Revisiter l'idée de paysages

Michel de Broin se fait résolument critique et... (Etienne Ranger, Le Droit)

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Michel de Broin se fait résolument critique et politique avec son installation Make Soccer Great Again, en découpant un terrain de soccer à l'aide d'un-demi-kilomètre de clôture blanche, et en créant du coup des sortes d'enclos isolant les éventuels joueurs et entravant leurs déplacements.

Etienne Ranger, Le Droit

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Une douzaine d'artistes investissent La Fonderie pour réinventer la notion de pays(age) typiquement canadien. D'une colorée forêt (de séquoias géants reproduits à partir de 168 deux par quatre peints aux couleurs d'une boîte de crayons... de bois Prismacolor par Samuel Roy-Bois) à une dune de bois (qu'on dirait blondie par le soleil), en passant par la banlieue revisitée de façon plutôt ludique et étonnante, le public est invité à visiter un espace vaste, revu et corrigé À perte de vue, dans le cadre de Scène Canada, du 28 juin au 30 août.

« L'invitation a été lancée aux artistes de réfléchir à l'idée du paysage en général afin de prendre possession de ces lieux immenses [58 000 pieds2], qui sont comme une métaphore du Canada, en quelque sorte », évoque le directeur de la galerie Axenéo7, Stéfan St-Laurent, qui a chapeauté le projet d'exposition développé en collaboration avec le Centre national des arts, le Centre de production Daïmon et la Galerie UQO.

Ainsi, l'oeuvre de Nadia Myre explorera la représentation de l'Oiseau-Tonnerre dans la culture des Premiers Peuples. Elle se déploiera d'ailleurs sur la majeure partie de la fenestration faisant face à Ottawa.

« Elle sera d'ailleurs visible, de nuit, de l'extérieur d'aussi loin que la pointe Nepean [près du Musée des beaux-arts du Canada] », soutient Stéfan St-Laurent.

En suivant les lignes de marquage, Michel de Broin a pour sa part délimité les différentes parties (buts, cercle d'engagement, etc.) d'un des terrains de soccer de La Fonderie. Son installation découpe la surface de jeu, entravant les déplacements d'éventuels footballeurs, voire créant des enclos, des îlots d'isolement - les demis-cercles ainsi créés évoquent la façade de la Maison-Blanche... Le public, lui, pourra enjamber ses mini-clôtures blanches (qui sont aussi un évident clin d'oeil aux fameuses white picket fences propres aux banlieues nord-américaines). Make Soccer Great Again s'avère sans l'ombre d'un doute l'installation la plus politisée du lot.

Dominique Pétrin s'interroge sur la notion de colonisation... (Etienne Ranger, Le Droit) - image 2.0

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Dominique Pétrin s'interroge sur la notion de colonisation en mettant en scène quelque 150 extraterrestres dans sa fresque.

Etienne Ranger, Le Droit

Les oeuvres de Dominique Pétrin et Graeme Patterson ne sont pas nécessairement en reste, à ce chapitre. À leur manière, la Québécoise et le Néo-Brunswickois ont cependant opté pour un petit côté pince-sans-rire dans leur interprétation du thème. 

La première s'amuse à jouer de symboles populaires sérigraphiés à la main (le logo de Canadian Tire ; des images de beignes, de caméras de surveillance, etc.) pour s'interroger sur la notion de colonisation et de partage du territoire. Pour ce faire, quelque 150 extraterrestres vont d'ailleurs prendre d'assaut sa fresque dans le hall d'entrée de La Fonderie. 

« On agit tous comme si nous étions à la tête de mini-colonies, qu'on exploite individuellement, comme si on vivait dans des bulles, un mirage... », fait valoir Dominique Pétrin, juchée sur son échafaudage pour appliquer ses images.

Graeme Patterson, quant à lui, explore le concept des cours arrière de banlieue par le biais de trois structures ressemblant à des piscines hors terre. Chacune laisse remonter à la surface des espaces clôturés et gazonnés, où ont été installés des bassins en guise de piscines creusées. Au-dessus de ces décors, l'artiste a perché quelque 150 oiseaux qui, lorsque les senseurs capteront du mouvement à proximité de l'installation, se mettront à laisser tomber leurs fientes (de l'eau, récupérée à l'extérieur lors des récentes averses !) dans lesdites piscines creusées et sur les « pelouses ». 

Un peu de fraîcheur

Et alors que petits et grands seront invités à grimper sur l'impressionnante dune de bois pâle conçue par Alexandre David - voire à s'y coucher pour admirer Gatineau par la large baie (vitrée !) devant laquelle l'artiste a sciemment érigé son oeuvre - les visiteurs pourront également monter dans la Tour de refroidissement créée par les frères Jim et Nathan Bomford, où un brumatiseur permettra aux gens de se rafraîchir un peu (la température monte en flèche, à La Fonderie, par temps humide). L'échafaudage donnera également un intéressant point de vue en plongée sur l'exposition et les lieux.

POUR Y ALLER

Du 28 juin au 30 août

La Fonderie

axeneo7.com




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