Un parc, entre Explorations et excavations

Les 11 toiles d'Explorations et excavations  résultent des... (Valérie Lessard, Le Droit)

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Les 11 toiles d'Explorations et excavations  résultent des nombreuses promenades, observations et découvertes que le peintre John Marok a faites dans le parc de la Gatineau, au cours des derniers mois.

Valérie Lessard, Le Droit

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Ici, un hibou perché sur sa branche, «esprit omniscient du parc de la Gatineau qui voit et sait tout» observant les décombres de la maison «mystérieusement détruite par un incendie qui serait d'origine criminelle» de Percy Spark, co-créateur «oublié» de ce vaste joyau naturel. Là, une pelle mécanique dont le jaune vif fait tache dans ce décor sauvage, quoique clôturé «pour le préserver ou empêcher les gens d'y avoir accès?» soulève l'artiste John Marok.

Réunies dans l'exposition Explorations et excavations : Les lumières et les ombres du parc de la Gatineau à La Fab de Chelsea,  les plus récentes oeuvres du peintre de Wakefield embrassent d'un regard à la fois tendre et lucide l'équilibre précaire entre construction et destruction au coeur de cet espace de verdure.

«J'utilise de tels exemples de ce qui s'est passé ou se passe encore dans le parc de la Gatineau comme des métaphores sur la valeur intrinsèque du territoire et [pour évoquer] comment, par certaines décisions discutables de la Commission de la capitale nationale (CCN), entre autres, on marchande ce territoire», soutient John Marok, rencontré dans son atelier.

Chacun des 11 tableaux qu'il a peints au cours des derniers mois se veut un reflet d'un aspect de cette réalité qui le perturbe. M. Marok s'est inspiré de ses nombreuses promenades - en ski, en raquette, à pied - et discussions avec Jean-Paul Murray, un fervent défenseur du parc de la Gatineau qui signe par ailleurs les textes dans le catalogue de l'exposition.

«Jean-Paul cherche à sensibiliser la population à notre devoir collectif de protéger le parc. Il m'a guidé pour m'y faire découvrir des endroits que je ne connaissais pas, incluant la maison de Percy Spark. Ce faisant, il a ouvert une toute nouvelle dimension à ma peinture», fait valoir l'artiste.

Ainsi, un skieur se fond dans un décor où une partie des rives du lac Meech a été éclaircie pour permettre la construction d'une immense maison. Une autre toile renvoie au fameux Cri de Munch, alors qu'un braconnier met en joue un cerf, s'appropriant du coup illégalement une faune qui ne lui appartient pas. 

«On tient tellement le parc pour acquis!» déplore John Marok. «Or, quand on prend le temps d'observer ce qui s'y passe, on arrive à des constats pour le moins inquiétants. D'un côté, la CCN y détruit des maisons comme la maison Harrison, qui a déjà été le centre des visiteurs du parc, sous prétexte qu'elle n'avait aucune valeur historique ou patrimoniale. De l'autre, elle permet des constructions qui tantôt entraînent la coupe d'un pan de forêt, tantôt sont érigées sur des terrains où, curieusement, des bâtiments qui auraient nécessité des investissements pour les entretenir ont été la proie des flammes...»

Éveiller les consciences

S'il se défend de faire de la politique par le biais de son exposition, John Marok ne cache toutefois pas qu'il cherche délibérément à éveiller la conscience du public.

«On est en train de jouer avec un équilibre déjà fragile entre nature et présence humaine. Le parc doit demeurer un espace public, accessible à tous, parce qu'il a été conçu, pour ne pas dire rêvé par Percy Spark, comme un lieu inspirant et ressourçant!» clame-t-il.

À ses yeux, l'exposition transcende les seules limites du parc de la Gatineau, car Explorations et excavations propose une réflexion sur notre rapport au patrimoine, à l'histoire et, surtout, à la nature. 

«De plus en plus de gens veulent posséder plutôt que partager. Au final, c'est peut-être ce qui m'inquiète le plus, dans le regard que je porte sur ce qui se passe ici, chez nous», conclut M. Marok.

Le vernissage de l'exposition aura lieu le 7 mars - «journée d'anniversaire de naissance de Percy Spark», tient à préciser le peintre - entre 16 h et 19 h.

Pour y aller

Quand : Jusqu'au 2 avril

Où : La Fab, à Chelsea

Renseignements :

819-827-3326; culturechelsea.ca




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