Des Dérapages humains et émouvants

Valérie Lessard
Le Droit

En moyenne trois jeunes entre 16 et 24 ans meurent chaque semaine sur les routes du Québec. C'est sans compter ceux et celles qui survivent à ces accidents et doivent vivre avec les séquelles en découlant, plus ou moins graves selon les cas. Et tous ceux qui, par la bande, sont eux aussi victimes de la vitesse et de l'alcool au volant (amis, familles). Le plus récent documentaire de Paul Arcand, Dérapages, frappe fort et là où ça fait le plus mal: au coeur.

Il y arrive en se tenant loin des statistiques (même s'il ne peut éviter d'en donner quelques-unes, à la fin du documentaire), des points de vue des experts (sauf celui de l'ex-coureur automobile Jacques Villeneuve, qui teste un bolide modifié dans une courbe sur une route de campagne...) et du discours moralisateur. En permettant aux jeunes principalement, et à leurs parents, de s'exprimer librement, sans fard. Et sans filtre, aussi, par moments.

Pour rendre compte de la réalité, Paul Arcand raconte des histoires, émouvantes et résolument humaines.

Celle des copains d'Alex, Gabriel, Carl et Jean-Benoît, tous morts lorsque le véhicule de Carl a percuté un arbre en pleine nuit. D'Érika, qui a eu plus de chance que son amie Marie-Pier, alors qu'elles prenaient place dans le coffre de la voiture d'Alexandre. De Claudia, qui a passé près de trois semaines dans le coma après être montée à bord de l'auto d'une vague connaissance à la fin d'une soirée dans un bar. De la petite Bianca, fauchée à trois ans sur le parterre de sa gardienne, le jour de l'Halloween.

L'histoire de Mikaël et, surtout, le témoignage de ses parents, Serge et Lise, s'avèrent probablement les plus bouleversants du film, étant donné les évidentes conséquences ainsi que les cicatrices émotionnelles et physiques.

À 24 ans, le jeune homme a subi deux traumatismes crâniens, lors de deux accidents de la route survenus à cinq ans d'intervalle, qui l'ont laissé cloué à un fauteuil roulant et rendu très agressif (l'entendre traiter sa mère de «crisse de conne» alors qu'elle prend soin de lui donne littéralement la chair de poule). Son père et sa mère ont dû choisir deux fois plutôt qu'une entre garder leur fils en vie ou le laisser partir: une décision déchirante s'il en est une pour des parents. Et quand le réalisateur lui demande ce qu'il aurait choisi, lui, Mikaël répond avec une lucidité déconcertante: «Je suis mort, là, ç'aurait pas changé grand-chose.»

Plus de détails dans LeDroit du 28 avril 2012 ou sur ledroitsurmonordi.ca

Partager

lapresse.ca vous suggère

  • Décanter l'épreuve... avec Biz

    Arts

    Décanter l'épreuve... avec Biz

    Le mot d'ordre, pour la visite de Biz hier après-midi à l'École secondaire de Bromptonville, était de porter un morceau de vêtement bleu. Bien des... »

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer