucoup de poussière dans l'air. Et puis nos maisons font très western, avec leurs perrons et leurs colonnes en bois.»

«Je voulais aussi qu'on sente une certaine lourdeur qui pèse sur le village. Qui n'empêche pas l'humour, mais qui permette le drame de la fin. Il fallait que j'installe ça dès le départ, pour que [la progression puisse] se passe naturellement, estime Luc Picard. Parce que si tu es dans la fantaisie, et que tu bascules soudainement dans le drame, les gens ne suivront pas.» À mi-parcours, la toute première image de paysage enneigé lui sert de coupure. «J'ai volontairement fait un très long plan large, pour vraiment installer l'hiver. Parce qu'à partir de ce plan-là, il n'y a presque plus rien de drôle.»

Plus de détails dans LeDroit du 24 novembre 2012 ou sur ledroitsurmonordi.ca

Partager

lapresse.ca vous suggère

  • Petite Marie, grande actrice

    Arts

    Petite Marie, grande actrice

    Sophie NélisseLa jeune actrice Sophie Nélisse n'a que 12 ans, mais déjà, elle impressionne. Plusieurs l'ont découverte dans Monsieur Lazhar, où elle... »

publicité

publicité

publicité

la boite:1609999:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer