Réal Calder, de fureur et de vent

L'exposition Archipel est présentée à la galerie Montcalm.... (Étienne Ranger, Le Droit)

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L'exposition Archipel est présentée à la galerie Montcalm.

Étienne Ranger, Le Droit

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Fureur, vent et éclats de lumière. À déambuler entre les toiles grands formats de Réal Calder, le public fait tour à tour face au fleuve Saint-Laurent démonté par le nordet et les courants, et à des montagnes fouettées par des bourrasques à écorner les boeufs. Bref, Archipel, présentée à la galerie Montcalm jusqu'au 16 avril prochain, s'avère aussi décoiffante qu'(é)mouvante.

Devant les tableaux écumant de rage et de lumière, le visiteur se remplit les poumons de parfums d'iode et de varech.

Devant les sommets venteux, il s'oxygène les yeux à perte de vue entre ciel et terre, comme sur une île déserte. 

Ici, Réal Calder s'approche, laissant affleurer des récifs à travers les flots, comme pour mieux érafler le regard du spectateur à travers le tourbillon d'onde et de reflets miroitants.

Là, l'artiste peintre (et professeur en arts visuels à l'Université du Québec en Outaouais pendant plusieurs années) prend du recul pour permettre d'embrasser l'horizon percé par un certain rocher gaspésien sur lequel il projette un soleil tantôt levant, tantôt couchant.

Partout, les coups de pinceaux sont vifs, vibrants, dans des palettes de blancs, de bleus, de verts, de gris, d'ocres. Mais aussi d'orangés, de jaunes, de mauves.

Parce qu'à travers les ciels orageux percent malgré tout quelques éclaircies, petites touches de lumière éclatantes, découpant des zones de beauté toute naturelle à couper le souffle. Et dans lesquelles il devient possible de voir, de ressentir, qui sait, une lueur d'espoir. Tels ces rayons dorant un pan du sommet du rocher Percé, vraisemblablement au lever du jour (Tempête sur Percé, 2017)...

Formats imposants

Les effets de tourmente sont rendus d'autant plus saisissants que Réal Calder a opté pour des grands formats. La majorité des tableaux accrochés aux murs (deux immenses toiles sont pour leur part suspendues au milieu de la galerie) font plus de 150 cm x 150 cm. 

Sous la force des éléments naturels et des mouvements sous-jacents, telluriques, le visiteur n'est pas tant bercé que balloté d'un tableau à l'autre. À l'instar de ce morceau de bois flottant À la dérive sur l'un d'entre eux. 

Il y a certes quelque chose de fondamentalement puissant, de presque tragique, dans tous ces traits fougueux, pour ne pas dire violents, avec lesquels le peintre rend les états d'âme du fleuve ou dont il coiffe le mont Saint-Hilaire, par exemple.

Or, même après avoir été si intensément transporté, on ressort de l'exposition avec une étonnante sensation de calme et de sérénité. Comme si on avait évité un naufrage.

 Et qu'on n'avait dès lors pas le choix de célébrer ces forces de la nature qui savent si bien (et si souvent) nous renvoyer à nos tempêtes et mouvances tectoniques les plus intimes.

Pour y aller

Jusqu'au 16 avril

Galerie Montcalm

819-595-7488




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