Photo de famille éclatée au MBAC

Une oeuvre de Lutz Dille.... (Patrick Woodbury, Le Droit)

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Une oeuvre de Lutz Dille.

Patrick Woodbury, Le Droit

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L'exposition aurait pu s'intituler « La photographie canadienne d'ici et d'ailleurs » tant les artistes de la deuxième moitié du XXe siècle ont étendu leur pratique hors frontières.

Loin des clichés du folklore national, La photographie au Canada 1960-2000 cartographie en une centaine de photos la diversité des pratiques et styles chez les photographes canadiens de cette période. À découvrir à l'Institut canadien de la photographie du Musée des beaux-arts jusqu'au 17 septembre.

Le concept est séduisant et d'actualité en ce 150e anniversaire de la Confédération mais la déception est d'autant plus grande. On attendrait une exposition pédagogique avec clés historiques, moments forts, hiérarchisation entre maîtres et disciples ; il s'agit plutôt d'une sorte de best of d'une soixantaine d'artistes, une compilation de 100 photographies organisée par thématiques (conceptuel, documentaire...) plutôt que chronologiquement, chaque artiste étant représenté généralement par une image, pas toujours les plus illustres (Kenojuak (née en 1927) de Karsh, par exemple).

Ambitieuse exposition

Plutôt que d'aller chercher les oeuvres les plus signifiantes d'un courant ou d'une période précise, la commissaire Andrea Kunard s'est contentée de puiser dans le fonds de la collection regroupant néanmoins celle du Musée canadien de la photographie contemporaine (MCPC) et par capillarité, celle du Service de la photographie de l'ONF.

Pratique, l'exercice ne demande pas un travail de prêts et coûte moins cher mais on attend plus d'un tel institut, peu à son avantage quand il aborde la photographie de façon si vaste et sans étude de fond exposée. Il faudra parcourir le catalogue pour en savoir davantage sur la biographie et la pratique de chaque artiste, l'exposition privilégiant l'extrême sobriété du contenu sur ses cimaises...

Pour toute explication, la commissaire a surtout retenu quelques citations des photographes livrant leur propre vision de la discipline. Fred Herzog évoque son appétit pour la photographie réaliste, Michel Campeau raconte qu'il cherche avant tout à imposer ses sentiments et ses états d'âme car les photographies, « beaucoup plus qu'une fenêtre sur la réalité, sont inévitablement le reflet de qui les réalise. » Quant au grand Edward Burtynsky, dont on ne verra qu'une seule oeuvre tirée de la série Résidus de mine de nickel, il rattache l'acte photographique à la recherche d'endroits et de moments faisant écho à son récit poétique sensible aux paysages transfigurés.    

Là encore, le travail de recherche d'archives est discutable puisque nombreux sont les cartels sans citation. On appréciera toutefois la diversité des pratiques exposées, de l'esthétique portrait-logo d'un Ken Lum (Alex Gonzalez aime sa mère et son père), aux photographies intimistes de Dave Heath prises au sein du Club 7 Arts, à New York, dans les années 1960. Seuls deux artistes autochtones - Jeff Thomas et Shelley Niro - se sont frayé un chemin parmi les sélectionnés dont plus du tiers sont nés à l'étranger.  

Au point de se demander, à la fin de l'exposition, s'il est vraiment opportun de regrouper sous le même drapeau des auteurs qui n'ont en commun que leur passeport.




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